LA COLONISATION DE LA BRETAGNE DE 1532 A 2012 : LE VRAI PROBLEME DE LA BRETAGNE, DEPUIS CINQ SIECLES, PORTE UN NOM : LA FRANCE .

INTRODUCTION

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LA FRANCE DECOUVRE SON HISTOIRE ET LES FALSIFICATIONS DONT ELLE A ETE L’OBJET. LA BRETAGNE A OEUVRE CONTRE ELLE-MÊME, en plaçant dans les fonctions principales D’AUTHENTIQUES COLLABORATEURS, acquis à leurs intérêts personnels à travers ceux de la puissance occupante.

LISTE DES ARTICLES DE LOUIS MELENNEC PUBLIES PAR L’AGENCE BRETAGNE PRESSE (ABP).

http://www.agencebretagnepresse.com/monmur.php?auteur=Histoire%20et%20Identit%E9

QUELQUES CITATIONS.

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 » La France s’est construite sur la destruction de cinq cultures : les cultures bretonne, occitane, alsacienne, corse, flamande …. La France est une création militaire, faite de nations non homogènes « .

Michel ROCARD, ancien premier ministre de François MITTERRAND, confidence révélée par WIKILEAKS, faite en 2005 à l’ambassadeur des Etats-Unis en France, M. Craig STAPLETON.

 » LE TEMPS N’EST PLUS ou l’on pouvait hispaniser la Catalogne, comme LA TROISIEME REPUBLIQUE  a francisé, AVEC SON ARMEE ET SES INSTITUTEURS, la BRETAGNE et le MIDI DE LA FRANCE.  »

Arnaud LEPARMENTIER, journal le Monde, 15 novembre 2012, page 28.

EN DROIT INTERNATIONAL, la Bretagne de 2012 n’est EN AUCUN CAS une partie de la France, pas davantage une  » province  » de l’inénarrable pays autoproclamé  » des droits de l’homme », par l’effet d’une boursouflure ridicule. Envahie, détruite, soumise, pillée de ses finances, de ses hommes, des ses talents, la Bretagne est et reste, au regard des PRINCIPES GENERAUX DU DROIT, et du DROIT INTERNATIONAL une colonie, c’est à dire UN PAYS OCCUPE. Rien d’autre. L’occupation d’un pays par la force, même de longs siècles après son invasion, NE CREE AUCUN DROIT AU BENEFICE DE L’ENVAHISSEUR. La prescription n’existant pas en matière de crimes contre l’humanité, il ne reste à sa charge que l’obligation, extrêmement lourde en l’espèce, de REPARER les dégâts colossaux qu’elle a y a commis.

Louis MELENNEC, docteur en droit, ex-enseignant des facultés de droit, diplômé d’études supérieures de droit public, Ex-Consultant près le Médiateur de la République (française), candidat à sa succession en 1998.

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Par son égoïsme, le colonisateur a échoué en tout, pollué tout ce qu’il a touché. La colonisation a pourri le colonisateur, et détruit le colonisé “

Albert MEMMI, Portrait du colonisé, Paris 1957, actuellement publié dans la collection folio.

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 » L’ENFER EST PRIVATION D’HISTOIRE …. Extravagante IMPOSTURE : il faut qu’un Breton quitte l’école pour apprendre l’histoire de son pays …Pour s’en informer, il devra l’étudier en marge, à ses frais, comme s’il s’intéressait par goût personnel aux Indiens ou aux Hittites …. On m’a bêtement MENTI, on m’a traité comme un enfant de l’Assistance publique. Lorsque, malgré tout, j’ai su que ma nation avait existé, on me l’a dépeinte (comme) UNE MEGERE ARRIEREE ET PATOISANTE, dont je devais m’estimer heureux d’avoir été séparé « . 

MORVAN LEBESQUE, Comment peut-on être breton ? Paris, 1970, éditions du Seuil, pages 43, 50, 51.

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” Pour un peuple, perdre son histoire est un désastre. Lui rendre son histoire est un miracle : c’est le plus beau cadeau qu’on puisse lui faire. C’est l’occasion, pour lui, de reprendre un nouvel essor vers son avenir “.

Proverbe maya transcrit par louis MELENNEC.

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 » Honte aux politicards bretons méprisables qui ont permis ces crimes, alors qu’ils possèdent tous les moyens de rendre obligatoire dès l’école primaire l’enseignement de l’Histoire de leur Pays aux Bretons, et qu’ils laissent mourir en toute impunité notre vieille langue ancestrale, bien plus antique que le français. Se peut-il que ces gens-là s’autorisent à se regarder dans la glace chaque matin, alors que, étouffés par la honte, ils ne devraient même pas se permettre de respirer ? « .

Louis MELENNEC.

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LIRE ET RELIRE, pour se remémorer ce dont notre voisin de l’Est, le pays des Droits de l’Homme, est capable :

Mélennec, l’Etat gangster;

Affaire Mélennec, Aubry, Gayssot, Guigou.

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(Descendre plus bas par l’ascenseur pour accéder à la suite de cet article, qui est très long).

 

 

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DESCENDRE ENCORE …

 

 

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……………. Descendre encore …

 

 

 

 

 

 

 

……………………………. Descendre encore ….

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

► 5:J’ai promis maintes fois, à la demande des lecteurs, de rédiger un article juridiquement et historiquement motivé et argumenté, sur le pourquoi et le comment de la COLONISATION de la Bretagne. Ce futur article est subordonné à des conditions de temps. On me dit que mes articles sont difficiles à lire, parfois, en raison de leur longueur. Voici un résumé, plus long que je ne l’ai souhaité en commençant sa rédaction, en 2012, sous la forme d’ extraits de mon premier blog – qui traite préférentiellement des problèmes historiques. Tout s’y trouve, mais d’une manière assez compactCe long article sera ensuite  » découpé  » en tranches – si l’on peut s’exprimer ainsi -, et diffusé sous la forme d’articles beaucoup plus courts, qui permettront aux lecteurs de prendre leur temps pour méditer ce qui s’est réellement passé en BretagneN Nous reviendrons donc sur tous les points évoqués ci-dessous en temps opportun, en mettant de l’ordre dans les fragments ci-après. Le texte sera complété peu à peu, pour le transformer en un exposé structuré, avec des références assez fournies. Dans sa forme actuelle, il est déjà opérationnel. Ce qui suit est largement une répétition de ce que j’ai publié ailleurs, mais indispensable : notre histoire n’entre dans les esprits qu’à la manière du clou que l’on enfonce dans une poutre : millimètre par millimètre.

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S’il est un mot qu’il ne fallait pas utiliser en Bretagne, pour caractériser ce pays,  il y a peu d’années encore, c’est celui de COLONIE : ce terme étant tabou, parce que, contenant en lui-même une condamnation du pays prédateur, quiconque l’utilisait était taxé de ” nationalisme “, c’est à dire injurié – ce mot ayant à l’époque une connotation très péjorative dans la bouche des insulteurs -,  par des individus qui ne connaissent même pas la définition de ce terme, et surtout méconnaissent TOUT des différences fondamentales entre le nationalisme français, agressif, conquérant, meurtrier, et le nationalisme breton, timide, près peu agressif, et qui n’a guère à son actif que quelques broutilles telles la destruction de quelques croûtes picturales au château des rois de France, en 1978, la destruction d’une statue ridicule, de très mauvaise facture à Rennes, en 1932, osant représenter la Duchesse souveraine de Bretagne, notre héroïne nationale, à genoux devant le roi de France, etc….. Sincèrement, je pense que les Français n’ont pas la cervelle en place, pour avoir osé humilier les Bretons, ce peuple fier et libre, dans cette position honteuse, devant ceux qui ont tenté de détruite leur pays et leur identité ….  QUI, en dehors de La Borderie, a dressé la liste des châteaux, des remparts, des villes, des monuments, détruits par la France en Bretagne lors des guerres d’invasion, et bien plus tard ? QUI a osé mettre en parallèle les centaines de milliers de victimes du nationalisme français – les millions, si l’on compte les guerres contre toute l’Europe, et les guerres d’asservissement des peuples d’Outre – mer, dans le monde (Algérie, Vietnam, Madagascar, Allemagne, Italie ……), et les quelques malheureuses victimes du ” nationalisme ” breton ? Sachez qu’on le fera, et qu’on comprendra enfin de quoi l’on parle.

JE VEUX, dans le présent article, avec la détermination la plus ferme, que rien ne pourra fléchir, DETRUIRE DEFINITIVEMENT CE TABOU, afin que les Bretons, sachant ce qu’ils sont – des colonisés, c’est à dire des quasi – esclaves -, aient le courage de voir leur vrai portrait, et de prendre les moyens de devenir des hommes, moyens dont ils disposent maintenant, puisque leur histoire est réécrite pour l’essentiel, après destruction méthodique des sottises qui leur ont été enseignées dans les écoles, sous la férule impitoyable de leur voisin de l’Est. On a compris, sans aucun doute depuis plusieurs années, QUE RIEN, STRICTEMENT RIEN NE M’EMPÊCHERA DE DIRE CE QUI S’EST REELLEMENT PASSE EN BRETAGNE DEPUIS QUE CE PAYS A ETE ENVAHI ET DETRUIT, à la fin du 15ème siècle.

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 I – PROLEGOMENES .

 A – DEFINITION DU TERME ” SOUVERAINETE ” EN DROIT INTERNATIONAL.

 Pour savoir si un Etat est souverain, il faut – et il suffit – de déterminer si cet Etat répond à la définition qui suit :

L’Etat souverain est celui qui ne reconnaît aucune autorité supérieure à la sienne.

Il possède en propre, et SEUL, sans qu’aucun autre Etat puisse s’immiscer dans la conduite de ses affaires, la plénitude de compétences, la possession des pouvoirs étatiques ou souverains, qui sont les suivants :

– Le droit d’élaborer sa propre constitution (écrite ou coutumière), c’est à dire les modalités de fonctionnement des Institutions de l’Etat (notamment les modalités de désignation et les droits et devoirs du Chef de l’Etat, du chef du gouvernement, du gouvernement, du Parlement).

– Le droit d’élaborer ses propres lois, et de fixer le droit applicable sur l’étendue de son territoire.

– Le droit de rendre la justice, selon les règles qu’il fixe lui-même.

– Le droit de déterminer les impôts, leur nature, leur montant, qu’il s’autorise à percevoir.

– Le droit de conduire sa politique extérieure (dans le respect du droit international) : la guerre, la paix, la diplomatie, les traités et accord internationaux.

– Le droit de fixer les modalités selon lesquelles il est administré.

– Le droit de déterminer sa politique économique, financière, monétaire.

– Le droit de faire régner l’ordre, seul, sur l’étendue de son territoire, sans qu’aucun autre Etat puisse s’immiscer dans cette fonction.

Il est établi – depuis longtemps -, par les travaux de chercheurs éminents, juristes et historiens, que la Bretagne est un pays TOTALEMENT INDEPENDANT, au moyen age, et que ses institutions politiques jouissent de tous les attributions souveraines, sans aucune exception (1).

(1) Même si, dans deux cas limitatifs, les sujets du Duc de Bretagne peuvent – en théorie, car le gouvernement ducal interdit pratiquement d’user de cette possiblité – faire appel à la justice du roi de France : le déni de justice et la défaute de droit.

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 BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE.

La littérature sur le concept de souveraineté est particulièrement confuse. Les livres rédigés sur ce sujet par es historiens stricto sensu, sont inutilisables, comme sortant de leurs compétences. Pire : ils sont d’un niveau d’une totale incapacité à exposer de quoi il s’agit.

Les deux ouvrages ci-après sont clairs, et suffisent à comprendre ce qu’est la souveraineté d’un Etat.

GROTIUS Hugo, Le droit de la guerre et de la paix (De jure belli ac pacis, 1625), édition de 1999 et de 2005, PUF, collection Quadridge.

 Nguyen Quoc Dinh, Droit international public, 5 ème édition, Paris, 1994, LGDJ, particulièrement les pages 443 et suivantes.

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B – DEFINITION DU MOT ” COLONISATION ” SELON LE DROIT INTERNATIONAL .

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Il est impossible de parler de ” Bretagne colonie “, si l’on ne commence par le début : comme nous l’avons fait pour démontrer que les Bretons sont un peuple (ou une nation, comme on voudra, les deux termes étant à peu près synonymes), il faut définir ce que signifient, en droit international, les termes ” colonie “, ” colonisation “, “colonisé “, “décolonisation “, etc.

En droit, le terme colonisation recouvre plusieurs réalités :

1 – LA PRISE DE POSSESSION, PAR LE COLONISATEUR, D’UN PAYS – en totalité ou en partie -, DE TERRITOIRES APPARTENANT A UN PAYS SOUVERAIN.

Par définition, nous excluons de notre étude cette forme de colonisation – c’en est une -, qui consiste, pour un pays ayant découvert une terre vierge, n’appartenant à personne, à y établir sa souveraineté, et à la peupler  par des ” colons “, appartenant ou non à sa propre population. En droit international, le pays découvreur étant le légitime propriétaire de la terre découverte, n’encourt aucun reproche, car il s’y trouve chez lui.

2 – LA DESTRUCTION DES AUTORITES ET INSTITUTIONS LEGITIMES.

Cette destruction peut-être partielle ou totale, et revêtir des formes diverses.

  – LE COLONISATEUR MAINTIENT FORMELLEMENT LES STRUCTURES POLITIQUES ANTERIEURES, MAIS LES DEPOUILLE DE LEURS ATTRIBUTIONS. Il est fréquent que le colonisateur laisse en place les structures politiques (et religieuses) déjà existantes au moment où il s’empare du pays qu’il colonise. Mais celles-ci sont, dans des proportions variables, dépouillées de leurs pouvoirs. La coexistence du colonisé et du colonisateur peut, d’ailleurs, être parfois harmonieuse, chacun trouvant bénéfice à ce type d’ ” association “. Ainsi les dynasties royales menacées au moment de l’arrivée du colonisateur ont pu être maintenues en place, moyennant de larges concessions au colonisateur. Le plus souvent, le colonisateur attire à lui l’essentiel du pouvoir ( la défense, le contrôle des communications terrestres et maritimes, la politique étrangère, la politique économique, le commerce ….), tandis que le souverain traditionnel, neutralisé politiquement, mais resté en possession de ses biens, continue à vivre dans ses palais, assume son rôle de symbole, assure une police intérieure. Les populations sont soumises dans une servitude plus ou moins pacifique, par un souverain apparent mais complice, même si le colonisateur, vécu comme un étranger (ce qu’il est), est souvent détesté. Ce fut le cas au Cambodge, en Annam, aux Indes, au Maroc, en Tunisie …… Dans tous ces pays, la France colonisatrice laissa subsister des rois, des Empereurs, des Sultans, des Beys … mais les reléga à des fonctions purement représentatives.

 – LE COLONISATEUR DETRUIT PUREMENT ET SIMPLEMENT LES INSTITUTIONS POLITIQUES ET GOUVERNEMENTALES DU PAYS COLONISE. Cette situation correspond à un stade de sujétion beaucoup plus important, celui de l’APPROPRIATION pure et simple du territoire ou du pays conquis, avec tout ce que comporte cette appropriation, y compris le gouvernement effectif du pays. On parle alors, souvent, d’annexion. Ce fut le cas pour la Bretagne, après l’invasion de 1491, jusqu’en 1498, la Duchesse étant purement et simplement écartée de toute initiative dans son propre pays, puis, après le bref ” interlude ” de 1498 à 1514 – durant lequel la Duchesse Anne de Bretagne réussit le tour de force de rétablir les Institutions bretonnes séculaires, et à gouverner effectivement son Pays -, puis lorsque François 1er prit possession à nouveau du gouvernement breton dans sa quasi-totalité, dès la mort de la Duchesse, Anne, ayant épousé Claude, la fille de celle-ci, en mai 1514.

3 – LA PRISE DE CONTRÔLE DES POUVOIRS SOUVERAINS : LA DEFENSE, LA POLITIQUE ETRANGERE ET LES TRAITES, LA JUSTICE ….

Dans tous les cas, que le colonisateur conserve formellement les Institutions politiques antérieures (roi, gouvernement, assemblée), ou qu’il installes ses institutions propres (gouverneurs, administrateurs, magistrats ..), il dépouille le pays colonisé de ses principales attributions de souveraineté, et les exerce lui-même, soit par des citoyens de son pays, soit par des sujets recrutés dans le pays colonisé, qui ont accepté de le servir. Ces  » nationaux « , qui se mettent au service du colonisateur, sont aujourd’hui souvent désignés, d’une manière aussi cruelle qu’ironique et humiliante,  sous le terme de  » collabos « , voire de « kapos « .

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4 – L’EXPLOITATION DES RICHESSES DE LA COLONIE AU PROFIT DU COLONISATEUR.

Les Etats coloniaux – sauf exceptions – procèdent, au plan économique, presque toujours de la même manière : ils se servent des contrées colonisées comme de fermes qu’on exploite, dans tous les domaines :

. les richesses sont pillées, l’argent levé sur les  » contribuables  » locaux rejoint les caisses pouvoir central;

. le pays annexé étant enserré dans les frontières fixées par le colonisateur, qu’il déclare être les siennes, le commerce est étroitement maîtrisé dans les deux sens : la colonie exporte ses matières premières en direction de la “métropole “- ou toute autre direction imposée par elle, d’une manière directe ou indirecte -; la ” métropole ” exporte en direction du marché captif (ou très contrôlé)  constitué par ses colonies, les produits fabriqués par elle; souvent, elle INTERDIT à ses ” clients ” obligés – les colonisés -, de les produire eux-mêmes, même s’ils ont compétence pour cela. L’un des cas les plus scandaleux  est constitué par l’Angleterre, dans ses relations avec les Indes : la matière première textile brute est importée à bas prix ; elle est travaillée en Angleterre …… et revendue à haut prix, sous la forme de tissus finis, aux Indiens, qui n’ont pas l’autorisation de fabriquer eux-mêmes ces tissus !!!!!!! (Marc FERRO, page …..).

Voila pour le schéma. Nous allons voir que ce fut le cas en Bretagne, après qu’elle fut kidnappée par la mère des Arts, des Armes et des Lois : “LA” FRANCE.

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7 – LE DECERVELAGE, OU LAVAGE DES CERVEAUX. LA COLONISATION DES CERVEAUX, par destruction de la langue, de la culture, de l’histoire, de l’identité ..

C’est, de loin, le processus le plus cruel et le plus douloureux pour les populations victimes de cette manipulation mentale, assimilable à bien des égards à trois opérations chirurgicales associant leurs effets, ayant pour but programmé et voulu de détruire les éléments de l’identité des colonisés pour mettre en leurs lieux et place d’autres éléments, les ” valeurs ” du colonisateur, les composantes de sa religion nationale :  une lobotomie, une lobectomie, une greffe de cerveau.

8 – L’ACHAT DE COMPLICITES LOCALES, DE ” COLLABOS ” et de ” KAPOS “.

Beaucoup de gens pensent que la collaboration est un genre spécifique, apparu sous la seconde guerre mondiale, ne concernant que les Français qui ont apporté, à des degrés divers, leur concours aux autorités allemandes d’occupation.

Il n’en est rien. De même que j’ai démontré ici que les Nations existent non seulement depuis la plus haute antiquité – et même depuis que les hommes vivent en groupe antagonistes, opposés inéluctablement par des conflits et des contentieux -, de même que j’ai rappelé, en accord avec tous les spécialistes de la discipline, que l’histoire des Droits de l’homme commence avec la vie en société (les premières traces écrites se retrouvent dans le Code d’Hammourabi; voir ce terme dans Internet) – ce qui a pour effet d’exclure la France des pays autorisés à se prévaloir du moindre rôle fondateur dans cette matière -, de même les phénomènes de ” collaboration ” – non encore, certes désignés par ce terme -, se confondent avec l’histoire de l’humanité. Ce phénomène est simple : lorsque le pays envahisseur et occupant, ne détruit pas en totalité les populations locales – ce qui est la règle -, il a évidemment besoin de ” complices ” issus de cette population pour la gouverner, la maîtriser, l’exploiter…

Ceux qui ont suivi nos publications ont assisté à un transfert – pensé et voulu – du contenu du terme ” collaborateur “, d’une catégorie de personnes à une autre catégorie, bien spécifique. Pendant plus de cinquante ans, au prix d’une manipulation éhontée, les Bretons ont été désignés, DANS LEUR ENSEMBLE, comme les successeurs des quelques centaines de malheureux qui se sont tournés vers l’Allemagne, durant la dernière guerre. D’ou ces propos imbéciles, tenus récemment par deux débiles parisiens : ” Derrière tout breton, je vois l’ombre d’un nazi “, et, au moment de la révision de l’article 2 de la constitution (française), cet infortuné de l’esprit, admirateur de l’action civilisatrice de la Chine au Tibet, pays martyre : ” je ne voterai pas la réforme proposée : LE BRETON EST LA LANGUE DE LA COLLABORATION ” (!!!!). Aujourd’hui, le terme “collaborateurs” est en voie de terminer sa mutation : maintenant que l’histoire du pays est connue, les collaborateurs sont ceux qui rampent devant ceux à qui ils doivent leurs carrières hors de Bretagne, les autres sont devenus ce qu’ils sont : des Bretons patriotes. Le mot nationalisme a retrouvé sa vraie signification : le nationaliste breton est celui qui a conscience d’appartenir à un peuple spécifique, qui connait l’antiquité de ce peuple, qui est fier de son identité et l’assume pleinement, sans cesser d’être ouvert aux autres nations, cultures et identités, celles-ci méritant autant de respect que celui qui est dû à la Bretagne, et étant source d’enrichissement de l’humanité, non de rejet ou de dégoût. (Font exception : les cultures, sectes, religions ou autres qui prônent la destruction des autres, et, ouvertement, de les TUER).

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On verra, aux termes des développements qui suivent – les définitions étant clairement exposées -, que la Bretagne n’est pas devenue une ” province “, c’est à dire une partie, une fraction naturelle de la France (comme l’enseignent encore nos éminents universitaires), mais bien une COLONIE, après la mort d’Anne de Bretagne, et que le processus, à défaut de se poursuivre dans les quatre départements du nord de la Bretagne, se poursuit actuellement, en 2012, avec une vigueur toute particulière, et d’une manière hypocrite autant que contraire aux Principes généraux du droit, comme au droit européen, dans le Comté de Nantes (alias Loire Inférieure, puis Loire Atlantique, par l’absurdité du colonisateur d’avoir substitué aux dénominations traditionnelles de nos régions bretonnes, des appellations aussi absurdes que ridicules, sans jamais nous avoir demandé notre avis, ce qui a été sa manière de gouverner, en toutes choses, depuis que la révolution dite des droits de l’homme a remplacé le régime d’autonomie de la monarchie capétienne finissante par celui d’une implacable dictature politique, transformant les Bretons non en hommes libres, mais en SUJETS d’une république qui, de l’avis de tous ne connaît de la démocratie que le nom.

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BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE.

BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE.

1 – OUVRAGES GENERAUX SUR LA COLONISATION.

FERRO Marc, Histoire des colonisations, Le Seuil, Paris 1994. Je cite cet auteur parce que son livre, bien qu’inspiré par la volonté évidente de faire porter TOUT le chapeau de la colonisation aux pays occidentaux, comme si les colonisations africaines, de l’antiquité, des Chinois, des arabes, etc., n’avaient pas précédé celles de l’occident, contient malgré tout une masse de renseignements intéressants, quoique les connaissances de l’auteur soient limitées (oh combien !), aux seules périodes qu’il a investiguées. Ce qui, à défaut d’avoir situé le phénomène dans son contexte de l’histoire mondiale de l’humanité,  conduit à une erreur globale d’interprétation désastreuse. A rapprocher de cet historien (honoraire) breton, qui fait remonter l’origine des nations après le 16 ème siècle – ce qui exclut, lestement, la Bretagne du nombre des nations, puisqu’elle a été engloutie par la France à la fin du 15 ème siècle !!! Le bonhomme n’a rien lu sur les nations de l’Antiquité (Mésopotamie, Egypte, Israël, Grèce, Inde, Chine, etc.). Ce n’est pourtant pas la matière qui manque !

FERRO Marc, Le livre noir du colonialisme, Pluriel, Paris, 2003. Cet ouvrage, bien documenté quant à la période étudiée,  véhicule une idéologie : faire admettre que les pays européens ont inventé le colonialisme, qu’ils n’ont commis que des atrocités, et rien apporté de positif aux pays colonisés. Il est navrant qu’un historien ( un ” hystorien ” ?) se livre à ce genre d’exercice, sans RIEN CONNAÎTRE DE L’ANTIQUITE. Quelques lectures supplémentaires lui auraient fait au moins deviner que le colonialisme, l’esclavage, la domination des plus faibles par les plus forts se confondent avec l’histoire de l’humanité. Le sous-titre : ” 16 ème siècle au 21 ème siècle : de l’extermination à la repentance “. Le premier chapitre : ” La destruction des Indiens de l’aire caraïbe “. Tout le reste est à l’avenant. Rien sur les colonisations asiatiques, arabes, scandinaves ….. Surtout, scotomisation TOTALE des colonisations arabes et turques, qui ont été particulièrement atroces, et qui se sont prolongées (la colonisation turque, surtout), bien au delà du 16 ème siècle. L’ignorance (volontaire ici, très probablement) s’ajoutant à l’idéologie, ont abouti à la culpabilisation extrême de l’Occident, LA OU LE MONDE ENTIER EST CONCERNE, depuis les origines. Il y a des livres qu’on n’aimerait pas avoir écrits, des responsabilités qu’on n’ aimerait pas assumer. Ferro est vilipendé dans les blogs, à juste titre, en raison de sa partialité.

NGUYEN QUOC DINH, Droit international public, Paris LGDJ, 1994, 1317 pages. Voir, en particulier : Colonialisme, colonie, colonisation, 35, 429, 483; Clause coloniale; Décolonisation; Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes; Mandat; territoire non autonome; Tutelle; Protectorat (321, 486); Traités inégaux ……

RENOUVIN Pierre et DUROSELLE Jean-Baptiste, Introduction à l’histoire des relations internationales, Armand Colin, Paris, 1991, 530 pages.

TOYNBEE Arnold, L’histoire, Payot, Paris, 1996. Ouvrage immense, indispensable, l’auteur présente une réflexion magistrale sur l’histoire de l’ensemble du monde. En raison de son succès planétaire, l’auteur – que l’on soit d’accord ou non avec ses thèses -, a été l’objet d’attaques féroces de la part de ces innombrables petits historiens, qui, n’ayant rien apporté ni rien produit que sur des faits ponctuels, ne peuvent supporter l’ouverture d’esprit des génies.

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2 – OUVRAGES SPECIAUX : LES COLONIES DANS L’HISTOIRE DU MONDE.

Cette bibliographie est destinée aux historiens bretons ” émérites ” , ou ” honoraires “, qui disposent – enfin – des loisirs de compléter leur formation, étant maintenant à la retraite, et l’idéologie qui les a inspirés souvent (celle des 100 millions de morts), étant plus que moribonde. QU’ON RETIENNE BIEN CECI : le phénomène colonial ne peut être compris, qu’à partir de ses origines, en aucun cas en le faisant commencer au 16 ème siècle.

– Monde antique : Claude MOSSE, Une histoire du monde antique, Larousse, Paris 2008. INDISPENSABLE, particulièrement pour les historiens universitaires, restés prisonniers de leur thèse, et qui ne peuvent même imaginer qu’il existe des Etats très organisés dans la haute antiquité, des nations, bien entendu, ainsi qu’un droit international (coutumier ou rarement écrit), puisqu’il est nécessaire que les groupes humains disposent de règles pour traiter leurs contentieux.

– Mésopotamie : Dictionnaire de la civilisation mésopotamienne, Collection Bouquins, Paris, 2001, voir notamment les chapîtres sur le commerce.

ROUX Georges, La Mésopotamie, Points Histoire, Paris, 1995.

GRANPIERRE Véronique, Histoire de la Mésopotamie.

– Phénicie : pour les lecteurs pressés : lire l’article de l’Encyclopédia Universalis : ” Phéniciens “. La littérature sur les colonies phéniciennes est extrêmement abondante (voir, par exemple : Google).

– Carthage :

– Egypte : Grimal Nicolas, Histoire de l’Egypte ancienne, Livre de poche références, Paris, 1988.

– Grèce : Lefèvre François : Histoire du monde grec antique, Livre de poche références, Paris, 2007.

– Grèce : Lévêque Pierre : L’aventure grecque, Livre de poche référence, Paris, 1964.

– Rome : Tite Live, La conquête de l’Italie, Histoire romaine, livres VI à X, GF-FLAMMARION, Paris, 1996.

– Arabes et Islam : la colonisation arabo-musulmane précède largement celle de l’Occident. Elle est l’une des plus cruelles de l’humanité. SOURDEL Dominique, Histoire des Arabes, Que sais-je, PUF., Paris, 1985. Les Arabes sont parmi ceux qui ont le moins le droit de se plaindre de la colonisation. Ils ont, dès la 7 ème siècle, colonisé tout le pourtour méditerranéen. Leur propre colonisation par les pays occidentaux, aujourd’hui terminée, avait été un juste retour des choses : il avaient envahi, conquis, l’Egypte, la Lybie, l’Afrique du nord, la péninsule ibérique, la vallée du Rhône, causant sur leur passage des destructions et saccages inouïs. Ils ont été repoussés en Afrique, ce qui  était justice. Ce que l’on dénomme ” l’intelligentsia française,” n’est pas au courant de cette histoire : pour ces insuffisants de l’esprit, il ne reste que l’invasion coloniale de l’Afrique par les Européens. Tout le reste est scotomisé, débilement ” gommé “.

– Afrique : Bernard LUGAN, Histoire de l’Afrique, des origines à nos jours, Paris, 2009.

Bernard LUGAN, Afrique, bilan de la décolonisation, Vérités et légendes, Perrin, Paris. Ouvrage capital, notamment en raison du fait que Bernard LUGAN, ne fait pas partie de la France bien-pensente, celle du prêt-à-penser, des idées convenues et fausses. B. Lugan a fait l’objet de persécutions insensées, qui ont eu raison de ses fonctions

BALANDIER Georges, Le royaume de Kongo du 16 ème au 18 ème siècle, Pluriel, Paris, 1965.

– Turcs et Empire Ottoman :

– Algérie : LAUGIER de TASSY, Histoire du royaume d’Alger, Amsterdam, 1725. Indispensable pour savoir ce qu’est l’Algérois avant les Français.

– Maghreb ; RIVET Daniel, Le Maghreb à l’épreuve de la colonisation, Pluriel, Paris, 2002.

– Russie impériale : Nicolas V. RITASANOVSKY, Collections Bouquins, Paris 1994.

– Russie communiste : des millions de morts ……

– Vikings : Boyer Régis : Les Vikings, Tempus, Paris, 2002 et 2004.

– Normands :

– Chine :

– République de Gênes, Venise, Castille, Aragon, Empire ottoman …. : Etat et colonisation au Moyen age, Actes du colloque international organisé à Reims du 2 au 4 avril 1987, La Manufacture, Lyon, 1989, 551 pages. Passionnant : la France, l’Angleterre, l’Espagne, n’ont pas inventé le colonialisme au 16 ème siècle, celui-ci existe depuis des milliers d’années, comme les nations, qui sont consubstantielles à l’existence des groupes humains. A mettre entre les mains des ” hystoriens ” bretons qui ignorent TOUT de l’antiquité de la nation bretonne.

– République de Venise : Frédéric C. LANE : Venise, une république maritime, Champs Flammarion, Paris, 1985.

DIEHL Charles, La République de Venise, Paris, 1967.

– Espagne : Bartolomé BENNASSAR, Histoire des Espagnols, Collection Bouqins, Paris, 1992.

– Angleterre :

– France :

– Allemagne :

– Tibet, Bretagne de l’Asie : Lenoir Frédéric, Tibet, le moment de vérité, Plon, 2008.

– Japon et colonies du Japon (Hokhaido, Formose, Mandchourie, Corée, colonies allemandes du Pacifique : îles Mariannes, Marshall, Carolines, Palau ….) : Histoire du Japon et des Japonais : Edwin O. Reishauer, Editions du Seuil, Paris, 2001.

– Bretagne : Olier Mordrel, Breizh atao, histoire du nationalisme breton, Alain Moreau, Paris, 1973, 557 pages. Auteur interdit en Bretagne, ouvrage indispensable.

– Bretagne : Aux origines du nationalisme breton, 10 18, Paris, 1977, 2 tomes.

3 – COLONISATION MENTALE ET DESTRUCTION DES ESPRITS.

Il n’existe pas encore d’ouvrage complet sur la névrose du colonisé breton, en dépit d’une documentation immense, quasi illimitée. La colonisation des cerveaux, la peur infligée par le colonisateur, sont encore trop forts pour que les esprits se libèrent, et que la parole suive. On attend que Philippe CARRER se mette au travail, le soussigné étant accaparé par d’autres tâches. Il existe, cependant, de nombreux ouvrages consacrés à d’autres peuples, à partir desquels il est possible de reconstruire ce qui s’est passé en Bretagne et qui, en 2010, est encore largement occulté.

– BROUDIC Fanch, L’interdiction du breton en 1902, Coop Breizh, Spézet, 1997. Ouvrage précieux pour la période étudiée, mais qui ignore, manifestement, que les persécutions linguistiques, quoique tardives, sont un phénomène universel. Il n’est PAS VRAI QUE L’ABANDON DU BRETON A ETE VOLONTAIRE. Les parents ont, il est vrai, ” poussé à la roue “. Broudic ignore que c’est pour éviter aux enfants, persuadés par le colonisateur que le breton est une langue ” plouque “, les SOUFFRANCES et les cruautés qu’on leur a infligées à l’école au nom de leur idiome de Cro-magnon. De même que des juifs ont été conduits à cacher à leurs enfants leur véritable identité : une horreur absolue, dont j’ai recueilli le témoignage auprès de plusieurs amis, ce dont j’ai encore du mal à me remettre, car il est inimaginable que les comportements de l’espèce humaine peuvent conduire à de telles extrémités. Les Bretons ont vécu quelque chose d’aussi horrible.

– MEMMI Albert, Portrait du colonisé, portrait du colonisateur, Folio actuel, Paris, 1985. Ouvrage classique, indispensable.

– MEMMI Albert, Portrait du juif

– CARRER Philippe : Ethnopsychiatrie en Bretagne, Coop Breizh, Spézet 2007.

– MORVAN LEBESQUE, Comment peut-on être breton ? Le seuil, Paris, 1970. Un très grand livre, qui fait de son auteur un héros breton.

– LE DU Claude (Kloada an Du) : Histoire d’un interdit : le breton à l’école, Hor Yezh, 1992. Ouvrage précieux, inconnu des collabos et des kapos bretons.

– MELENNEC Louis : quelques articles sur la névrose bretonne et la névrose d’acculturation; plusieurs vidéos et émissions radiophoniques, dont ” La Bretagne assassinée “, sur Lumière 101. Charte pour la Bretagne, publiée par l’Association Bretonne de Culture (page 44), le site de Yann Fouéré actualités, le site du Musée Paul Gauguin, la revue War Raok …… et, dit-on, l’HUMANITE, sans tarder.

– WACHTEL Nathan, La vision des vaincus, folio histoire, Gallimard, Paris, 1971.

– FERRO Marc, ouvrage cité, chapitre : ” La vision des vaincus “, pages 273 et suivantes.

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II – PREMISSES . LA BRETAGNE AUX 14 ème et 15 ème SIECLES : UN ETAT CENTRALISE ET SOUVERAIN.

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L’HISTOIRE OFFICIELLE, dans une vision simpliste et incompétente, dont il reste encore des traces, a enseigné que, le roi de France étant le ” Suzerain ” du duc de Bretagne, celui-ci était son sujet, son subordonné. La Bretagne, dès lors, selon cette affirmation tout à fait fausse, est – peu ou prou -, une partie du royaume de France. La guerre de 1488, en conséquence, n’est pas une invasion française,  mais une ” remise en ordre ” par le roi de France des troubles qui agitent le Duché, dans lequel se sont réfugiés de très hauts seigneurs français, en conflit violent avec la soeur du jeune roi Charles VIII, Anne de Beaujeu, qui dirige le royaume au nom de son frère d’une main de fer, ces hauts seigneurs étant censés menacer la France. Parmi les réfugiés auxquels le Duc accorde sa protection : Louis d’Orléans, proche parent de la famille ducale bretonne, cousin du roi Charles VIII et héritier du trône de France (il deviendra roi, sous le nom de Louis XII, dix ans plus tard, en avril 1998, et épousera Anne de Bretagne en janvier 1499) (Excellent exposé dans la Borderie …..; pour une étude détaillée, voir : Pélicier,  …………. Ce livre remarquable, extraordinairement documenté – on y lit des correspondances diplomatiques et des documents jamais cités ailleurs, était introuvable jusqu’à une date récente – et, bien sûr, inconnu des  » hystoriens  » bretons; grâce à un lecteur des présentes chroniques, il est consultable désormais sur la toile : http://ia700401.us.archive.org/23/items/essaisurlegouve00unkngoog/essaisurlegouve00unkngoog.pdf)

Le Duché, on le sait, A SON HISTOIRE PROPRE, STRICTEMENT DISTINCTE DE CELLE DE LA FRANCE. La Bretagne n’est en aucun cas issue du ” démembrement ” de la France : elle A TOUJOURS ETE DISTINCTE du monde mérovingien, et n’a jamais fait partie des royaumes carolingiens.

Depuis le 6 ème siècle, après la disparition de l’Empire romain, la Bretagne continentale (l’ancienne Armorique) est un pays distinct de celui envahi par les Francs, même si, divisée en plusieurs principautés, elle ne constitue un pays uni que sous les rois Nominoé, Erispoé, Salomon. Un Duc unique, après une longue phase intermédiaire, marquée par la quasi – desintégration de la Bretagne sous les coups de boutoir des Vikings, ne sera reconnu à nouveau que beaucoup plus tard, jusqu’à la mort de Claude, fille d’Anne de Bretagne, en 1524. A aucun moment de l’histoire de la Bretagne, les Ducs n’ont été redevables aux rois de France de quoi que ce soit, excepté les ” services ” que les deux souverains se sont rendus en qualité d’alliés, ces services étant réciproques, durant les périodes d’alliance effectives, qui ont été entrecoupées de phases de guerre et de contentieux violents. Aucune puissance étrangère – certainement pas la France – n’a conféré au Duc de Bretagne le droit de régner, d’exercer ses fonctions, d’être le Souverain des Bretons. Ceux-ci ont élaboré EUX-MÊMES leurs Institutions au fil des siècles. Toutes les ingérences françaises jusqu’aux invasions destructrices de 1487 et 1491, se sont soldées par des pertes et des fracas pour la France.

(Les historiens “classiques”, non juristes, n’ont rien lu des écrits très savants élaborés dès le 11 ème siècle au moins, et ignorent que l’hommage du Duc de Bretagne au roi de France, n’est rien d’autre qu’un CONTRAT, un traité d’alliance entre deux seigneurs, qui s’engagent réciproquement et symétriquement à se conseiller (consilium), à s’aider mutuellement (auxilium), à ne pas se nuire, même si le roi de France est, au plan honorifique, plus prestigieux que le Duc de Bretagne (Rappel indispensable, une fois de plus : lire en entier, le crayon à la main, le petit traité de F.L. GANSHOF, Qu’est-ce que la féodalité, Paris 1982, Tallandier, collection pluriel, 297 pages; interdiction formelle, désormais d’écrire, comme le fait Minois, dans son ouvrage – pas très excellent – sur DUGUESCLIN : ” Depuis au moins quatre siècles … le duc de Bretagne prête hommage au roi, la Bretagne fait (donc) partie du royaume (!!!!) ).

Au moment des dernières guerres d’invasion, à la fin du 15 ème siècle, la Bretagne est un Etat quasi – centralisé, totalement souverain, au même titre que  la France, l’Angleterre, la Castille, le Portugal, le royaume de Naples, et maints autres Etats. Cet Etat est gouverné – sagement, on peut le dire, sans guère d’ excès de la part d’aucun de ses Ducs (exception : le français Pierre Mauclerc, Duc-consort, mari de la duchesse Alix),  par une très vieille dynastie, antérieure à celle des Capet, globalement aimée de son peuple, prestigieuse et respectée de toute l’Europe, surtout, exerçant DANS TOUS LES DOMAINES, sans en excepter AUCUN, avec le concours du Parlement général de Bretagne, les prérogatives de la puissance souveraine : le gouvernement, l’écriture du droit, la justice, la guerre et la paix, la diplomatie, les monnaies et la politique financière …..

BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE.

DURTELLE de SAINT SAUVEUR E. Histoire de Bretagne, Rennes, 1935, pages 328 à 353 (Les Institutions bretonnes à la fin du moyen age); éditions J. Plihon. Excellent exposé des prérogatives des Ducs, du Chancelier, du Conseil ducal, des Etats de Bretagne …

LA BORDERIE ..

 PLANIOL Marcel, tome 3, pages 51 à 162, chapitres IV à IX. L’étude de Planiol, remarquable et complète – à ce point qu’elle rend inutile toute nouvelle thèse future sur ce sujet -, est absolument irréfutable. Le seul problème réel qui reste posé : les historiens universitaires, incompétents dans le domaine des Institutions politiques, doivent désormais se convertir aux disciplines juridiques, et aux sciences politiques, et ne plus parler des problèmes de droit qu’en se donnant les moyens de le faire. C’est très facile : accomplir tout le cursus universitaire jusqu’au doctorat (soit dix ans environ); puis pratiquer le droit pendant dix ans encore, surtout le droit public. Rappelons que Marcel PLANIOL est notre plus grand juriste, d’une envergure intellectuelle immense (voir sa biographie dans Internet). Il n’est lu par à peu près personne en Bretagne.

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A – L’INVASION MILITAIRE ET LA CONQUÊTE DE LA BRETAGNE PAR LA FRANCE.

Louis XI ayant détruit les Etats bourguignons, en 1477, donne ordre à son fils, le Dauphin Charles, d’attendre que les choses soient plus « mûres » pour faire « tomber » la Bretagne, pays détesté, mais bardé de forteresses sur toutes ses frontières, et allié à toutes les puissances voisines. A cette époque, contrairement à ce que l’on pense, les grands principes du Droit international sont déjà en place. On n’envahit pas un pays souverain n’importe comment, certainement pas parce qu’on possède comme seul argument d’avoir une armée plus puissante. IL FAUT SE DONNER UNE RAISON PLAUSIBLE, au regard de la communauté internationale, pour déclencher la guerre, et mettre ses armées en action.

En 1487 et en 1488, le prétexte tant attendu se présente. Plusieurs grands seigneurs français, en délicatesse avec Anne Beaujeu, fille de Louis XI et soeur du jeune roi Charles VIII, qui gouverne la France d’une main de fer, se réfugient en Bretagne. Parmi eux: Louis d’Orléans, cousin du Roi et héritier de la couronne; Jean de Chalon, prince d’Orange; Odet d’Aydie, comte de Comminges; le comte de Dunois ……

Officiellement, il s’agit, pour la France, de s’emparer de ces seigneurs, et de les punir. François II, duc de Bretagne, est sommé de remettre les « malveillants » du royaume aux officiers du roi, ou de les chasser de ses Etats. Le caractère chevaleresque du Duc a été décrit par les chroniqueurs: il refuse. On n’espérait pas tant: Anne de Beaujeu et Charles VIII ont enfin trouvé une raison suffisante pour faire marcher les armées françaises contre la Bretagne. Par Traité, le roi S’ENGAGE A RETIRER SES TROUPES dès que le duc d’Orléans, le comte de Dunois, le prince d’Orange, le comte de Comminges et leurs gens auront quitté le pays.

Mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Le prétexte est trop beau; il risque de ne pas se renouveler avant longtemps: on va donc faire marcher les troupes, tout détruire, et, si possible, tout conquérir. C’est une nouvelle félonie à l’égard de la Bretagne. Mais celle-ci va être fatale au Pays. Le processus étant enclenché, ne se terminera qu’en 1532, par une annexion fallacieusement déguisée en Traité.

La preuve péremptoire des intentions françaises résulte de la lettre du roi Charles VIII, en date du 11 mars , nommant Louis de la Trémoille Lieutenant Général de l’Armée du Roi en Bretagne. Cette lettre est terrible. Dans le processus actuel de réappropriation par les Bretons de leur véritable Histoire, elle est d’un poids considérable. Les faits sont aggravés par les considérations suivantes:

– La Bretagne est un pays pacifique; son seul désir est d’être en paix avec ses voisins. 

– En accordant le droit d’asile à quelques seigneurs français, le Duc ne fait que son devoir. Ce droit d’asile est traditionnel, et d’ailleurs bilatéral . On en trouve les premières traces dans Grégoire de Tours (au 6 ème siècle !). La France, de son côté, agit de même, en accueillant sur son sol les seigneurs mécontents fuyant leur pays. Au cours des décennies qui ont précédé, elle a, notamment, accueilli nombre de Bretons, en particulier l’ennemi le plus virulent du Duc : son très proche parent et premier seigneur du Duché, le Vicomte Jean II de Rohan. Il s’agit donc bien d’un prétexte, non d’une raison légitime. En aucun cas, la présence de quelques seigneurs français en Bretagne ne peut porter préjudice à la couronne de France, puisqu’il n’ont ni armées ni moyens de combattre le roi français.

–  La Bretagne, on ne le sait que trop, est en état de VULNERABITE; elle ne dispose pas d’une armée suffisamment puissante pour agresser la France, et n’a nulle intention de le faire. La disproportion des forces que les deux protagonistes peuvent opposer est considérable : la Bretagne ne commettrait pas la folie de déclencher un conflit armé, qu’elle n’a aucun moyen de remporter. Le Duc, selon les chroniqueurs, est « bon homme », et n’a aucune volonté de se lancer dans une aventure pareille. On l’a souvent décrit comme un comploteur par nature: c’est une erreur grossière; le Duc n’aime rien tant que sa tranquillité; les affaires politiques ne l’intéressent pas; au point qu’il n’assiste même pas aux séances de son gouvernement (le Conseil ducal), qui l’ennueint; il est foncièrement un homme de paix; mais que faire lorsque les visées agressives de la France, ses intentions de s’emparer de la Bretagne non seulement sont notoires, mais même affichées ouvertement ?

– Le mensonge, LA MAUVAISE FOI des Français sont patents. Or, le droit de l’époque interdit les guerres sans objet légitime, destinées à nuire, à plus forte raison de s’emparer des Etats et des territoires d’autrui. Ces guerres sont considérées comme des « voleries » (= des vols, en français moderne).

– Le Duc de Bretagne est souffrant, depuis des années. Ses filles sont mineures. Le devoir impératif du roi de France est de protéger ses deux jeunes parentes. Au contraire, la France met à profit l’état de vulnérabilité de la Bretagne pour l’envahir.

En termes moraux, l’entreprise est ignoble, à tous égards. En termes juridiques, la guerre faite à la Bretagne, est une guerre INJUSTE : elle n’a aucun objet légitime; elle n’est pas destinée à corriger une injustice; elle n’a pas pour objectif de ramener la paix, mais de faire la guerre; elle poursuit le but, non dissimulé, de faire le mal, et de s’emparer du bien d’autrui. Plus : elle est SCANDALEUSE.

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BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE. On est PARFAITEMENT informé sur les guerres d’invasion de Bretagne de 1487 à 1491. La documentation est pléthorique. Il ne subsiste sur la matière aucun angle mort. L’exposé de La Borderie est excellent, au moins jusqu’au mariage d’Anne de Bretagne (page 573) et quasi complet. La thèse de PELICIER – longtemps introuvable, aujourd’hui sur la toile, voir plus haut -, a beaucoup apporté, et parfaitement ” décortiqué ” les tenants et les aboutissants de cette guerre, qui est, sans aucun doute ni aucune réserve, une guerre d’agression et de conquête de la part de la France. Les lettres publiées par Louis de la Trémoille sont précieuses. Elles permettent de suivre en ” direct ” les péripéties de cette guerre, du côté français, le roi Charles VIII, à très faible distance du ” front “, dirigeant avec minutie toutes les opérations d’invasion, s’occupant des moindres détails, communiquant quotidiennement avec ses armées, ceux qui les commandent … Cette lecture est édifiante.

DURTELLE de SAINT SAUVEUR, Histoire de Bretagne, Rennes, 1935, pages 379 à 395.

GABORY Emile. Anne de BRETAGNE, Paris, éditions Plon, 1941. L’un des meilleurs ouvrages sur Anne de Bretagne, remarquablement documenté. Vision très inexacte de la ” réunion ” de la Bretagne à la France : les Français sont des ennemis, des envahisseurs, des occupants. Ils sont détestés en Bretagne. L’annexion n’a en aucun cas été désirée, comme l’affirme l’auteur, mais forcée. Regrettable : GABORY est un historien assez remarquable. Mais que peut – il écrire, qui ne serait pas conforme à la religion nationale de l’époque, née de la falsification de l’histoire, reconstruite sur les mythes de la prétendue révolution de 1789 ?

LA BORDERIE (Arthur LEMOINE de la), Histoire de Bretagne, tome 4, pages 521 à 573. Attention ! La fin de ce tome 5  contient d’importantes inexactitudes concernant le mariage d’Anne de Bretagne. Notamment, La BORDERIE n’a pas compris que le ” don ” réciproque que se font les époux de leurs droits sur le Duché de Bretagne est une énorme supercherie mise au point par la chancellerie française : LE ROI CHARLES VIII de France ne possède AUCUN DROIT SUR LA COURONNE DE BRETAGNE. Il ne peut rien céder sur ce point à Anne de Bretagne – puisqu’il ne possède rien -, pas plus qu’elle ne peut rien céder de la Bretagne à qui que ce soit, puisqu’elle est sur le trône en vertu des coutumes constitutionnelles du Duché, non en vertu d’un quelconque droit de propriété : la couronne ne peut être ni cédée, ni vendue, ni léguée.

MINOIS Georges, Anne de BRETAGNE. Paris, éditions Fayard 1999. L’ouvrage est bien documenté, mais l’auteur s’épanche dans une haine absurde à l’encontre de Anne de Bretagne, que rien ne justifie. Sa vision de toute l’histoire de la Bretagne est franchement pathologique. Si cette femme avait été méprisable, le devoir de l’historien serait de le dire. Mais si le personnage a été admirable, comment justifier le caractère injurieux que l’auteur en a fait, sauf la honte de soi-même, et d’être breton ? L’ouvrage et l’oeuvre de cet historien en sont discrédités, en totalité. Car que croire de ce qu’écrit cet auteur, après ce portrait outrancier d’Anne de Bretagne, formellement contredit par ses actes, sa vie, sa personnalité que la caractérologie moderne permet aujourd’hui de considérer comme une femme tout à fait exceptionnelle ? Plus grave : comment M. MINOIS ignore-t-il que l’hommage est l’acte simple par lequel se concrétise un CONTRAT, à égalité entre les contractants, et L’EXERCICE DE TOUS LES POUVOIRS SOUVERAINS dans son pays par le Duc de Bretagne ???

MORICE (Dom Hyacinthe), Preuves, tome III, pages 2 à 748. Irremplaçable, par les documents nombreux qui démontrent, d’une manière INDISCUTABLE, comment la France est haïe en Bretagne, et combien peu les Bretons sont hostiles à la  » réunion  » des deux pays sous une couronne unique.

PELICIER Paul, Essai sur le gouvernement de la dame de Beaujeu (1483 – 1491), Chartres 1882, Genève 1970, éditions Slatkine reprints, 315 pages. Les documents inédits découverts par Pélicier, passionnants, permettent d’entrer dans les coulisses de la guerre d’invasion franco-bretonne, jusqu’à connaître les sentiments, les mobiles, les états d’âme des protagonistes.

TREMOILLE (Louis de), Correspondance de Charles VIII et de ses conseillers avec Louis II de la Trémoille pendant la guerre de Bretagne, Paris 1875, Genève 1978, éditions Mégariotis Reprints, 284 pages. Ces 236 lettres émanant du roi Charles VIII et de ses proches conseillers permettent de suivre sur le vif, presqu’au jour le jour, la guerre d’invasion de Bretagne. La valeur de ces témoignages est inestimable. C’est dans cette sorte de documents qu’il faut lire l’histoire de la Bretagne, non dans les résumés falsifiés publiés en Bretagne et en France.

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B – LE FAUX TRAITE DE 1532.

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On sait aujourd’hui que la Bretagne n’a JAMAIS été juridiquement ” réunie ” à la France, encore moins par un ” traité ” librement consenti entre deux Etats agissant de leur pleine et souveraine volonté. Les députés Bretons, après une longue ” préparation ” de la part de la France, ennemi héréditaire détesté, dans laquelle ont été associés pressions, menaces, concussion, achat des consciences ont été convoqués à Vannes, en août 1532, sans bien savoir ce qui allait s’y passer. Le pays occupant, dirigeant tout et toute chose depuis la mort d’Anne de Bretagne, survenue en janvier 1514, le gouvernement français, dirigé par le corrompu cardinal DUPRAT, décide en août 1532, de frapper le grand coup.

Le roi François I er de France, monté sur le trône à la mort de son proche parent le 1 er janvier 1515, mari de la Duchesse légitime, Claude, depuis le mois de mai 1514,  fille d’Anne de Bretagne et de Louis XII de France, se transporte en Bretagne, avec une smala immense, extrêmement impressionnante et intimidante (10000 à 12000 personnes, autant de chevaux, plusieurs milliers de soldats). L’affaire a été méditée et soigneusement préparée. Il ne s’agit, en aucun cas d’une expédition touristique, ni de prendre des bains de soleil sur les plages bretonnes. Les principaux complices bretons (Jean de Laval-Chateaubriand, nommé gouverneur militaire l’année précédente, à raison des services immenses qu’il rend au roi, le ” Président-traître” des Déserts ….) mis dans la confidence, au nombre de quelques uns, sont convoqués au Château de Chateaubriand. Puis, le roi français, QUI N’EST RIEN EN BRETAGNE, sauf le veuf de la Duchesse Claude, duchesse en titre jusqu’à sa mort en 1524, et surtout le père de l’héritier légitime du Duché souverain, le deuxième enfant que lui a donné Claude de Bretagne, se transporte dans la superbe résidence ducale de Suscinio, très proche de Vannes. Le prince Henry, fils de Claude, petit fils d’Anne de Bretagne, héritier légitime du trône de Bretagne, a été dépossédé de ses droits au profit du dauphin de France, François (ces faits sont connus, principalement, grâce à Chantal Reydellet, archiviste à Rennes).  Le roi français, son père, est présent sur les lieux, et se tient prêt à intervenir, si besoin est, CAR IL EST VENU POUR CELA. Tous les contemporains savent cela (y compris à Paris, cf le journal du Bourgeois de paris), sauf à se taire, s’ils veulent conserver leur tête sur leurs épaules : voilà le climat dans lequel se passe toute cette affaire, dans laquelle la prude Bretagne, bien loin d’aller à l’autel comme une vierge vers son fiancé (quelle honte que le remarquable Gabory, que le savant Pocquet et tant d’autres aient pu écrire cela, et apposer leur signature sous ces sottises), va se faire engrosser par la France (on a compris que nous pensons ici à un mot beaucoup plus explicite, mais passons ……). (Pour gagner du temps, lire le petit ouvrage de Dominique Lepage et de Michel Nassiet, intitulé ” L’union de la Bretagne à la France”, livre honnête, très bien documenté, et, par bonheur enfin, un peu plus audacieux que les autres (Skol Vreizh, Morlaix, 2003; erreur importante, toutefois, page 163, sur le prétendu ” traité “; Lepage est l’auteur d’une thèse assez remarquable sur cette période).

Le 4 août, date de sinistre mémoire, les députés bretons, apeurés, sont réunis. AUCUNE NEGOCIATION entre les Bretons et les Français n’a lieu. Aucun texte commun n’est discuté, rédigé, paraphé, raturé, corrigé, parachevé par les représentants des parties, comme cela EST OBLIGATOIRE DANS LA CONCLUSION DES TRAITES. La Bretagne, d’ailleurs, a été privée de tout ambassadeur régulièrement accrédité pour cela, ELLE N’A AUCUN MINISTRE PLENIPOTENTIAIRE. François I er n’est pas venu consulter les Bretons – certainement pas ! -, mais pour faire main basse sur la Bretagne, et la mettre dans son escarcelle.

C’est UNE PROCLAMATION UNILATERALE, rédigée par le gouvernement français (la Chancellerie), QUI EST LUE A LA TRIBUNE par un prélat (ce texte, qui ne traduit en aucun cas le fruit d’une libre discussion entre la Bretagne et la France, est publié par Morice, voir Preuves, pages 997 et 998).

Une deuxième proclamation UNILATERALE  intervient peu après, sous la forme d’un EDIT ROYAL – daté du mois d’ août 1532 -, c’est à dire UNE LOI FRANCAISE, édictée par un Etat étranger, sans aucun effet juridique possible en Bretagne, PAYS TOTALEMENT SOUVERAIN. C’est une authentique imposture, que certains ” gogos ” continuent encore à désigner, en 2012, sous le nom de ” Traité de Réunion de la Bretagne à la France ” (Cassard, par exemple, dans un ouvrage récent; regrettable : cet historien fait partie des gens sérieux, et des chercheurs très estimables).

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BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE.

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LEPAGE Dominique, Finances et politiques en Bretagne au début des temps modernes (1491 – 1547). Ouvrage très important, qui ” décortique ” les manoeuvres utilisées par la France pour digérer, phagocyter la Bretagne, de la mort d’Anne de Bretagne au prétendu traité de réunion, et au delà. Trois inexactitudes sous la plume du préfacier, Jean KERHERVE : la phagocytose de la Bretagne n’est pas une ” intégration “, mais un processus agressif pensé et pourpensé de digestion du pays; les ducs de Bretagne ne sont pas ” quasi-souverains “, mais entièrement souverains, au même titre que leurs compères les rois de France. Enfin (préface, in fine), quiconque s’est donné la peine de lire l’histoire des autres pays, sait que l’exemple de la Bretagne non seulement n’est pas ” unique “, mais est banal dans l’histoire du monde, la digestion des pays les uns par les autres obéissant aux mêmes lois générales que celles appliquées par la monarchie française pour annexer la Bretagne. De ce point de vue, l’histoire de Bretagne n’apporte rien à personne, sauf aux Bretons, jusqu’ici interdits d’avoir accès à leur histoire, par des moyens multiples, dont la complicité – involontaire ou volontaire – de l’université bretonne, maîtrisée par les nominations aux postes d’enseignants, interdits à ceux qui professeraient des opinions contraires au discours historique  » convenable « . En revanche, la similitude des processus dans l’histoire des autres pays nous permet de comprendre magnifiquement la nôtre : ce qui s’est passé en Bretagne s’est déroulé ailleurs; ce qui s’est déroulé ailleurs s’est passé en Bretagne : le plus fort s’est emparé du plus faible, le plus faible a été subjugué par le plus fort, parce qu’il n’avait pas les moyens de se défendre efficacement. A ceci près que la France, par des artifices qu’elle manie depuis des siècles, a  » concocté  » un pseudo – traité, pour donner apparence de légalité à une annexion grossière. Répétons ici, une fois de plus, que trois juristes au moins ont analysé la situation d’une manière exacte, parce que c’est leur métier de le faire : Bertrand d’ARGENTRE, Marcel PLANIOL, Louis MELENNEC : il faut que cela soit dit, redit, répété, afin que cela entre une fois pour toutes dans les consciences, et que les Bretons sachent que la France, en Bretagne, se trouve en pays étranger, et que les Bretons sont SEULS PROPRIETAIRES DE LEUR PAYS, sans aucune indivision dans aucun domaine avec leur voisin, celui – ci n’étant rien d’autre qu’un PAYS OCCUPANT.

MELENNEC Louis, Conférence donnée à Vannes en mars 2006 (cette conférence, entièrement filmée, est diffusée par l’Agence Bretagne Presse (ABP). Elle contient la démonstration complète de la nullité du prétendu traité de 1532, ou, plus exactement, de son INEXISTENCE JURIDIQUE, aucune des conditions requises pour qu’un traité soit juridiquement valide n’ayant été respectée, l’acte publié en août 1532 par la monarchie française étant un ACTE UNILATERAL, non discuté, non consenti, non paraphé par les Bretons.

MELENNEC Louis,

MORICE (Dom Hyacinthe), Preuves,  tome III, pages …      Irremplaçable.

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 C – LA DESTRUCTION DES INSTITUTIONS ETATIQUES DE GOUVERNEMENT .

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  Nous allons voir, les évènements et la réalité des choses étant plus que probants, que c’est un phénomène colonial d’une évidence criante qui s’est déroulé en Bretagne de 1532 (ou de 1514, si l’on préfère, la Duchesse Souveraine Anne étant décédée le 9 janvier de cette même année), à 1789. Rien n’y manque, y compris la résistance opiniâtre, jamais en défaut, des populations indigènes. La matière est si abondante, qu’il est impérativement nécessaire de l’exposer d’une manière schématique, si l’on ne souhaite pas s’y perdre. A partir de 1789 – année des droits de l’homme, selon la France -, la Bretagne, alors qu’elle jouit jusqu’alors d’une véritable autonomie, n’est même plus une colonie : elle est phagocytée, digérée, réduite à néant par le pays prédateur.

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1 – LA DESTRUCTION DE LA DYNASTIE BRETONNE ET L’ELIMINATION METHODIQUE DES PRETENDANTS POSSIBLES AU TRÔNE DE BRETAGNE.

Les faits que nous rapportons ici ne sont pas d’une découverte récente; il s’agit de faits passés sous silence par ceux qui ont écrit sur cette époque : les manoeuvres accomplies sciemment par les Français, pour déposséder du trône breton l’héritier légitime de la couronne de Bretagne, et de le remplacer par un imposteur (références : Dom Morice, …; notes manuscrites de L. Mélennec; Chantal Reydellet-Guttinger, ex conservateur des archives départementales d’Ile et Villaine …; D. Le Page, thèse; D. Le Page et M. Nassiet, pages  161 et suivantes ..).

– LE RETABLISSEMENT DES INSTITUTIONS BRETONNES PAR ANNE DE BRETAGNE. La Duchesse avait réussi, quelques mois seulement après la mort de son deuxième mari, Charles VIII, lors de son mariage avec Louis XII, un véritable tour de force, dû à son exceptionnelle personnalité, et à sa ferme volonté de soustraire son Pays à l’emprise des Français. Par le traité conclu à Nantes le 7 janvier 1499, par les deux souverains ANNE et LOUIS (Morice, Preuves III, page …), il fut décidé que si du mariage royal naissaient deux enfants, l’un (si l’un de ces enfants était un fils), monterait sur le trône de France; le second – fille ou garçon -, deviendrait Duc de Bretagne. Le pays, par l’effet de ce traité, retrouve toutes ses institutions souveraines, et sa totale indépendance (” Afin que le nom de la Principauté de Bretagne demeure, et ne soit pas aboli dans l’avenir … il est décidé que le second enfant mâle – ou fille à défaut de mâle -, naissant de ce mariage, SERA ET DEMEURERA PRINCE (= Duc) de Bretagne “. (Nous traduisons ce texte en français moderne, pour lever toute ambiguité sur sa signification très claire). La clause vaut pour les générations futures, dans l’hypothèse ou Louis XII et Anne n’auraient qu’un seul enfant : Anne met donc en place un dispositif juridique en apparence sûr, qui garantit ad vitam aeternam la souveraineté du Duché. Ce travail est admirable; à lui seul, il suffirait à justifier la vénération dont la Duchesse est l’objet en Bretagne.

– L’ELIMINATION DU TRÔNE DE BRETAGNE DU DEUXIEME FILS DE CLAUDE, héritier légitime (1524). Contrairement à ce qu’on peut lire encore en 2010, dans tous les livres d’histoire écrits par des Bretons, la Duchesse Claude, dans son testament, NE LEGUE ABSOLUMENT PAS LE DUCHE à son fils ainé, le dauphin François (Mélennec, mémoire de DEA, page … ; ou, dans ABP : L’élimination de Claude du Duché de Bretagne …). Pour une raison majeure : le Duché de Bretagne – pas plus qu’aucun autre Etat souverain – n’est la propriété privée du Duc : celui-ci occupe une FONCTION au nom et pour le salut de ses sujets : il ne peut ni l’aliéner, ni le vendre, ni le céder, ni, à plus forte raison, le léguer par testament : on devient Duc parce que les lois fondamentales du Duché – la Constitution, faite de coutumes dégagées par les siècles – appellent au trône le seul héritier légitime, en aucun cas une personne désignée par le Duc défunt. Aussi le testament de Claude – j’ai eu entre les mains, je le souligne, l’exemplaire conservé à la bibliothèque Mazarine -, s’il désigne en effet son fils ainé François comme le légataire universel de ses biens personnels, CEUX QU’ELLE POSSEDE EN PROPRE, en aucun cas ceux qui ne lui appartiennent pas, ne fait aucune mention du Duché, puisque celui-ci a, par la mort de Claude, un héritier désigné : son deuxième fils, Henri, duc d’Orléans, en application du traité brito-français du 7 janvier 1499 : AUCUN DOUTE A CE SUJET (Mélennec, mémoire de DEA, page ….).

Pourquoi les historiens bretons se sont-ils ” trompés ” à ce point sur les dispositions capitales de ce testament ? Pourquoi ne l’ont-ils pas lu ? Pourquoi ont-ils pu ignorer que la Duchesse ne pouvait ” léguer ” à qui que ce soit une couronne, encore moins un pays, qui ne lui appartenaient pas ??

François I er et son chancelier, le sinistre cardinal DUPRAT, tentent ce qu’on appellerait aujourd’hui un ” coup de poker ” : faire croire que Claude a instauré par son testament son fils aîné, François, le dauphin de France comme héritier du trône breton, et que, celui-ci devant succéder à son père François Ier à sa mort, il réunira sur sa tête à la fois la couronne de Bretagne et la couronne de France. Dire que les Bretons sont furieux d’apprendre que le roi étranger François Ier veut placer sur le trône de Bretagne un prince illégitime – un IMPOSTEUR -, est peu dire : ILS NE VEULENT, NI DE PRES, NI DE LOIN, UN QUELCONQUE ROI DE FRANCE sur le trône breton. Ceci est UNE CERTITUDE ABSOLUE. Lors de la réunion des Etats de Bretagne, le souverain étranger François I er est ” mouché “, de la belle manière, dans des termes plus que fermes. Colère efficace : il admet cette giffle, mais revient à l’assaut aussitôt. Que se passe-t-il dans les mois qui suivent la mort de la Duchesse Claude ? ….. On ne connaît pas le détail de l’opération. Quoiqu’il en soit, avant que l’année 1524 soit écoulée, le fils ainé de François Ier et de Claude, le dauphin François, est bel et bien “substitué ” à son frère Henry … Il est plus que probable que François Ier, par des manoeuvres dont il est familier, a acheté les membres influents des Etats de Bretagne, a forcé la main et menacé d’autres ..

– L’ELIMINATION DES AUTRES PRETENDANTS AU TRÔNE DE BRETAGNE. On lit encore que deux mariages brito-français (Anne puis sa fille Claude), et un chiffon de papier connu sous le nom de ” Traité d’Union “, ont suffi pour que la Bretagne tombe dans l’escarcelle des Capet. Ce n’est pas ainsi que les choses se sont passées.

Dès l’invasion de la Bretagne, en 1487, avec obstination, le roi de France ne possédant aucun droit sur la couronne de Bretagne, les successeurs éventuels au trône, sont strictement éliminés de leurs prétentions. On est parfaitement éclairé par les archives sur ces manoeuvres.

RENEE DE BRETAGNE (dite Renée de France) aurait pu, en sa qualité de deuxième enfant de Anne de Bretagne et de Louis XII, être la première de ces prétendantes. Ses droits au trône étaient réels. On prête à Anne de Bretagne, dans l’année qui a précédé son décès, voeu renouvelé sur son lit de mort – sans en avoir le preuve formelle – d’avoir voulu en faire la Duchesse de Bretagne, aux lieu et place de sa soeur Claude; ce qui était constitutionnellement possible, à condition que les Etats de Bretagne en soient d’ accord (Anne Puaux, Renée de France, Paris, Hermann, page 5). Louis XII avait lui même envisagé cette solution, peu avant sa mort, un an plus tard (de Maulde, 353, 354). Renée, après la mort de son père, en janvier 1515, élevée à la cour de son beau-frère François Ier, vit de longues années dans l’ignorance de ses droits. Son beau frère la dépouille de la totalité de ses biens, qui sont considérables. Puis, par des combinaisons assez répugnantes, il l’utilise comme instrument diplomatique pour parvenir à ses fins. Il la fiance, successivement au futur Charles Quint, puis à Joachim, fils de Margrave de Brandebourg. In fine, il la marie, tardivement, alors qu’elle a atteint l’âge de 28 ans, à un principicule italien, le Duc Hercule de Ferrare. Ce mariage si mal assorti est jugé scandaleux par toute l’Europe. La dot est ridicule, indigne de la fille du roi et de la reine les plus puissants de la chrétienté; elle ne sera d’ailleurs jamais payée. il est clair que François Ier s’est débarrassé de Renée, en la mettant dans l’impossibilité, par son éloignement, et par le caractère insignifiant du mari qu’il lui a choisi, de jamais entrer en possession de son héritage. La dépossession de Renée de ses biens et de ses droits est une certitude, non une hypothèse d’historien. Alain MORGAT, dans sa thèse, au moyen d’une documentation considérable, a étudié cet épisode honteux de la monarchie française, et cette nouvelle malversation aux dépens de la Bretagne (ce que confirment nos propres recherches, non publiées).

Jean de BROSSE – BRETAGNE. On se souvient qu’à la mort du duc régnant Jean III, en 1341, la Duchesse héritière est, pour tous, sa nièce Jeanne de PENTHIEVRE, mariée à Charles de BLOIS, neveu du roi de France Philippe VI depuis 1337. Un prétendant inattendu apparaît alors, à la surprise générale : Jean de Montfort, demi-frère du duc décédé. Son fils – Jean de Montfort, futur Jean IV de Bretagne -, revendique les droits de son père; il en résulte une guerre meurtrière, dite ” guerre de succession ” (Entre autres : Cassard Jean-Christophe, La guerre de succession de Bretagne, Spezet, Coop-Breizh, 2006 : ouvrage d’érudition, trop long, que personne n’a pu lire à cause de cela). Celle-ci se termine par les traités de Guérande : Jeanne de Penthièvre est éliminée, Jean de Montfort devient duc sous le nom de Jean IV. La lignée se poursuit : Anne de Bretagne est sa descendante.

Les héritiers de la duchesse Jeanne de Penthièvre et de Charles de Blois n’ont jamais accepté leur défaite, ni leur élimination du trône de Bretagne. C’est un long roman, dont les péripéties, surprenantes, n’ont pas leur place ici. Tous les héritiers de Jeanne de Penthièvre font non seulement valoir leurs droits sur les terres dont la possession leur a été ôtée en Bretagne (en particulier le prestigieux comté de Penthièvre), mais ils affirment qu’ils sont les vrais ducs de Bretagne, et que les Montfort (y compris Anne de Bretagne) sont des imposteurs.

Après de longues péripéties, les rois de France (Charles VIII, Louis XII) ayant failli à leur promesse de procéder à la restitution des biens qui leur ont appartenu en Bretagne, François Ier se décide enfin à rendre à Jean de Brosse-Bretagne le comté de Penthièvre, par un édit dit ” de Crémieux “, daté du … Cette restitution a un but politique : Jean de Brosse-Bretagne doit s’engager à renoncer à tout ” droit au duché de Bretagne “. Cette affaire a été particulièrement laborieuse. Pour autant, elle ne met pas un terme au conflit, car ce renoncement de Jean de Brosse n’est pas sincère : ses héritiers, considérant – à juste titre – qu’une promesse prise sous l’effet de la contrainte n’engage juridiquement à rien, jugent qu’ils sont toujours habilités à revendiquer le trône de Bretagne. (Comme personne ne connaît ce point, indiquons que l’immense juriste Planiol, aux termes d’une étude rigoureuse, que lui seul avait compétence pour mener à bien, a toujours considéré que les Montfort étaient, lors de la morts de Jean III, en effet, des imposteurs, et que Jeanne de Penthièvre était l’héritière légitime du duc, ce qui implique que la guerre de succession a été une guerre injuste, et que Jeanne et ses héritiers ont été évincés du trône breton en violation du droit. On comprend mieux l’acharnement inoui de ceux-ci à poursuivre la lutte sur la plan juridique pendant une période si incroyablement longue). (L’histoire donnera rapidement raison aux Montfort, car les Bretons et les Etats les accepteront comme légitimes, ce qui règle le problème, de ce point de vue).

LA BORDERIE, Arthur ..

LE PAGE Dominique, pages 127 et suivantes;

PLANIOL Marcel, tome 3, pages , pages 20 et suivantes, Légitimité de Charles de Blois, et de Jeanne de Penthièvre …

PLANIOL Marcel, tome 5, pages 9, 12, 16, 17, 18, 19, 20 …. Presque toute la problématique de l’élimination des héritiers légitimes du trône de Bretagne se trouve exposée ici, avec quelques erreurs et insuffisances, dues au fait que, malgré son intelligence aigüe des faits, PLANIOL a écrit son ouvrage aux alentours de 1900, et que certains éléments d’information ne lui sont pas connus.

– Marie de LUXEMBOURG, duchesse de Penthièvre et duchesse de MERCOEUR (1562 – 1623). Un nouveau rebondissement se produit durant la guerre de la Ligue, à la fin du 16ème siècle ( …). La saga des descendants de la duchesse Jeanne de Penthièvre et de son mari Charles de Blois, ne s’interrompt pas avec la restitution du comté de Penthièvre à Jean de Brosse-Bretagne. Evincés du trône de Bretagne, jadis, par les Montfort, à l’issue de la guerre dite  » de succession « , ils vont tenter, une fois de plus, de recouvrer leurs droits à la faveur de la guerre de la Ligue, à la fin du 16ème siècle, soit …. deux siècles après le deuxième traité de Guérande !

Marie dite de Luxembourg – qu’il est plus légitime d’appeler de Penthièvre, pour marquer son appartenance à la “tige royalle de Bretagne”, aurait pu ne rien revendiquer, en raison de l’engagement pris par son oncle Jean de Brosse -Bretagne de renoncer à tout droit à la couronne de Bretagne, et en rester là. Il n’en est rien. Elle nait à Lamballe – ville éminemment bretonne -, en 1562. Elle est la fille de Sébastien de Luxembourg-Bretagne, gouverneur de Bretagne de 1566 à 1569. Elle épouse en 1575, à treize ans, Philippe Emmanuel de Lorraine, duc de Mercoeur, beau frère du roi de France. Le comté de Penthièvre a été érigé en duché-pairie en 1569. Elle est baptisée en 1562, dans la cathédrale Saint Pierre de Nantes, dans un pompe quasi royale. Tout ce que compte le pays d’important est là : c’est une enfant du pays, descendante de surcroit de Jeanne de Penthièvre, duchesse de Bretagne de … à … Elle n’a donc rien à voir, de ce point de vue – malgré les alliances contractées par sa famille -, avec les souverains français détestés : on peut la considérer comme bonne bretonne, là ou le roi de France Henri IV et le roi d’Espagne (voir ci-après) sont résolument des étrangers. Elle est belle (on l’appelle ” la belle Nantaise “), intelligente, ambitieuse, habile, cultivée, raffinée. Elle sait se faire aimer, et est très ” populaire “. Elle crée autour d’elle une cour raffinée. Sincèrement pieuse, elle multiplie les oeuvres de bienfaisance, prend des mesures peut-être sincères, peut-être habilement démagogiques. Elle est habile, et mène ses affaires avec une grande intelligence.

Il est absolument HORS DE DOUTE qu’elle a ambitionné de rétablir la monarchie bretonne à son profit, même si, en politique avisée, elle a joué sa partie avec une très grande habileté et une grande prudence …plusieurs indices, qui équivalent à une certitude :

. Par son généalogiste N. Biré, qui s’exprime en son nom, elle affirme sans ambage ce qu’elle considère comme ses droits : elle est  » du sang ROYAL des VRAIS, ET LEGITIMES DUCS DE BRETAGNE « , étant la descendante directe de Jeanne de Penthièvre, duchesse de …. à … et de sn époux Charles de Blois, duc de Bretagne de … à … (Planiol, tome 5, note 34, très importante). Elle a toujours considéré – comme toute sa famille – que les Montforts, descendus de Jean IV – y compris Anne de Bretagne, donc -, ont été des usurpateurs.

. Même si son mari et elle-même sont (relativement) discrets sur leurs véritables ambitions – par stratégie et sans doute à cause de l’irrésolution du caractère de son mari -, ces ambitions sont connues et attestées d’un grand nombre de hautes personnalités (La Borderie, tome 5, page 7, note importante (n° 33) en bas de la page 17; nombreuses références citées par l’annotateur…)

. Son fils Louis étant né en1589, elle lui fait donner le titre de ” Prince et Duc de Bretagne “, ce qui est une signature IRREFUTABLE (Planiol, tome 5, page 17; note importante (n° 33) en bas de la page 17; nombreuses références citées par l’annotateur;  Alain Croix, L’âge d’or, page 58, mentionne le fait, sans aucune référence : regrettable !). Cet enfant étant mort à un an, elle réitère pour son fils François, lors de son baptême, en 1592. On ne donne pas ostensiblement de tels titres à ses enfants sans une intention claire et arrêtée, exempte de toute ambiguité.

L’université s’obstine, encore aujourd’hui, à soutenir que la Bretagne a accepté sa ” réunion ” à la France. C’EST FAUX. La noblesse, facteur que l’on a négligé dans tous les ouvrages, est farouchement anti-française à cette époque, même si elle fait mine, en soutirant titres, honneurs, pensions de l’occupant; à dire vrai, elle joue le double jeu; il n’y a aucun doute à cet égard. Mais, durant ce conflit meurtrier, tout le monde est prudent : les guerres brito-françaises de la fin du 15ème siècle sont dans toutes les mémoires, on ne sait qui sortira vainqueur des affrontements, désastreux comme toutes les guerres (Hervé Le Goff, page 321), et l’on juge qu’il est opportun de ne rien décider avant que la situation ne s’éclaire. Les déclarations de ” loyalisme ” à l’égard de la monarchie, à Rennes comme à Nantes,  sont de pure façade, purement politiques et attentistes. (Rien n’a changé sur ce point : les Bretons d’aujourdhui, sauf exception, ne se reconnaissent absolument pas comme Français, pas davantage que les Ecossais ni les Gallois ne se reconnaissent comme Anglais; beaucoup de Bretons se sentent offensés lorsqu’on les traite de Français; on imagine ce que celà pouvait être au 16ème siècle, deux générations après la honteuse annexion !). Telle est notre opinion, en tous cas, fondée sur la parfaite connaissance  du sentiment d’appartenance des Bretons pour leur pays, ceci depuis leur arrivée en Bretagne, et de leur haine des Français, collabos INCLUS. Les Bretons ont préféré la paix à la guerre, une relative tranquillité à un conflit ouvert avec la France, parce que celle-ci disposait de tous les moyens d’écraser la moindre révolte, que la Bretagne ne possédait plus d’armée, et que le prix de l’indépendance était beaucoup trop lourd à payer.

La partie est très serrée. Il faut jouer d’habilité, de prudence, et ….. ménager une porte de sortie, au cas ou l’on perdrait le combat. En face de la duchesse de Mercoeur et de son mari, il y a au moins deux autres autres “prétendants”, infiniment plus puissants qu’eux : Henri de Navarre – le futur Henri IV -, le roi Philippe II d’Espagne, pour sa fille (voir ci-après).

Le sort des armes décide de la triste fin de cette aventure. Contrainte par la nécessité – mais non de gaité de coeur -, elle négocie son ralliement à Henri IV en 1598, et obtient une énorme compensation financière (plus de quatre millions de livres !) (Ce qui, aujourd’hui encore, la fait juger par certains historiens comme une hypocrite, ce qui n’est pas démontré : à cette époque, et dans de telles circonstances, nécessité fait loi, négocier à son avantage n’est pas nécessairement synonyme de trahison). La Bretagne reste donc sous le joug de la couronne de France, jusqu’en 1789, ou, comme on le sait aujourd’hui, grâce à Internet qui permet enfin de parler vrai, elle connaîtra un destin bien pire.

L’université bretonne, négationniste depuis que les chaires sont entre les mains des marxistes ou de leurs séides se trompe : si le rapport de forces avait été favorable à la Duchesse, le Duché souverain eût été rétabli. Les Bretons, submergés par les forces militaires du roi français Henri IV, plient devant la loi du plus fort. Voila, en tout cas, notre version des faits : nous pensons qu’elle est bonne, ayant la prétention de bien connaître les Bretons, et la fierté du plus grand nombre d’entre eux.

BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE.

LE GOFF Hervé, La ligue en Bretagne, Rennes, PUR, 2010, 573 pages : érudit, mais touffus et quasi-ilisible, à force de détails qui dissimulent toute la forêt. On a pourtant un très grand besoin d’un livre excellent sur les guerres de la Ligue en Bretagne. On attendait de cet énorme volume des lumières: c’est un échec : aucun lecteur ne poursuit sa lecture jusqu’au bout (même moi !).

LA BORDERIE Arthur

CROIX Alain, L’âge d’or de la Bretagne (1532 – 1675), Rennes, 1993. Pages 52 et suivantes. Cet auteur, qui a soutenu une thèse (excellente, mais qui traite du 16 ème et du 17ème siècles, ce qui explique son ignorance TOTALE de la période ducale, outre son ignorance des concepts de  » nation « , d’  » Etat « , de  » traité « , d’hommage, etc. …), n’étant pas breton, ignore tout de la force du sentiment d’appartenance des Bretons. Il faut être breton pour savoir ce que cela signifie pour eux. D’ou des articles et des prises de position très regrettables, notamment sur l’annexion de la Bretagne par la France, Anne de Bretagne, etc. Une écoute attentive des autres, une plus grande ouverture d’esprit, surtout, une lecture attentive et approfondie de l’histoire des peuples de l’Antiquité, de l’Egypte pharaonique,  auraient permis d’éviter cela. L’histoire de la Bretagne ne peut et ne pourra JAMAIS être écrite par des étrangers. Il ne faut même pas qu’il s’aventurent sur ce terrain.

PLANIOL Marcel, Tome 5, pages 15 et suivantes.

RICHARD Manuella, Plaidoyer pour la famille de Marie de Luxembourg …, in Actes du colloque ” Nantes et le pays nantais au moment de l’Edit de Nantes “, tenu à Nantes le 19 avril 1999, par la société archéologique de Nantes. Presque tous les articles de ce colloque sont éclairants.

– L’INFANTE ISABELLE D’ESPAGNE, fille de PHILIPPE II, roi d’Espagne. Avec le recul, on peut se demander, avec curiosité, pourquoi Philippe II, roi le plus puissant de la chrétienté, riche de nombreux royaumes, pays, en Europe, et d’un très vaste empire colonial, s’est intéressé à la Bretagne, et a voulu faire de sa fille une Duchesse de Bretagne.

Les raisons sont politiques. Pour s’en tenir au plan dynastique, Philippe II a épousé en troisième noces la princesse Elisabeth de France, fille du roi Henri II. Or, Henri II est le fils de la duchesse Claude de Bretagne. Sa fille, l’infante Isabelle Claire Eugénie, est donc la petite fille de Claude, et, partant, l’arrière petite fille d’Anne de Bretagne ! Elle est donc la descendante directe de la ” tige royalle de Bretagne “. Au moment de la guerre de la ligue, Henri III, fils de Henri II, n’ayant pas de descendant, la couronne de France doit revenir à Henri de Navarre (le futur Henri IV), protestant. Celui-ci est un Bourbon,  et n’est pas le descendant des Ducs de Bretagne. On sait parfaitement, en Espagne, par quels moyens la Bretagne a été envahie, et par quels moyens crapuleux elle a été annexée par François Ier. On est parfaitement au courant des contestations nombreuses que les parents et les descendants des ducs de Bretagne ont initié à l’encontre des rois de France, et des procès ou revendications de Jean II de Rohan, de René de Brosse-Bretagne, de Jean de Brosse-Bretagne, de Renée de Bretagne, de Marie de Luxembourg-Penthièvre … Pour les juristes et théologiens espagnols, LE PRETENDU TRAITE DE 1532 est juridiquement nul. Pour la cour espagnole, la Bretagne n’est en aucun cas un pays lointain et inconnu, mais un allié ancien et ami. Les Espagnols ont été FERMEMENT HOSTILES au mariage d’Anne de Bretagne avec Charles VIII (thèse de Pélicier, page  …); les Espagnols ont combattu à Saint-Aubin-du-Cormier contre la France; de surcroît, Maximilien d’Autriche, roi de Rome puis Empereur du Saint Empire, arrière grand père du roi Philippe II, a été marié à Anne de Bretagne, et a porté le titre de Duc de Bretagne jusqu’en 1494. C’est dire si l’on suit avec attention les affaires de Bretagne, et si on les connaît particulièrement bien. Pour l’Espagne, la Bretagne N’A JAMAIS FAIT PARTIE DU ROYAUME DE FRANCE; le prétendu traité de 1532 est nul. Les prétentions de l’infante Isabelle sont donc aussi logiques que celles des autres prétendants. En tout cas, les droits d’Isabelle sont sérieux, ceux de Henri IV, huguenot et Bourbon sont NULS.

Les armées espagnoles s’installent en plusieurs points stratégiques de Bretagne (Blavet, Crozon …). La guerre de la ligue se termine par la victoire du roi de France Henri IV. Les Espagnols quittent la Bretagne, pour ne plus y revenir.

Comme on le voit, l’éradication des prétendants au trône de Bretagne par les Français a été particulièrement laborieuse. Encore ne parlons nous pas ici du Vicomte de Rohan, ni de Jean de Chalon, fils de Catherine de Bretagne, cousin germain d’Anne de Bretagne, neveu du Duc François II, et héritier du trône breton jusqu’à sa mort …

On a dit que la guerre de la Ligue n’a pas été, en Bretagne, une guerre séparatiste, les Bretons ayant seulement lutté pour la religion catholique, menacée par la religion protestante. A notre avis, cela ne traduit qu’une partie de la vérité : à cette époque – comme aujourd’hui -, il existe en Bretagne un sentiment anti-français  extrêmement puissant dans une partie de la population; l’annexion de 1532 s’est produite deux générations seulement auparavant, ce qui est peu. (C’est à cette époque, il faut le rappeler, que d’Argentré révèle dans son Histoire de Bretagne que la prétendue ” réunion ” a été extorquée par des moyens qui font que le prétendu contrat dit  » d’Union « , est juridiquement nul; voir Planiol, pages 12 et suivantes ….  ). Ni Marie de Luxembourg, ni son mari le duc de Mercoeur, ni le roi Philippe II ne peuvent l’emporter en Bretagne, pour des raisons militaires, en face de la puissance de la royauté française. Les Bretons se seraient volontiers débarrassés des Français, et auraient porté sur le trône leur propre souverain, s’ils l’avaient pu. Marie de Luxembourg aurait parfaitement fait l’affaire. Mais, instruits par les guerres et des malheurs passés, réalistes, ils ont adopté une position attentiste, et c’est sans joie qu’ils ont du accepter comme roi Henri IV, que rien ne rattachait à la dynastie princière de Bretagne, et qui, ni de près ni de loin, ne pouvait prétendre à rien en Bretagne, n’eût été la force de ses armées (les documents nous apprennent d’ailleurs qu’au début des évènements, il était prêt à renoncer à la Bretagne : Hervé Le Goff, page 85; c’était trop beau pour être vrai !).

…………………

Ainsi donc, il a fallu à la monarchie française PLUS D’UN SIECLE pour écarter les prétendants au trône de Bretagne, et non pas seulement deux mariages, qui n’ont rien réglé, pas davantage que le chiffon dénommé ” Traité d’Union ” … Le problème est bien loin d’être réglé.  Personne n’a jamais considéré que le Duché de Bretagne ait fait partie du royaume de France. De plus, on sait aujourd’hui qu’il n’y a pas eu de traité d’Union en 1532. La brutalité des ” révolutionnaires ” de 1789 a, si l’on peut dire, aggravé la situation : rien n’autorisait les furieux de Paris à supprimer les Institutions bretonnes, à y placer des gauleiters, et à la gouverner en ” direct “. La France n’est toujours pas chez elle en Bretagne; la Bretagne est gouvernée de l’extérieur, sauf pour des broutilles; en droit international, la France est puissance occupante, RIEN DE PLUS. Pour la curiosité des lecteurs, il existe encore, en 2012, des prétendants au titre de Duc de Bretagne, qui apparaîtront peut être au jour lorsque la Bretagne sera redevenue souveraine.

Planiol, p. 5 et sv.;     12 et sv.

2 – LA DESTRUCTION DES FONCTIONS DE PREMIER MINISTRE – CHANCELIER.

Pour bien comprendre la monstruosité que constitue ce nouveau tour de passe-passe, dont la France est familière, il faut se reporter à la défaite sanglante de la France par l’Allemagne, en 1940. L’Allemagne nazie aurait – sans doute – pu supprimer le gouvernement français et son chef : elle ne l’a pas osé, elle a laissé en place le maréchal Pétain, jusqu’à la fin de la guerre.

Ce que l’Allemagne nazie n’a pas osé faire, la FRANCE OSE LE FAIRE pour la Bretagne : dès le ….. les fonctions de premier ministre de Bretagne sont ABOLIES, c’est le chancelier français, Duprat, qui cumule les fonctions de chef des gouvernements français et breton (Morice …). La comparaison des deux situations comparables, lorsqu’on marque un arrêt pour en bien comprendre la portée, suscite une réaction d’HORREUR : quelle aurait été la réaction des Français si, en 1940, congédiant le président du conseil, le Chancelier HITLER s’était proclamé Premier ministre de France ???

La Bretagne avait depuis des siècles possédé, comme las autres Etats, un gouvernement, dénommé le CONSEIL DUCAL. Le conseil était dirigé – comme dans les gouvernements actuels -, par un conseiller principal, qui faisait fonction, aux côtés du Duc, de ” Premier ministre “. …

Bonvallet, p. 81

MELENNEC Louis, Mémoire de DEA …

Morice,

Planiol, t.5, p. 43, 44

3 – LA DESTRUCTION DU GOUVERNEMENT BRETON (1552).

Non seulement il était concevable que les deux pays coexistassent géographiquement avec un roi unique et deux gouvernements différents (le cas était fréquent à l’époque, par exemple lorsque les souverains de deux pays convolaient en mariage, les deux principautés continuant à se gouverner comme par devant, en conservant leurs institutions, leur législation, leur fiscalité …; les pays de l’Europe actuelle ont mis sur pied des institutions communes, mais sont gouvernées selon les modalités appartenant à chacun d’entre eux), mais encore, l’Edit de 1532 promettant d’une manière solennelle que rien dans les Institutions bretonnes ne changerait après cet édit, il était INIMAGINABLE que la France raye purement et simplement de ces institutions un organe aussi capital que le gouvernement.

Violant tous les engagements solennellement proclamés dans l’Edit de 1532, la France, maîtresse de tout, s’y prend avec habileté, perfidie et rapidité : elle a une fort longue expérience en la matière – plusieurs siècles au moins -. Tout lui est bon : conflits armés sans cause légitime; faux contrat (Louis XII et Jeanne de Penthièvre,  » contrat  » de mariage de Charles VIII et d’Anne de Bretagne achat des consciences; mensonges; concussion), le tout appuyé par une armée très puissante, à quoi se résume l’essentiel de ses arguments.

Dans un premier temps, le gouvernement ( le Conseil ducal) est dépouillé de toutes ses attributions gouvernementales ….

Dans un second temps, le Conseil est supprimé, en 1552 (Planiol, page 44, t. 5). Que peut faire la Bretagne, sans Chef, sans armée ? RIEN (M. Le Drian n’est pas encore né ! Et ce héros n’a pas encore trouvé sa vraie vocation, quoiqu’il en dise. Il est, depuis peu, membre du gouvernement français; que va-t-il y faire ???).

Sans souverain, sans gouvernement, UN PAYS N’EXISTE EVIDEMMENT PLUS : il devient serf de celui qui l’exploite.

Le gouvernement breton a donc subsisté, à l’état de coquille vide, pendant VINGT ANS seulement ! N’ayant plus aucun moyen armé de donner des coups aux Français, les Bretons, malgré leurs protestations violentes, doivent s’incliner. Cette infamie est CITEE dans les livres d’histoire, mais non pas commentée (à l’exception de Planiol, de Bonvallet, et de Louis Mélennec). C’est pourtant une étape CAPITALE dans l’histoire de l’assujettissement colonial de la Bretagne.

De 1940 à 1944, les Allemands, eux, n’oseront pas supprimer le gouvernement français, pas plus qu’ils n’ont osé supprimer le chef de l’Etat français : ce que les nazis n’ont pas osé faire, la France de François Ier l’a fait.

Bonvallet, p. 81; Planiol, t 5, p. 43 et 44; Morice, Pr. III, 1032, 1034, 1062-1064.

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C – LA PRISE DE CONTRÔLE DE L’EXERCICE DES POUVOIRS SOUVERAINS DE L’ETAT BRETON PAR LE PAYS OCCUPANT.

Dans l’Edit proclamé en août 1532, la France prend des engagements péremptoires : TOUT dans le Duché, fonctionnera comme du temps des ducs, DANS TOUS LES DOMAINES.

Nous avons vu ci-dessus que la France, en détruisant la dynastie, en supprimant les fonctions de Premier ministre-chancelier, en supprimant le gouvernement, rend impossible le fonctionnement de l’Etat  …  Très rapidement, le colonisateur s’empare de TOUS les pouvoirs étatiques, contrôlant d’une manière draconienne leur exercice, qui appartenait aux BRETONS SEULS, ET A EUX SEULEMENT, avant que la prédateur envahisse le Pays.

A – LE POUVOIR LEGISLATIF. LES ETATS DE BRETAGNE : la réduction drastique de leurs prérogatives.

Dans tous les pays du monde, de l’origine à nos jours, le schéma des ” institutions ” par lesquelles la communauté concernée se gouverne, comporte au moins deux ” étages “, irremplaçables : le Chef (roi, empereur, prince, duc, etc..); son conseil, qui tient lieu de ce qu’on dénomme aujourd’hui le “gouvernement”. Souvent, une ” Assemblée ” plus ou moins vaste complète l’édifice.Le gouvernement est d’autant mieux conduit qu’il y a équilibre et collaboration vraie entre le souverain et le conseil, à plus forte raison entre le souverain, le conseil, l’assemblée.

La Bretagne a construit peu à peu ses institutions, comme les autres pays. Le Duc-roi est reconnu dès le 9 ème siècle. Il a toujours eu des conseillers, un conseiller principal – le Chancelier, dénommé premier ministre dans les Etats modernes -, une assemblée. Le Parlement apparaît dans les textes dès le 11 ème siècle.  Dès cette époque, les trois rouages principaux sont attestés (le Souverain; le Conseil ducal; le Parlement général).

Avant les invasions françaises, globalement, le système fonctionne bien : le Duc impulse, commande parfois, le conseil conseille et gouverne, le Parlement général contrôle, critique, et est associé à TOUTES les décisions importantes (avec des exceptions, bien entendu). L’action gouvernementale est coordonnée et dirigée, le plus souvent, par le Chancelier, qui est l’équivalent des premiers ministres actuels. Les pouvoirs sont équilibrés……. Nous avons répété maintes fois – comme tous les auteurs dignes de crédit (Planiol, Bonvallet, Lobineau, Morice, Dupuy …..) combien exemplaire a été le rôle du ” Parlement Général de Bretaigne ” sous la monarchie ducale. Réunis, tous les deux ans par le commandement du souverain et du gouvernement bretons. La présence des députés, fait remarquable, est obligatoire (Planiol, tome 3, page 145), les absents sont frappés d’amende. Le Parlement vote les impôts, les lois, et est associé à toutes les décisions importantes prises par le Duché (la paix, la guerre, les Traités, les mariages princiers ..) (Planiol, tome 3, pages 149 et suivantes ….; tome 5 ….). Le pouvoir législatif n’appartient pas au Duc en propre, mais est  » partagé  » entre le gouvernement et les Etats, le consentement de ceux-ci étant nécessaire pour que les lois aient force obligatoire (Planiol, page 150, et la note 54). (

La France, en publiant un Edit en 1532 – Edit qualifié à tort de ” Traité d’Union ”-, n’est rien d’autre qu’une puissance occupante, au plan juridique -, concède à la Bretagne dont elle s’est emparée, malgré tout, une sorte de ” statut”. Ce n’est certes pas un ” contrat ” – car il n’y a eu AUCUNE NEGOCIATION FRANCO – BRETONNE. Mais les Bretons vont se servir de cet édit, qui proclame et garantit leurs droits, prérogatives et “liberté” d’une manière solennelle comme d’un bouclier protecteur, avec, il faut le dire, une habileté exceptionnelle, à tout propos, à tout moment, chaque année, chaque mois, chaque jour, pendant 257 ans, jusqu’à l’écrasement de 1789 (Planiol, ….; A. Le MOY, Remontrances du Parlement de Bretagne, Champion, Paris, 1909; Bonvallet Yves, Des contraventions au ” traité ” d’union, Tepac, Paris, 1942). C’est merveille de voir l’acharnement incroyable, l’obstination inouïe dont ils font preuve, sans jamais se lasser, sauf lorsqu’on leur envoie les armées françaises pour en tuer quelques milliers, comme en 1675, ou qu’on exile son Parlement loin de Rennes …), qu’on leur inflige des impôts encore plus lourds, qu’on emprisonne ou qu’on exécute ceux qui s’avisent de résister à la puissance prédatrice.

Ici encore, décennie après décennie, la France viole TOUS LES ENGAGEMENTS qu’elle a solennellement pris et proclamés dans le fameux édit de 1532, et met en place ses pions, tous français dans les grands postes, collabos notoires dans les fonctions subalternes, moyennant pour ceux-ci ce par quoi on asservit ceux qui ont vocation à l’être : des titres, des terres, des seigneuries, de l’argent, des pensions ……

Les Bretons perdent sous la domination française le pouvoir législatif, qu’ils exerçaient souverainement sous leurs Ducs (Planiol, tome 3, pages …). Il n’y a plus de dialogue ni de collaboration entre les Etats de Bretagne et la monarchie étrangère. Un nouveau système s’instaure : C’est le pouvoir central qui rédige les textes de loi; les députés bretons ne peuvent plus que juger de la conformité de ces textes avec les usages et les coutumes du Duché. Ils ont, en quelque sorte, un droit de veto – que la monarchie étrangère, d’ailleurs, contourne extrêmement  souvent, notamment en matière fiscale, en usant de menaces, de concussion, de pressions sur les députés, chaque fois qu’elle le juge utile à ses intérêts. On comprend que cette transformation change tout : sans Souverain légitime, sans gouvernement, sans initiative quant aux lois utiles ou nuisibles pour le pays, les Bretons ne peuvent plus se gouverner eux-mêmes, ils sont réduits à un rôle d’opposants. Certes, ils font preuve dans ce domaine d’une capacité exceptionnelle de résistance, d’une  » pugnacité  » rare – toutes les correspondances des gouverneurs et des Intendants – gauleiters le prouvent d’une manière surabondante s’ils en usent souvent à bon escient, ils en  abusent aussi, tant sont scandaleuses  les pressions qui s’exercent sur eux pour extraire de la Bretagne les ressources fiscales qui devraient être utilisées au profit du pays seul, et non déversées dans ce tonneau sans fond qu’est le budget français de Versailles, dilapidé pour le principal en dépenses inutiles. Ce n’est pas ainsi qu’on dote un pays d’un projet national, c’est de cette manière qu’on exploite une ferme, et qu’on l’épuise. S’opposer d’une manière permanente et systématique n’est pas gouverner. Mais les Bretons, pressurés de demandes incessantes de nouveaux impôts, humiliés de n’être plus de rien – collabos exceptés -,  ont-ils une autre alternative ? S’opposer, c’est, malgré tout, leur manière d’exister, et de faire comprendre aux Français QU’ILS NE SONT PAS CHEZ EUX. Ne plus être gouvernée selon ses intérêts propres – ce que les Ducs, malgré la légende répandue par les marxistes et les ignorants, ont assez remarquablement réalisé -, est l’une des causes principales de la lente décrépitude de la Bretagne, déshabituée, par l’occupation dont elle est victime, à s’interroger sur ce qui est utile au pays, mais seulement à mettre au point les moyens qu’ils doivent utiliser pour faire échec à toutes les initiatives royales. Le plus dramatique, est que toutes les initiatives venues de Versailles ne sont évidemment pas mauvaises : comme tous les pays, la Bretagne a besoin de réformes, qui eussent – SANS AUCUN DOUTE – été réalisées si, comme sous les Ducs, la Bretagne avait continué à bénéficier d’un gouvernement consensuel, c’est à dire normal.

Planiol et Bonvallet ont parfaitement  » démonté  » cette mécanique infernale, dont on ne trouve aucune analyse chez les historiens  » classiques « , qui n’ont aucune notion de ce qu’est la gouvernance d’un pays, qui relève du droit constitutionnel et de la science politique. Ce qui est dramatique pour l’écriture de l’histoire du pays.

Bibliographie sommaire.

Bonvallet

Planiol Marcel, tome 3, pages 149 et suivantes,

Rébillon Armand, Les Etats de Bretagne de 1661 à 1789, Paris, 1932, éditions Auguste Picard (825 pages très denses).

B – LA JUSTICE SUBORDONNEE AU POUVOIR FRANCAIS.

 Le problème de la subordination calculée, voulue, appliquée avec méthode par les Français est tout simplement EVACUE par M.M. Cornette, Croix, Minois, et autres négationnistes : comment pourraient-ils  parler d’un problème qu’ils ne connaissent pas ? Nous allons nous attarder sur ce point, si important pour comprendre ce qui se passe dans toute la Bretagne, à tous les niveaux, de 1491 à 1789.

 La justice du temps des Ducs est bien loin d’être parfaite (Planiol tome 3, pages 411 et suivantes). Elle est aussi désordonnée que celle des autres principautés de l’époque, et souvent arbitraire (les justices seigneuriales, notamment, très nombreuses, commettent de nombreux abus aux dépens des gens du peuple). Du moins les Bretons appliquent-ils le droit et les coutumes bretonnes, leurs juridictions sont les leurs, en aucun cas celle d’un quelconque pays étranger, les juges sont bretons, exclusivement; la justice est rendue en Bretagne au nom du Duc, alors que de l’autre côté de la frontière, en ANJOU et dans le Maine, elle est rendue au nom du roi : le Duc de Bretagne, dans son pays, est la source de toute justice, comme le roi de France dans son royaume (Planiol …. Carré ….). Le Parlement général de Bretagne, procède à un travail naturel de mise en ordre certes très lent, du travail des juridictions inférieures, puisqu’il juge en dernier ressort des affaires : comme ailleurs, les choses avancent à leur rythme.

Dès son mariage avec la Duchesse ANNE de BRETAGNE, Charles VIII prend des mesures drastiques pour subordonner la justice bretonne à la justice française.

Une série de  » réformes « , violant toutes les engagements souscrits par la France, modifient petit à petit la physionomie de la justice nationale bretonne, pour la rendre entièrement dépendante des rois de France :

(En cours de rédaction).

1 – LA DECHEANCE DU PARLEMENT, privé de son titre officiel. – La juridiction suprême de l’Etat breton est le Parlement. Dès la première annexion de 1491 par Charles VIII, le Parlement de Bretagne est « dégradé », et réduit, par la nouvelle appellation qui lui est hautainement donnée par la monarchie étrangère de Charles VIII, en  » Grands jours « . Ce type de juridiction, inconnu en Bretagne, a pour caractéristique d’être sous la totale dépendance du roi de France, qui en fixe les sessions, nomme ses membres, et, bien sûr, influe sur ses décisions – ne serait-ce qu’en y introduisant des magistrats à ses ordres .. Depuis des siècles, en matière de justice comme dans les autres domaines, la Bretagne – si l’on excepte les deux cas ci-après -, une souveraineté judiciaire totale. La  » dégradation  » du Parlement breton en  » Grands jours « , est une humiliation infamante, non seulement pour les magistrats, mais pour tout ce qui compte en Bretagne. D’Argentré et Planiol, décrivent la plaie saignante que les Bretons doivent supporter par l’arrogance de la puissance occupante, qui les prive de leur justice nationale, ancrée dans les siècles   (….).

Ce n’est qu’en 1554 que le Parlement breton retrouve son titre – mais non pas toute sa dignité, comme nous allons le voir.

2 – L’INTRODUCTION DE FRANCAIS, ETRANGERS A LA BRETAGNE, DANS LE CORPS DES MAGISTRATS DU PARLEMENT.

Dès après le mariage de Charles VIII avec Anne de Bretagne, en 1491, se produit l’impensable.

Bertrand d’Argentré, dans la première version de sa célèbre Histoire de Bretagne, commandée et financées par les Etats de Bretagne, soucieux de faire consigner par une main sûre l’histoire de la Nation bretonne, utilise des termes féroces,  qui expriment parfaitement ce que les Bretons ressentent à l’égard de l’occupant, et ce que sont, malgré le calme apparent, les relations foncières entre les envahisseurs et les Bretons, dominées par la haine et l’humiliation :

 » Le roi Charles VIII décida … de mélanger des fonctionnaires DE LA NATION FRANCAISE aux Bretons, pour que les choses se déroulent à son gré, et pour y avoir des hommes de sa forge « .  » En 1554 … se fit une mutation : par là, il entra au Parlement LA MOITIE D’ ETRANGERS, qu’on appelle plus agréablement des  » non originaires « .

 Il ajoute cette phrase terrible :  » Et voilà la brèche PAR LAQUELLE PASSA L’ENNEMI « . (Le lecteur attentif aura noté, sans aucun doute, que d’Argentré parle des fonctionnaires de la  » nation française, » qu’ils qualifie d’étrangers : ce qu’ils sont, et seront jusqu’en 1789; ce qu’ils sont encore en 2012, en droit international en tout cas).

(Planiol, tome 5, page 215).

 Après la réforme de 1554, sous Henri II – celui-ci est le fils de François 1er et de Claude de France et de Bretagne -, la situation est considérablement aggravée par les Français …

A côté de magistrats Bretons, siègent des ETRANGERS, authentiques et véritables magistrats COLONIAUX, tels que ceux que la France a instauré dans toutes ses autres colonies, en Europe comme Outre-mer.

 L’édit royal de Fontainebleau, daté du mois de mars 1553, restaure le Parlement avec son vrai titre. Mais des  » nouveautés  » incroyables sont intaurées :

Le nouveau Parlement comporte un Premier président, trois autres présidents, un Procureur général, deux avocats du roi, trente deux conseillers. Mais, fait STUPEFIANT, les étrangers français entrent en masse dans la composition de ce Parlement nouvelle mouture : le Premier président est français, les trois autres présidents sont français, seize conseillers sont également étrangers. Un avocat du roi est français, l’autre est breton. La nationalité du Procureur général n’est pas précisée par l’édit de Fontainebleau. Mais le Parlement de Paris met en garde le roi Henri II sur le danger qu’il y aurait à nommer dans ces importantes fonctions un breton, c’est à dire un  » originaire  » .

Il ne s’agit pas, comme le dit pudiquement LE MOY (page 8), de  » contenir l »élément breton par l’élément français « . Cette  » réforme « , qui bouleverse la composition et le fonctionnement de la juridiction suprême du pays, a pour but et pour effet de soumettre la justice nationale bretonne, à son plus haut niveau, au pays qui a annexé la Principauté. Le Premier président et les présidents des chambres, jouent un rôle considérable dans le fonctionnement et les décisions du Parlement (Henri Carré, pages 529 et suivantes).

L’influence des magistrats étrangers est désormais prédominante. Les Présidents – pas seulement le Premier président – détiennent des pouvoirs considérables. Ils ont la maîtrise du rôle (c’est à dire de la liste des affaires qui vont être jugées, de celles dont on va retarder l’instruction pendant des années, de celles qui seront classées, éliminées définitivement, ou envoyées au Parlement de Paris, pire, au gouvernement pour être  » évoquées « , c’est à dire jugées à Versailles …), la maîtrise des juges qui instruisent les affaires, la maîtrise de la conduite des débats, etc., etc. On comprend que ce pouvoir redoutable permet aux suppôts de la monarchie française de dicter ses décisions dans les affaires qu’en notre langage moderne on  dénomme des  » affaires sensibles « . C’est tout le fonctionnement de la Cour souveraine bretonne qui est frelaté par la nomination de ces étrangers, ce qui est loin d’être anodin.  (Ce type d’affaires, je l’ai dit et je le redit encore clairement, comme en ayant été le témoin pendant plusieurs décennies, existe encore, en 2012, dans la  » démocratie  » française).

De plus, mis en place pour cela, ils correspondent avec le pouvoir étranger, le mettent au courant de ce qui se passe dans la Cour et la Bretagne : pour être clair, ils jouent le rôle d’espions, comme d’ailleurs le haut clergé mis en place par le roi des Français (Henri Carré, page 331).

Si cela, joint au reste, ne s’appelle pas une colonisation de la justice bretonne par le pouvoir occupant, c’est que nous ne comprenons rien à rien.

Pour réaliser l’horreur que cela représente, il suffit d’imaginer, en 1940, des magistrats arrivant de Berlin, en uniforme allemand, occupant la moitié des sièges de la Cour de cassation et du Conseil d’Etat, et, dans les réceptions officielles, les défilés des corps constitués, précédant avec arrogance les magistrats français. Cela, en dehors du grand d’Argentré, peu d’  » hystoriens  » bretons l’ont écrit, – à ma connaissance du moins.

On imagine la FUREUR des magistrats bretons devant cette incroyable insanité, qui rabaisse ces êtres fiers à un niveau inacceptable. Les conflits sont perpétuels. Les magistrats du Parlement forment  » deux partis ennemis « , sans cesse en combat (Henri Carré). Les magistrats nommés par les Français sont tenus chaque fois qu’on le peut à l’écart; on ne leur adresse pas la parole; on leur dispute ouvertement la préséance qui leur a été attribuée par usurpation et abus de pouvoir; on leur intente des procès vexatoires; ils sont l’objet de tracasseries incessantes …. il arrive que les magistrats bretons quittent les séances, ou refusent de délibérer en présence des étrangers …. et inversement; les Bretons s’opposent avec férocité à l’installation de certains magistrats nommés par le gouvernement étranger … Henri IV, vainqueur de la Ligue, doit les prendre sous sa protection en 1607 … ( Sur tous ces points, ignorés jusqu’à ce jour du lecteur moyen breton, voir, en particulier : Planiol, tome 5, pages 210 et suivantes, et les notes, très importantes; Henri Carré, pages 529 et suivantes).

(Cette situation dure plusieurs générations consécutives. Par bonheur, les conseillers étrangers voient leur nombre diminuer durant les 17ème et 18ème siècles. Conscience des avanies auxquelles vont être confrontés les français qui oseraient s’aventurer dans ce pays hostile ? Ce retour à la bretonnitude du Parlement explique sa plus que fermeté, redevenu très majoritairement breton, à tout ce qui vient de France, et les conflits violents avec le gouvernement royal; LE MOY, page 9).

3 – L’HUMILIATION DU PARLEMENT DU PARLEMENT DE BRETAGNE PAR L’ATTRIBUTION DE PRIVILEGES AUX MAGISTRATS COLONIAUX FRANCAIS (Planiol, tome 5, pages 214,215, 220, 221, … Henri Carré, Essai sur le fonctionnement du Parlement de Bretagne après la ligue,   pages 3 et suivantes

Le rétablissement du Parlement, en 1553, se fait au prix d’un privilège exorbitant accordé aux  » non originaires « , c’est à dire aux Français : étrangers au pays, ils ont LA PRESEANCE SUR LES MAGISTRATS BRETONS ! (Planiol …. ; Carré ….).

De plus, comme dans toute pratique coloniale, les magistrats venus de France, quoique souvent inexpérimentés à cause de leur jeunesse, incompétents (il ne connaissent évidemment pas le droit breton, ce qui les conduit à commettre dans leurs décisions judiciaires des  » bourdes  » monumentales (Planiol tome 5, page  ..), non destinés à servir le pays, mais à s’en servir comme marchepied pour poursuivre leur carrière ailleurs, au bout de très peu d’années (mêmes références), ils se voient reconnaître des EMOLUMENTS supérieurs à ceux des magistrats bretons, qui, eux, ont blanchi sous le harnais, et qui, si l’on en croit d’Argentré, sont peu sensibles aux pressions et à la corruption, car c’est là l’une des caractéristiques de la psychologie bretonne – même si les exceptions sont assez nombreuses, et si la malhonnêteté existe en Bretagne comme ailleurs (Henri Carré, sur les gages : pages 152 et suivantes …).

 4 – L’ASSUJETTISSEMENT DE LA JUSTICE BRETONNE A LA JUSTICE ET AU DROIT FRANCAIS : l’appel; les évocations, et le  » committimus « ; les jugements rendus par les magistrats français.

– L’appel des sujets bretons devant le parlement royal de Paris. (Planiol, tome 5, pages …. 249 et suivantes,

Du temps des Ducs, dans deux cas limitatifs, les Bretons sont – en théorie -, autorisés à se porter en appel devant le parlement du roi de France : d’une part si le duché refuse de rendre justice à un sujet du Duc souverain (déni de justice), d’autre part lorsque les juridictions bretonnes se trompent gravement dans l’application de la règle de droit (défaute de droit). Cette situation n’a en aucun cas été voulue par les Bretons; mais elle n’est pas totalement injustifiée dans le monde féodal (il est assez normal que les Bretons puissent avoir un recours hors de chez eux si leur propre pays leur refuse la justice; le roi de France est lui même responsable devant Dieu, et il arrive qu’il soit condamné par la Papauté), et, de plus, a été imposée à Pierre MAUCLERC, français de France, lorsqu’il réalise ce mariage mirifique avec la Pricesse ALIX, duchesse de Bretagne, en 1213 (date à vérifier).

En fait, le Duché veille jalousement à ne permettre à AUCUN BRETON de faire appel à la justice étrangère du roi du pays voisin. Quiconque oserait se mettre dans cette situation – assimilable, en quelque sorte, à un acte de trahison -, aurait à en subir les conséquences. En 1485, ce  » cordon ombilical  » théorique, fort mince en réalité, avec le Parlement de Paris, est brisé : dans un acte célèbre, le duc François II, père d’ANNE de BRETAGNE, instaure un PARLEMENT TOTALEMENT SOUVERAIN : aucun cas, désormais, ne pourra être jugé hors de Bretagne, y compris dans les deux hypothèses très limitatives ci-dessus : toutes les affaires judiciaires du Duché se terminent et reçoivent leur conclusion définitive devant la juridiction suprême de la Nation bretonne.

Les Bretons ont toujours été très fermement attachés à leur justice nationale, et l’ont fait savoir, même après les invasions françaises de 1491, sans aucune interruption jusqu’en 1789 – après cette époque, comme on le sait, la France éternelle traite les oppositions par les armes, la prison, l’exécution et IMPOSE SA JUSTICE sans que les nations périphériques incluses de force dans ce qu’elle dénomme  » ses  » frontières y puissent RIEN, sans que leur avis soit sollicité (cela fait partie du régime  » démocratique  » qu’elle impose à tous : Basques, Béarnais, Corses, Alsaciens, Occitans, et autres races de Bretons …).

Tant sous Charles VIII, que sous Louis XII, même sous le roi – tyran François Ier, ils se font reconnaître ce droit immémorial qui les garantit du pays envahisseur : IL EST STIPULE, DE LA MANIERE LA PLUS FERME, DANS DES TEXTES FORMELS, REPETITIFS ET NON AMBIGUS (Bonvallet pages 86 et 87, …. Palniol, page …), QUE LES BRETONS – hors les deux cas précités -, NE POURRONT ÊTRE JUGES QU’EN BRETAGNE, PAR LEURS JUGES, PAR LEURS TRIBUNAUX, ET SELON LE DROIT BRETON.

La France n’est pas encore  » la Patrie des droits de l’homme « , mais elle en a déja toutes les moeurs. Des CENTAINES de documents attestent des violations par la France des engagements solennels et répétés pris par elle dans le domaine judiciaire. Elle se sert, d’une manière indécente, de plusieurs procédés :

– L’APPEL DEVANT LES JURIDICTIONS ETRANGERES FRANCAISES.

Puisque les rois se sont engagés, par des actes solennels, à ne pas  » attirer  » en France des Bretons pour les juger hors de chez eux par des tribunaux étrangers, il va de soi qu’ils ne devraient ni le faire, ni le tolérer …

Les choses changent dès le mariage de Charles VIII avec Anne de Bretagne, qui est célébré, rappelons le, en décembre 1991 …… Le roi de France s’affirmant comme la source de toute justice, en particulier dans ce qu’il dénomme ridiculement  » notre pays et duché de Bretagne  » (!!!), il n’y a plus de frein à ce que les Bretons, mécontents des décisions rendues par la justice bretonne, fassent appel – à la grande fureur des magistrats bretons, extrêmement soucieux de la souveraineté de leur justice nationale -, devant le Parlement royal de Paris. Ceci inaugure la subordination progressive de la justice bretonne à celle du pays voisin …

– LES EVOCATIONS ET LE COMMITTITUS. Nulle allusion à ces termes dans les ouvrages de M.M. Cornette, Minois, Croix, etc. Ils leurs sont inconnus ! Ce sujet a pourtant été longuement traité par Planiol, Bonvallet et d’autres auteurs …

Tous les pouvoirs absolus, totalitaires et non démocratiques, ont usé de procédés divers pour arrêter certaines procédures, et empêcher la justice de suivre son cours. (Nous avons exposé un certain nombre de ces procédés dans l’article …..). Toutes les affaires susceptibles de donner lieu à une procédure judiciaire en Bretagne DEVRAIENT être jugées en Bretagne, en raison des engagements solennels pris par les rois de France, jusqu’à 1789 inclusivement, et, à la suite des protestations innombrables des Bretons, des promesses non moins nombreuses de ces rois de ne plus  » tirer  » les Bretons hors de Bretagne pour les juger ….. Soustraire les affaires bretonnes aux Bretons, c’est d’abord les diminuer, les humilier, les mépriser, en rognant ostensiblement et illégalement leurs droits pluriséculaires. Surtout, c’est leur enlever l’occasion d’appliquer la loi lorsque des français résidant en Bretagne, des clients du pouvoir versaillais, les collabos, les affaires susceptibles de salir la monarchie et les turpitudes de ses protégés, celles des financiers chargés de collecter les impôts notamment. C’est encore les soumettre au droit français, alors qu’ils relèvent du droit breton. Ces affaires de pure complaisance, d’arbitraire judiciaire, de volonté de dissimuler les turpitudes des  » protégés  » du pouvoir, est l’équivalent de ce que l’on a vu à Paris, dans cette mirifique  » démocratie  » française, lors des  » classements  » illégaux par le procureurs de la république, agissant sur ordre – ou sous l’influence, ce qui revient au même -, de leur supérieur hiérarchique, le ministre de la justice …. Les agents nommés par la France peuvent en Bretagne se rendre coupables de moult turpitudes : en cas de procès, il y a apparence que quelque  » protection  » française fera  » attirer  » leur affaire à Paris ou à Versailles,, et qu’elles ne pourront être jugées par les Bretons.

Ces procédés d’ « évocation  » et de  » committitus  » étaient évidemment impossibles sous le gouvernement des Ducs. Ils se sont ensuite multipliés d’une manière considérable, en dépit des protestations réitérées des Etats et du Parlement de Bretagne, et des promesses quasiment toujours violées de la monarchie étrangère, qui usa et abusa, ceci jusqu’à la fin de l’ancien régime.

BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE.

BONVALLET Yves, Des contraventions …, pages 85 à 95. Etude très documentée.

PLANIOL Marcel,

…………………..

5 – LES VIOLENCES EXERCEES CONTRE LE PARLEMENT PAR  LE PAYS OCCUPANT. Les arrestations de magistrats, la concussion, les exils du Parlement, les exils des conseillers, les lettres de cachet, les menaces  ….. LA RESISTANCE FURIEUSE ET QUASI – ININTERROMPUE DU PARLEMENT DE BRETAGNE.

Les conflits de la royauté avec les Etats et le Parlement de Bretagne ont été INCESSANTS, et même PERMANENTS, de 1491 à 1789, particulièrement après 1750. Les ouvrages très motivés de LE MOY, REBILLON, FREVILLE, BONVALLET, PLANIOL, tous très volumineux et extrêmement documentés, sont une suite ininterrompue de l’exposé de ces conflits. Les contentieux ont augmentés d’une manière très importante durant le 17ème et le 18ème siècles, au point que le parlement de Bretagne, par son intransigeance, et par sa volonté de ne jamais accepter l’arbitraire, a souvent inspiré l’opposition des parlements du royaume de France à la monarchie, son audace très remarquable ayant souvent servi d’exemple à d’autres, au point même que dans les derniers temps de la monarchie française, il devient une sorte de  » leader  » de l’opposition parlementaire, et proclame  » son alliance offensive et défensive avec les autres Parlements  » (LE MOY, page 11; Fréville, tome 1, page 195 …).

Dans cette masse de conflits entre La Bretagne et la France, il est difficile faire un choix. Cependant, certains d’entre eux ont fortement impressionné les esprits, par leur brutalité, et laissent encore des souvenirs assez cuisants chez ceux qui ont pris la peine de s’informer de la vérité historique.

– LA SCISSION DE LA BRETAGNE A LA FIN DU 16 EME SIECLE. La création d’un deuxième Parlement breton, anti-français, à Nantes pendant les guerres de la Ligue.

Jusqu’aux guerres de la ligue, à la fin du 16ème siècle,  il n’y a pas eu d’opposition très violente des Bretons au pouvoir royal. Certes, celui – ci est détesté. Mais, outre le fait que la Bretagne n’a plus à cette époque ni gouvernement ni armée,  le roi de France se préoccupe essentiellement – ne possédant pas d’ administration performante centralisée -, de soutirer de l’argent à la Bretagne – avec une relative modération pendant tout le 16ème siècle -, et de lever des troupes pour ses armées. Les Bretons n’ayant plus d’armée ni de gouvernement propre, sont bien obligés de s’accomoder de cette situation. …. La guerre de la ligue voit une scission importante se produire. Contrairement à ce qu’on peut lire dans des ouvrages mal informés, même s’il est exact que le Parlement de Rennes – sans aucun doute par prudence, par crainte des mesures punitives à craindre si les soulèvements de la Fronde tournent à l’avantage du pouvoir royal étranger -, la grande majorité des magistrats membres du Parlement prennent fait et cause pour Marie de Penthièvre – Luxembourg et son mari le duc de Mercoeur, nommé par le roi Henri III, son beau-frère, gouverneur de Bretagne (Planiol, tome 5 pages 222; .. Le Parlement instauré à Nantes rend la justice de la même manière et dans les mêmes formes que celui de Rennes. (Henri Carré, le Parlement de Bretagne après la ligue, de 1598 à 1610, pages 18 à 36). Presque personne ne participe aux réunions du Parlement de Rennes, la majorité se rallie au Parlement créé à Nantes …

– LES MASSACRES DE 1675, PERPETRES PAR LES ARMEES FRANCAISES, sur l’ordre du roi LOUIS XIV. LA FRANCE SEME A RENNES LA DESOLATION DE JERUSALEM. Ces faits sont tellement connus, qu’ils ont suscité, en Russie soviétique, un ouvrage assez copieux, écrit par …On a voulu y voir les préludes, en France comme dans le monde, aux troubles, soulèvements et  » révolutions  » contre les pouvoirs totalitaires.

Les faits, une fois de plus sont singulièrement graves pour l’occupant français, directement cause de ces soulèvements en Bretagne, et des répressions abominables qui en ont résulté …

– La démission en masse du Parlement en mai 1675 (Planiol, tome 5, pages 222 et suivantes …Le Parlement préfère l’honneur à la soumission au roi de France …

– La menace royale de Louis XIV de supprimer les Etats de Bretagne, et d’enlever au pays tous ses droits immémoriaux (La Borderie, la révolte du papier timbré, pages 194 -197).

– L’exil du Parlement de Rennes à Vannes, en 1675 (Planiol, tome 5, pages 30, note 26, 223 ….; Rébillon …)… Cet exil va durer 14 ans ! Le Parlement n’est rappelé à Rennes qu’en 1689 … contre paiement d’une rançon de 500 000 livres au pouvoir royal étranger !

– L’interdit jeté sur le Parlement de Bretagne par les français – comme sur les Parlements du royaume de France – de présenter des Remontrances au pouvoir royal (Lavisse, Louis XIV, page 249; Le Moy, page 11). Le pouvoir de présenter des observations au roi de France, sous la forme de  » remontrances  » (jusqu’à la mort de Louis XIV et l’arrivée au pouvoir de son neveu et gendre le Régent, duc d’Orléans …..) n’est pas une prérogative anodine. Compte tenu de la manière dont les Bretons s’en servent, avec une obstination, une fermeté, une virulence souvent en apparence  » arrondie  » par les formules protocolaires introductives d’usage, telles que  » Nous présentons très humblement à Votre Majesté les observations qui suivent  » etc,), ce sont non seulement des critiques très vives que les Bretons adressent très régulièrement à la monarchie versaillaise, mais même des leçons de bonne gouvernance, des rappels de ce que sont les rois – des serviteurs de leurs peuples, même si l’on admet qu’il ont reçu l’onction divine -, de ce que sont leurs devoirs, qu’ils auront un jour à rendre compte de leurs actes lorsqu’ils comparaîtront, à leur tour, devant le créateur de l’univers … La violence de certaines remontrances est telle, qu’il est arrivé que le gouvernement de Versailles, courroucé et humilié, retourne le texte des remontrances au Parlement de Rennes, pour exiger une nouvelle rédaction plus respectueuse de l’autorité royale (Fréville, tome 1; A. Le Moy, Les remontrances, pages ….). Nous allons citer plus loin quelques extraits de ces remontrances, qui vont frapper de stupeur nos lecteurs, tant le ton, en forme de coups de massue, est violent, et tant les politiques bretons actuels sont devenus des limandes et des couleuvres rampantes face au pouvoir jacobin de Paris.

(Sur les remontrances en général, Fr. Olivier-Martin, Histoire du droit français, Paris, 1992, 1995, 2005, éditions du CNRS. Sur les remontrances du Parlement de Bretagne au 18ème siècle, A. LE MOY, Paris, 1909, éditions H. Champion. Les ouvrages classiques de Planiol, de Carré, de Rébillon, de Le Moy, et autres font mentions d’au moins plusieurs centaines au moins de remontrances, étalées pendant toute la période de la colonisation de la Bretagne, jusqu’en 1789).

–  Louis XIV étant mort en septembre 1715, LA RESISTANCE BRETONNE reprend dès 1716, plus forte que jamais (important : lire Queniart, pages 49 et suivantes) . L’effroyable répression de 1675 ayant massacré plusieurs milliers de Bretons, avec une sauvagerie inouïe, la Bretagne, effrayée par le pouvoir tyrannique de Versailles, se tient tranquille jusqu’à la disparition du roi de France. Cette période est d’un calme relatif, créé par la peur épouvantable de nouveaux massacres, et de voir Louis XIV supprimer purement et simplement la constitution de la Bretagne. On a pu dire, avec justice, que la répression de 1675 a mis le Bretagne à genoux. Elle ne va plus cesser jusqu’en 1789. En 1717, Les Etats de Bretagne ayant refusé de voter l’impôt ridiculement dénommé  » don gratuit  » par simple acclamation, et refusé en bloc toutes les exigences fiscales de Versailles, dans des termes très virulents (Fréville, page 188), le Parlement de Bretagne s’associe à cette opposition des Etats, en refusant d’enregistrer les décisions royales – c’est à dire d’empêcher qu’elles soient appliquées …… (Rébillon, pages 256 et suivantes).

– LA CONJURATION DE PONTCALLEC. – L’EXECUTION DE QUATRE RESISTANTS A NANTES, EN 1720.

L’affaire dite  » conjuration de Pontcallec  » peut aujourd’hui être écrite dans sa vérité : point besoin de se conformer au discours  » convenable  » de l’université, et de ceux qui, sans que personne leur demande rien, s’y conforment. Elle intervient dans un contexte dramatique pour la Bretagne.

Les négationnistes s’acharnent à minimiser cet épisode de notre histoire : ils dissimulent délibérément que ces insurgés, même s’ils furent peu nombreux à passer aux actes – en dépit d’un très large soutien de toute la Bretagne en mesure d’avoir une opinion sur la nature du régime tyrannique de la monarchie absolue de Louis XIV -, se sont révoltés CONTRE LES VIOLATIONS INCESSANTES DES DROITS DE LA BRETAGNE par le pays  » tutélaire « , et les abus scandaleux, véritables actes de banditisme, qui ont suscité tant de protestations violentes, depuis plus de DEUX SIECLES. Quel que soit le jugement que l’on porte sur les protagonistes de la conspiration de Poncallec, héroïques ou médiocres, ce complot est le témoin indiscutable de l’hostilité très violente de la Bretagne au pouvoir versaillais.

A la mort de LOUIS XIV, considéré par les Français, avec le recul du temps, comme un grand roi, la Bretagne est à genoux, et ruinée …

Au plan politique,  elle est réduite à rien. Les Etats de Bretagne, composés de représentants de la noblesses, du clergé, des villes, qui s’étaient illustrés par une capacité exceptionnelle de résistance aux diktats royaux, jusqu’à la prise de pouvoir de Louis XIV, à la mort du cardinal Mazarin, menacés de disparaître purement et simplement, et de sévères sanctions individuelles en cas d’actions hostiles au pouvoir de Versailles, se taisent et obéissent. Les Bretons avaient réussi, par leur obstination, à s’opposer à la nomination dans leur pays cet sorte de gauleiter civil qu’est l’Intendant : en 1689, le pouvoir royal impose la nomination de ce gauleiter – en la personne de Pomereu -, contre lequel les Bretons vont devoir se battre jusqu’en 1789. Les impôts sont votés sans discussion, les observations sont d’une timidité extrême, ses membres sont devenus des sujets passifs et obéissants, ce qui est une nécessité absolue pour survivre, non l’effet de la lâcheté. En 1689,  Planiol écrit à ce sujet :  » Le roi aurait pu détruire les franchises (les privilèges ou lois privées de la Bretagne) qu’il respectait si peu. Les Etats se sauvèrent par leur docilité, on pourrait presque dire par leur servilité  » (tome 5, page 30).

Le Parlement, cour de justice supérieure du Pays, est humilié de toutes les manières possibles, et mis hors d’état de nuire au pouvoir tyrannique du gouvernement central. Il est exilé à Vannes pendant 14 années, à la suite des soulèvements et des massacres de 1675. Il est privé de ce droit redoutable de faire des remontrances au roi, arme terrible dont il a usé avec une constance et une énergie remarquable. (Il ne retrouvera ce droit qu’en 1716, après la mort du tyran). Les lois françaises, qui n’étaient enregistrées dans le droit breton qu’avec une extrême réticence – et parfois jamais -, ne rencontrent plus guère d’opposition, car il faut obéir, sous peine de prendre des risques considérables. (Cette attitude passive vaut au Parlement breton d’être autorisé à regagner son palais de Rennes en 1789 seulement) ……

Au plan démographique ..

Au plan économique surtout, LA BRETAGNE EST RUINEE ……..

C’est dans ce contexte que des bretons – principalement des nobles -, se lèvent contre ce qu’a représenté pour le Pays cette oppression insupportable pendant près de soixante ans ….. S’agit – il de têtes  » brulées « , comme on l’a dit ? La Bretagne devait – elle s’aplatir davantage ?

Poser la question, c’est y répondre, dès lors que les causes de la révolte ont été exposées …

………………..

 Pour l’exemple, quatre gentilhommes sont décapités sur la place du Bouffay à Nantes, le 26 mars 1720 : M.M. de Pontcallec, de Mont-Louis, du Couédic, Lemoyne de Talhouët. Seize autres conjurés sont condamnés à mort par contumace.

La BORDERIE les désigne comme  » les derniers martyrs des libertés bretonnes « . Martyrs ils sont, par les causes qui les ont conduit à se révolter : les vrais coupables ne sont pas les Bretons qui défendent leurs droits contre les violations perpétuelles de l’occupant, lesquelles ont été dénoncées, plusieurs CENTAINES DE FOIS, avec violence, par les Etats et par le Parlement de Bretagne : ce sont les Français, qui ont rendu cette révolte inéluctable; c’est en France, en particulier à Versailles, qu’il eût fallu chercher les têtes à couper : mais ce sont les coupables qui détiennent la hache du bourreau, non les victimes. (Les négationnistes feignent d’ignorer les causes de l’affaire Poncallec; il y a apparence n’ont jamais entendu parler du tyrannicide, justifié dès l’antiquité par plusieurs auteurs, puis par l’Eglise elle-même). Les quatre victimes sacrifiées sont, au demeurant, bien loin d’être les derniers martyrs bretons. Les 5000 noyés de la Loire, les horribles massacres de 1793 – 1794 ont enrichi la Bretagne de très nombreux martyrs. De même les 200000 bretons tués dans les guerres mondiales ……… Par bonheur, alors que la France continue à nier le génocide brito-vendéen, qu’elle refuse d’envisager de transformer le mémorial de Nantes en mémorial du génocide, il existe une rue DU COUEDIC à Nantes, et l’idée qu’il sera impossible de s’opposer indéfiniment à la reconstruction du mémorial de Nantes, en y incluant les horreurs commises à Nantes par les Robespierre, les Carrier, et autres fous sanguinaires, fait son chemin, y compris au sein de la municipalité nantaise, fait son chemin).

BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE.

DURTELLE de SAINT SAUVEUR E., Histoire de Bretagne, tome 2, pages 128 et suivantes, éditions J. Plihon.

LA BORDERIE,

PLANIOL Marcel, Histoire des Institutions de Bretagne, tome 5, pages 29 et suivantes, et les notes importantes en bas des pages,  Mayenne, 1984. Si brèves que soient les allusions de Planiol à l’affaire Pontcallec, elles sont précieuses, comme tout ce qu’écrit l’immense juriste, le plus grand que la Bretagne ait produit.

FREVILLE

QUENIART Jean La Bretagne au 18ème siècle, Rennes, 2004, éditions Ouest -France, pages 27 et suivantes,pages 53 et suvantes.

– LA DEMISSION EN MASSE DU PARLEMENT DE BRETAGNE le 20 mai 1765 (Planiol, 224). Cest à l’occasion de l’affaire dite de la CHALOTAIS  que s’est produit ce fait exceptionnel …

L’INCROYABLE PANOPLIE DE LA FRANCE,  » mère des Arts, des Armes et des Lois « , POUR TENTER DE MATER LA BRETAGNE ET LES BRETONS.

 L’exposé savant et détaillé des auteurs précités (Rébillon, Le Moy, Carré, Fréville ..), ainsi que de Quéniart, notre contemporain ( ….), apprend au lecteur étonné, sinon stupéfait – contrairement à ce qu’enseigne l’université bretonne -, non seulement que l’hostilité des Bretons – dont tous les auteurs reconnaissent qu’ils appartiennent à un autre univers que les provinces françaises, cet  » univers  » n’étant rien d’autre que l’appartenance à une nation antique, antagoniste de la nation française, c’est à dire le sentiment national -, à l’égard de la france et de son gouvernement est féroce. » Ils ne tendent qu’à l’indépendance « , écrit le maréchal de Montesquiou, commandant en chef nommé par Versailles (cité par Queniart, page 54). Et que le pays occupant use de tous les moyens malhonnêtes à sa disposition, d’une manière répugnante pour réduire les  » têtes mal voulantes « , et les oppositions qui se renouvellent sans cesse, comme une hydre à sept têtes, qu’il ne sert à rien de décapiter, car elles repoussent aussitôt.

Le  » répertoire  »  de la France pour tenter de  » tenir  » les Bretons est incroyablement varié, et s’adapte aux circonstances : massacres militaires (Saint – Aubin – du Cormier : 6000 soldats de notre armée nationale massacrés par les armées de Charles VIII), menaces, intimidation, révocations, suppression des fonctions dont vivent leurs titulaires, destitutions, confiscation des biens meubles et immeubles, achat des consciences, corruption, pots de vin, emprisonnements, nomination de français ou de collabos dans les fonctions importantes, exils répétés des opposants, dissolution des corps constitués, lettres de cachet, exécutions capitales (dans l’affaire Pontcallec), interdiction faite à certains députés (jusqu’à plusieurs dizaines) de se présenter aux séances des Etats, interdictions faites à certains magistrats de siéger au Parlement, enregistrements forcés des lois françaises, pour leur donner force obligatoire, alors que, selon le droit, le consentement des Etats et du Parlement sont obligatoires, mise en recouvrement forcé des impôts illégaux, refusés par les Etats et le Parlement de Bretagne ….. A plusieurs reprises, les magistrats bretons sont sommés de se rendre en corps à Paris pour se faire  » laver la tête « , et recevoir les ordres du roi (Planiol, tome 5, page 224), ce qui constitue une humiliation abominable (seuls nos lecteurs bretons comprennent ce que nous écrivons ici) … A cela s’ajoute la menace, très réelle, de nouveaux massacres en cas de soulèvement de la population. Dans l’affaire Poncallec, qui ne réunit pourtant que peu d’insurgés, la France envoie en Bretagne une véritable armée : QUINZE MILLE SOLDATS !!! Les souvenirs des horreurs de 1675 sont dans tous les esprits. Avec raison : en 1793 -1794, la France commettra cet abominable génocide en Bretagne et en Vendée, qui est maintenant, grâce à internet, connu dans le monde entier. Comme le souligne Queniart (page 55), chaque grande famille a beaucoup à perdre d’un conflit durable avec la monarchie : le pays est donc solidement tenu, même si les individus concernés sont bretons dans l’âme, et solidement anti-français (confere : la situation de la Bretagne actuelle n’est pas différente : les Bretons, leur histoire étant enfin retrouvée, n’aspirent qu’à être débarrassés des Français; le peuvent-ils ?). Le rapport de force est très nettement en faveur de la France, c’est la clé de la situation. Pourtant, rien de cela ne décourage les Bretons, qui ne lâcheront jamais prise jusqu’à la fin de l’ancien régime, en 1789, époque à laquelle ils ont reconquis une véritable autonomie administrative, à force de résistance à l’arbitraire de la France (Après 1789, plusieurs dizaines de milliers de massacres, la mise à mort de la langue nationale, le lavage systématique des cerveaux, auront les effets que l’on sait : la liquéfaction des esprits, c’est à dire la Bretagne actuelle).

(Cette étude sera complétée).

BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE.

La littérature sur le sujet est très abondante ….. mais comme toujours non exploitée par l’université de Bretagne, qui, négationniste, se tient strictement à l’écart de ces sujets, qui devraient, au contraire, constituer une priorité, dans l’intérêt des jeunes générations.

BONVALLET

CARRE Henri, Essai sur le fonctionnement du Parlement de Bretagne après la ligue ..

CROIX Alain, L’âge d’or de la Bretagne, Rennes, 1993, éditions Ouest – France. Voir, en particulier, pages ….517 et suivantes, ..532 et suivantes (interdictions de commercer avec l’étranger …

EVAIN Brice, Deux héros … Ce mémoire, est cité ici comme ce que peut produire le négationnisme de l’histoire de Bretagne. Il a été inspiré par M. Gauthier AUBERT. Les thèses négationnistes sont connues : la Bretagne n’existe pas, le sentiment national breton n’existe pas, la Bretagne n’a pas été envahie en 1491, l’Edit de 1532 a été librement conclu entre deux Etats libres et consentants …… etc. La Bretagne, en bref, est un fantôme, une construction de l’esprit, l’histoire relatée par des archives colossales est PURE INVENTION. Personne ne soutient que la conspiration de Pontcallec ait été un évènement brillant : mais elle est un symptôme, par l’appel à l’Espagne, même s’il est le fait d’une petite minorité, par la cruauté et l’injustice de l’exécution de la place du Bouffay, un témoin supplémentaire de la violence des conflits franco-bretons. Il eût été bénéfique d’orienter les travaux de M. EVAIN dans des directions utiles à la Bretagne. Il a perdu beaucoup de temps, et M. AUBERT, en neutralisant son énergie dans une entreprise inutile, n’a apporté aucune contribution à l’histoire de la Bretagne.

FREVILLE Henri, L’intendance en Bretagne, Rennes, 1953, éditions Pilhon.

LEMOINE de la BORDERIE Arthur, …

LE MOY A. Le Parlement de Bretagne et le pouvoir royal au 18ème siècle, Paris, 1909, éditions Champion, pages 3 et suivantes ….

PLANIOL Marcel, Histoire …

QUENIART Jean, La Bretagne au 18ème siècle, Rennes, 2004, éditions Ouest – France. Pages 53 (affaire Pontcallec)

……………………….

 C L’ADMINISTRATION – LA NOMINATION DE GOUVERNEURS ETRANGERS EN BRETAGNE, ET DANS TOUTES LES FONCTIONS IMPORTANTES.

L’attribution des hautes fonctions politiques, civiles, administratives, judiciaires, militaires, à des français et à des collabos, commence et va de pair avec le dépeçage territorial des possessions de la famille de nos Ducs. Il est impossible de laisser ce chapitre sous silence, même si nous devons, par nécessité, ne l’évoquer ici que d’une manière très brève.

LES GOUVERNEURS (Planiol, pages 44 et suivantes) : DES ETRANGERS NOMMES PAR LE ROI DE FRANCE.

Comme toutes les colonisateurs du monde et de l’histoire, la France installe en Bretagne des ” gouverneurs “. Il s’agit, en fait, de ce que les Allemands nommeront beaucoup plus tard des ” Gauleiters ” ( le mot gauleiter signifie ” gouverneur “, des racines Leiter : chef, et Gau : pays).

Au début, tant que la Bretagne vit encore sur le souvenir très vif de son indépendance passée, et qu’il s’agit de la faire tomber dans l’escarcelle des Capétiens-Valois, le roi de France nomme aux hautes fonctions du Duché des franco-bretons, collaborateurs notoires, non pas vraiment acquis aux Français – ils sont à vendre, il suffit donc de les acheter -, mais soucieux de leurs intérêts, c’est-à-dire de cumuler les pensions, les titres, les terres. On retouve donc dans ces fonctions les Rohan, les Chateaubriand, les Laval et quelques autres du même acabit.

Mais celà dure peu : à partir de la mort de la Duchesse Claude, en 1524, puis de l’annexion de 1532, les Bretons ne sont plus nécessaires dans ces fonctions : il s’agit, maintenant, de faire plier l’échine de cette nation fière et rebelle (on n’a pas encore osé imaginer la diabolique invention de ” Conseil régional “, qui plie sans qu’on lui demande rien, car il est composé – pour partie au moins – de clients attitrés du pouvoir parisien, même si la plupart de ses membres, en leur for intérieur, ont la fibre bretonne indiscutable) : TOUS CES GOUVERNEURS – GAULEITERS SONT FRANCAIS. Comme dans toutes les colonies françaises d’Afrique, d’Asie, d’Amérique, etc. : c’est la loi du genre, elle est universelle pour toutes les colonies du monde. Quelques-uns descendent – plutôt moins que plus – des anciens ducs de Bretagne. Pour autant, ce sont des français bon-teint, qui doivent tout à la couronne de France, et qui sont des négociateurs habiles pour arrondir leur considérable magot, n’ayant aucune velléité de déplaire à leurs maîtres les rois de France, ni de perdre les avantages et prébendes que leur valent leur cupidité et leur soumission. Devinette : de qui parlons nous ici ?

Leurs fonctions sont essentiellement militaires, du moins au 16ème siècle (Planiol, tome 5, page 48). Puis, on leur interdit de résider en Bretagne, car l’envie pourrait leur prendre de vouloir se constituer une Principauté pour eux tous seuls, comme le voulut le duc de Mercoeur, l’époux de Marie de Luxembourg – Penthièvre – Bretagne, dite la  » belle nantaise  » (Planiol, page 49).

La liste des gouverneurs n’est pas surprenante, elle est stupéfiante. On nomme dans ces fonctions des proches parents du roi de France, ou, le cas échéant, des personnages considérables, occupant des fonctions importantes dans l’Etat français. Parmi eux :

– Philippe Emmanuel de Lorraine, duc de Mercoeur, beau frère du roi Henri III

– César de Bourbon, duc de Vendôme, batard du roi Henri IV

– Le cardinal de Richelieu, premier ministre de Louis XIII,  en exercice de … à ..

– Anne d’Autriche (!), veuve du roi Louis XIII

– Le comte de Toulouse, batard du roi Louis XIV

– Louis, duc d’Orléans, petit fils de Louis XIV, et fils du Régent du royaume après la mort du roi.

On ne peut, en vérité, être moins bretons que tous ces personnages : tous sont l’émanation et les représentants du pays occupant. De plus, comme ils ont l’obligation de vivre à la cour, à proximité du roi, ils ne présentent plus de danger d’accaparer la Bretagne pour en faire un Etat, à la tête duquel ils ils se feraient couronner Ducs souverains. Je n’ai pas retrouvé le décompte des millions de livres que leurs fonctions leur ont rapporté, puisés dans les impôts des Bretons : ce point mérite d’être élucidé (voir cependant : Planiol, tome 5, page note 24 : 80000 livres en 1671, agrémentés, plus que probablement, de dédommagements  » collatéraux  » tels que pots de vin, détournements, etc.).

OLIVIER – MARTIN Fr., Histoire du droit français, Pages 569 et suivantes.

PLANIOL Marcel, tome 5, pages 44 et suivantes. Peu de pages, mais cinglantes.

LES INTENDANTS.

Qu’est-ce qu’un intendant ? C’est une sorte de gouverneur civil, désigné par le roi de France, résilié par lui, ne devant de comptes qu’à lui, quelque chose qui s’apparente à un  » super préfet « , ou à un préfet de région.

La liste des intendants (Planiol, tome 5, pages 44 et suivantes). La Bretagne est la dernière nation sous l’emprise du royaume de France qui ait été contrainte d’accepter la présence – par le rapport de force -, sur son territoire. Les intendants nommés, d’ailleurs, sont loin d’être des personnages médiocres, incompétents, ou dépourvus de bonne volonté. Mais les BRETONS N’EN VEULENT STRICTEMENT PAS. Pour eux, outre le fait qu’ils centralisent la politique fiscale du pouvoir royal, ils SYMBOLISENT LA PRESENCE DE LA PUISSANCE ETRANGERE sur le sol breton (Planiol, pages 50 et suivantes). Ce qui est vrai : ce sont des étrangers, au service d’un pays étranger. Ils actionnent la  » pompe à phynances  » (selon l’expression savoureuse d’Alfred JARRY), même s’ils essaient aussi d’être de bons administrateurs.  » Ce sont des commissaires qui ne connaissent ni loi ni justice « , dit – on. L’intendance est  » un simple atelier, un bureau de finances et de rapines  » (Jean DELUMEAU, page 305). En clair : ils sont les antennes du pays honni en Bretagne, qui drainent vers Versailles une partie importante des ressources du pays. C’est ainsi qu’ils sont ressentis, même si certains sont de remarquables administrateurs, ou auraient pu l’être, si le contexte avait été différent, s’ils avaient été Bretons de Bretagne, s’ils s’étaient contentés d’administrer le pays dans son intérêt, et s’ils n’avaient pas été chargés de ponctionner les finances bretonnes pour les acheminer vers l’étranger. Voler les ressources du pays, et gérer d’une manière réellement utile sont deux rôles incompatibles. (A leur actif, toutefois : la volonté de répartir équitablement les fonctions de députés en augmentant l’importance du tiers – état aux dépens de la noblesse, surpuissante et surreprésentée, de diminuer l’insupportable pression fiscale qui pèse sur le peuple, pour la transférer sur la noblesse et le clergé (Queniart, page 115 …).

La  » coexistence  » des Bretons et des Intendants est un combat perpétuel, une guerre des tranchées, dans lesquels chacun tente de marquer des points aux dépens de l’adversaire. Après la mort de Louis XIV, surtout de 1750, les Bretons deviennent les plus forts à ce jeu, ce qui, pour autant, est loin d’être une victoire glorieuse. Un pays qui fonctionne sur l’antagonisme des l’occupant et de l’occupé, N’EST EN RIEN UN PAYS GOUVERNE sainement. Au plan fiscal, par exemple, nombre d’impôts, lorsqu’ils sont réfléchis, voulus par un gouvernement responsable, et consentis par une assemblée représentant le pays, sont une nécessité, et permettent des investissements fructueux … (Rappelons que du temps de l’Indépendance, les Ducs souverains ne peuvent décréter et prélever les impôts de leur propre autorité : ils doivent être consentis par le Parlement général de Bretaigne ( = les Etats), de même que toutes les lois importantes, la guerre, la paix, la politique étrangère …. Voir Planiol, tome 3, ….. ).

Les Intendants, en dépit de leurs fonctions officielles et du rôle qui leur est assigné par le pouvoir central, ne parviendront JAMAIS à s’imposer en Bretagne. Les Bretons ne cesseront de leur infliger des vexations, et même refuseront de les désigner par leur titre officiel : il ne seront jamais désignés en Bretagne que sous l’appellation de  » commissaires départis pour l’exécution des ordres du roi « .  A la veille de la révolution, ils n’osent quasiment plus se manifester, craignant pour leur vie, et donnent même l’impression de ne plus exister ( En 1788, par exemple, l’intendant Bertrand de Molleville, s’estimant  » dans l’impossibilité de faire respecter l’autorité du Roi « , et même  » en danger de perdre la vie « , doit quitter Rennes nuitamment; Queniart, pages135 et suivantes)  … Ce qui est la vérité : à la veille de la  » révolution  » dite » des des droits de l’homme « , la Bretagne, faute d’indépendance, a reconquis de larges pouvoirs d’autonomie.

L’histoire ininterrompue des conflits, souvent violents, parfois sanglants, entre les Bretons et le gouvernement royal de France rend RIDICULES, entre autres, les assertions de certains auteurs auteurs universitaires, qui prétendent, copiant et recopiant LA BORDERIE – lequel LA BORDERIE reste un grand historien par ailleurs -, que les Bretons ont aimé les rois de France, qu’ils ont été leurs  » sujets les plus fidèles et les plus dévoués « , et autres fadaises. Les formules en apparence respectueuses utilisées par les Bretons dans les actes officiels, dans les requêtes, dans les remontrances et autres observations, ne traduisent que la nécessité de se prémunir contre les coups, qu’une insolence trop marquée leur attirerait inéluctablement. C’est aussi de l’ironie, mais au second degré : dire au roi de France, dans des « remontrances », qu’on l’aime, qu’on le respecte, qu’il est le père de ses sujets, etc …, puis, dans le corps du texte qu’on lui adresse, lui donner des coups redoublés – fût-ce dans un style très littéraire et protocolaire -, c’est vraiment se moquer de lui ! TOUTE LA FRANCE A DETESTE SES ROIS, sauf quelques-uns, qui méritèrent en effet d’être aimés : prétendre que les Bretons sont les seuls à les aimer, alors que leurs agents leur dévorent la laine sur le dos pendant deux siècles et demi, cette fois, c’est se moquer des Bretons !

Bibliographie sommaire.

La littérature est pléthorique sur le sujet, jamais lue par personne, y compris les universitaires, que l’histoire des Institutions N’INTERESSE PAS. Pourtant, cette littérature est de grande valeur, et permet de comprendre parfaitement l’antagonisme irréductible entre les Bretons et les Français, deux nations dressées l’une contre l’autre, l’une disposant de moyens considérables, l’autre réduite à des techniques défensives, obstinées mais dépourvue de moyens réels.

FREVILLE Henri, L’intendance en Bretagne, Rennes, 1953, éditions Plihon, trois tomes, soit … 418 pages pour le tome 3). Travail remarquable, fourmillant de détails précieux, mais trop dense, trop touffus, mal présenté, sans guère de conclusions de synthèse, et sans analyse politique qui vaille. A l’époque de la parution des ces ouvrages (1953), la Bretagne a le sentiment d’être française, sans retour, écrasée par le lavage mental opéré par  » la  » République. Le discours de Fréville est donc, quoique précieux, très  » convenable  » pour l’époque, et irremplaçable.

PLANIOL Marcel, tome 5, pages 44 et suivantes

QUENIART Jean, pages 111 et suivantes (citations précieuses).

LE HAUT CLERGE, NOMME PAR LES FRANCAIS, LEVIER PUISSANT DE LA COLONISATION.LA PRISE DE POSSESSION DES NOMINATIONS DES EVÊQUES, DES ABBES, DES NOMINATIONS AUX BENEFICES.

Si le ” bas-clergé ” de Bretagne a toujours été – globalement -, résolument breton – ceci jusqu’au 20 ème siècle -, le ” haut-clergé ” a toujours été non pas pro-français, mais FRANCAIS, très rapidement après la mort d’Anne de Bretagne.

Les gouvernements ducaux avaient veillé, jalousement, à ne nommer ou à ne laisser nommer en Bretagne – sauf à de rares exceptions -, que des Bretons. L’Edit de 1532, dénommé fallacieusement ” Traité de réunion “, par lequel la France s’oblige à ne nommer en Bretagne en qualité d’évêques et d’abbés que des ” originaires “, est honteusement violé, jusqu’en 1789 : ne sont nommés évêques et abbés en Bretagne QUE DES FRANCAIS, à de très rares exceptions près (thèse de Yves Bonvallet, page 212). Choisis par faveur dans l’entourage du roi français, de ses ministres, et des personnages influents de la Cour, ces évêques sont des AGENTS PUISSANTS de la colonisation : ils sont maîtres des promotions et des fortunes du clergé local dans leurs diocèses, agents de renseignement; ils veillent à la ” conformité ” des prêches du dimanche aux ” masses populaires “, en faveur de leur Maître le roi des Français; ils font peser lourdement, par le magistère dont ils sont chargés, une pression intellectuelle ininterrompue sur leur entourage, à laquelle il est impossible de se soustraire; leurs manières déliées, raffinées, apprises dans les familles dont ils sont issus et des milieux gouvernementaux qu’ils fréquentent, renvoient sans cesse aux Bretons leur image négative de ploucs provinciaux, car c’est désormais le seul rôle qu’ils sont autorisés à jouer. Le ” maillage ” en faveur du pouvoir étranger, s’étend au bas clergé, par le canal de l’évêque : les recteurs de paroisses, dont le rôle augmente au 18 ème siècle, lit les principaux textes émanant du gouvernement de Versailles à la messe du dimanche, est chargé de faire des enquêtes (individuelles ou sur des sujets plus vastes), les transmets à sa hiérarchie, etc. il diffuse ” la bonne parole ” du roi de Versailles, fait prier pour lui chaque fois que nécessaire, et, écrit le Professeur Quéniart, enseignant à l’université de Rennes, peu soucieux de partialité, est un ” informateur “, une manière d’espion, en quelque sorte (voir ci-après) . Ce point est connu, mais à notre connaissance encore peu développé dans les publications historiques : magnifique sujet de thèse pour notre Université, lorsqu’elle sera redevenue bretonne !

Ainsi donc, il est clair que dès après la mort d’Anne de Bretagne – en tout cas dès le faux traité de 1532 -, TOUTES LES FONCTIONS IMPORTANTES en Bretagne, ont été confiées à des étrangers français, nombre d’entre eux parents ou prochement apparentés à la famille du roi de Versailles : LES BRETONS SONT FERMEMENT ET VOLONTAIREMENT EXCLUS de la gestion de leur pays, MÊME LES COLLABOS, dont on se méfie car, quoique s’étant rangés du côté du manche, le grand nombre reste fondamentalement breton. Après l’annexion de 1532, aucun grand seigneur ou personnage breton n’a occupé – si ce n’est par accident -, la moindre fonction importante en Bretagne. Cette ERADICATION des Bretons du gouvernement de leur propre pays est tout à fait remarquable, et jamais assez soulignée.

Si cette politique n’est pas une politique coloniale, qu’est-ce donc ?

BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE.

DELUMEAU Jean, Histoire de la Bretagne, Toulouse, 1969, éditions Privat.

 PLANIOL Marcel, Histoire, p. 44 et sv.

QUENIART, La Bretagne au 1ème siècle, Rennes, Editions Ouest-France, 2004, page 213.

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D – L’EXPLOITATION DES RICHESSES BRETONNES AU BENEFICE DE L’ETAT COLONIAL.

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L’APPAUVRISSEMENT PROGRESSIF DE LA BRETAGNE.

Ce phénomène est encore imparfaitement connu, des Bretons, même si les thèses publiées sont énormes, et déja très suffisantes ( Bonvallet, Planiol, Rébillon, Moy, etc.). Les causes du dépérissement de la Bretagne, à partir du règne effectif de Louis XIV sont multiples.

La Bretagne, exploitée comme une ferme, perd le principal de sa liberté de commercer avec ses alliés traditionnels (toiles, sel, vin ..) … Elle s’appauvrit progressivement, et perd sous la puissance colonisatrice, tout son dynamisme …

Un auteur connu pour son travail de dénigrement de la Bretagne (Alain CROIX, avec qui j’eus, au début de mes réflexions sur ce grave problème, dont je ne comprenais pas encore la cause; cf sa responsabilité dans la catastrophique exposition au château ducal de Nantes, m’expliqua (au téléphone), qu’après une période brillante, la Bretagne a connu une déchéance dont elle est à la fois la cause et l’effet. Cet auteur m’expliqua que, alors que des puissances commerciales se manifestaient avec force en différents points de l’Europe(l’Angleterre, la Holande, le Portugal …), la Bretagne, devenue incapable de faire face à ce défi, N’A PAS SU PRENDRE LE TOURNANT, et triompher de ses concurrents : ce pays MEDIOCRE s’est coulé par ses propres insuffisances.

En réalité, si l’on se place délibérément dans l’optique de l’histoire des pays, des nations, du mécanisme de fonctionnement des sociétés, la cause du dépérissement progressif de la Bretagne n’est que trop clair : il porte un nom : LA FRANCE, et ses actions maléfiques. Plusieurs de ces actions sont mentionnées ci-après :

1 – La première cause est l’ANEANTISSEMENT DE L’APPAREIL D’ETAT DE LA BRETAGNE. Une nation qui perd son souverain, son premier ministre, son gouvernement, N’EST PLUS RIEN. Un pays, c’est comme un cheval conduit par un cavalier : le cavalier figure le souverain et son gouvernement, le cheval, c’est le pays dans toutes ses composantes. Après la mort d’Anne de Bretagne, le pays n’est plus gouverné par son souverain légitime, et, dès lors, N’A PLUS DE PROJET NATIONAL, et est privée des moyens d’en concevoir et d’en avoir.

2 – La seconde est le drainage des ressources fiscales bretonnes, LA VAMPIRISATION de ces resources vers le gouvernement étranger de Versailles. Certes, du temps des Ducs, les prélèvements fiscaux au bénéfice de la cour étaient importants (un tiers environ des impôts). Mais cet argent ne quittait pas le pays. Le duc, dont le train était royal et fastueux, redistribuait cet argent à son entourage, ses officiers, ses serviteurs, aux corps de métiers qui travaillaient à son service. Une partie importante était redistribuée à ses vassaux, sous la forme de pensions et de rétributions de différentes sortes, qui en faisaient usage de la même manière. La distribution de grosses pensions aux nobles et au clergé a toujours paru – et été – scandaleuse, se faisant aux dépens du peuple tondu et dépecé. Mais c’est aussi un instrument de gouvernement. Les Ducs maintenaient le pays dans un calme relatif, en redistribuant à des Bretons une partie des revenus que leur procuraient les impôts. Lorsque la France installe ses hommes dans les fonctions importantes, c’est à des français – à quelques familles collaboratrices également – que cet argent volé aux Bretons est donné : il quitte donc le territoire national pour aller s’investir en terre étrangère …

  Des universitaires éminents ont poussé leurs recherches, dans ce domaine, fort loin. Il n’est pas question de reprendre ici ce qu’ils ont écrit, qui remplit d’épais volumes : on est donc, d’ores et déjà, très bien renseigné, même si de nouvelles thèses sont à écrire, lorsque les circonstances le permettront. Il s’agit seulement de fournir quelques chiffres, sauf à se perdre dans le marécage des vols et des détournements opérés aux dépens de la Bretagne, de 1514 (mort d’Anne de Bretagne) à 1789. Ceux qui voudront compléter leur information auront les moyens de le faire, en dépouillant les ouvrages de Planiol, de Le Moy, de Rébillon et autres ..

Certes, une partie de l’argent récolté par les impôts directs ou indirects reste en Bretagne. Notamment les fortes ” pensions ” versées aux ” grandes familles ” (prélevées sur les deniers bretons, bien entendu), comme nous l’avons dit, que l’on tient ainsi en état de ” docilité ” permanente …Mais celà n’enlève rien à ce qui vient d’être écrit ci-dessus.

Bonvallet, p. 99

3 – LA TROISIEME EST LA RUINE DU COMMERCE INTERNATIONAL BRETON. Des obstacles quasi insurmontables, des restrictions de toutes natures sont mis en place pour empêcher la Bretagne de commercer avec les autres pays d’Europe. C’est un phénomène archi-connu de la colonisation : le pays conquis, n’ayant plus d’ambassadeurs, ni de vie internationale, devient la proie économique du colonisateur : les frontières, devenues celles de l’occupant, le colonisé étant privé de son gouvernement et de son Souverain, interdit de conclure le moindre traité international, militaire, commercial, passe sous la totale dépendance du pays qui s’est emparé de lui …….

La Bretagne a tiré sa prospérité, durant les 15ème,16 ème et 17ème siècles (jusqu’aux guerres de Louis XIV), largement, de son commerce maritime, et de l’exceptionnel privilège que lui confère sa situation géographique de communiquer avec les puissances européennes. Il y a eu des phases fastes, d’autres moins brillantes (Touchard). Mais dans l’ensemble, elle a su tirer le plus grand profit de ses atouts maritimes, de sa flotte, de sa vocation naturelle, de la hardiesse de ses marins, et de la politique de ses Ducs, résolument tournés vers le dehors et les alliances tous azimuts. … La politique belliqueuse et expansionniste de la France de Louis XIV conduit la France à s’engager dans des conflits armés quasi-continus, pendant toute la durée du règne de ce monarque ambitieux. Si la Bretagne n’avait aucune vocation à s’engager dans les deux derniers conflits mondiaux, qui lui ont tant coûté, par la faute de son voisin de l’Est, elle n’avait non seulement aucun intérêt à entrer en conflit, après son annexion, avec l’Angleterre, l’Espagne, le Portugal, ….., mais au contraire de s’entendre avec toutes ces puissances, ce qu’elle a tenté de faire avec succès pendant longtemps, ce qu’il lui a été INTERDIT de faire dès lors que la France est entrée en conflit avec ces pays  …

. Les obstacles créés par la France pour l’exportation des TOILES BRETONNES .. L’industrie de la toile de lin et de chanvre a constitué pour la Bretagne une activité extrêmement  importante, du 15ème au 17ème siècles,  occupant une main d’oeuvre nombreuse, procurant au pays des ressources très élevées, dont les chiffres, rapportés au budget de la France, élément de comparaison très éloquent, surprennent. Cette activité, de niveau industriel, même si les unités de production sont souvent petites, mobilise des capitaux considérables, qui se chiffrent par millions de livres. Les toiles sont exportées dans de nombreux pays, du nord au sud de l’Europe, notamment aux Pays – Bas, en Angleterre, au Portugal,en Espagne, et, par là, aux Amériques. Le marché anglais, partenaire souvent privilégié de l’Armorique, puis de la Bretagne, revêt une importance toute particulière. Cette prospérité extraordinaire enrichit certes les particuliers, les commerçants, les transporteurs, mais permet aussi de financer des travaux très importants, en particulier la construction d’ églises, d’ enclos paroissiaux, les décorations somptueuses des églises, de manoirs et de châteaux, qui ont survécu à cette époque, en particulier dans le Léon et en Cornouaille.

La France étant en conflit tantôt avec un pays, tantôt avec l’autre, souvent avec plusieurs d’entre-eux – Hollande, Angleterre, Espagne …-, prend des mesures pour interdire l’exportation des toiles vers ces pays. L’état de guerre incluant la Bretagne, malgré elle, dans les conflits français, les ennemis de la France incluent la Bretagne parmi leurs ennemis, alors que celle-ci n’a aucun contentieux avec eux.  Assimilée à la France, ses clients traditionnels se détournent d’elle. Lorsque les conflits cessent, les pays en cause ont trouvé d’autres fournisseurs, et se sont mis à fabriquer les produits qu’ils n’ont plus besoin d’importer.  Les conséquences en sont DESASTREUSES pour l’économie bretonne. Les chiffres sont exposés en détail dans les ouvrages classiques (Delumeau, Croix, Queniart …) : les pertes pour la Bretagne sont considérables, voire colossales.

En 1687, les Etats présentent des observations sévères au roi Louis XIV :

 » L’arrêt qui défend l’entrée des draps, melins et autres étoffes d’Angleterre et d’Irlande autrement que par Calais … réduit le commerce de la Bretagne dans la consternation ….. elle voit son commerce entièrement ruiné ….  » (Delumeau, documents, page 257).

En vain. Cela se répètera souvent, toujours sans résultat.

En 1718, le roi Louis XIV étant mort depuis trois ans, les Etats déplorent :

  » (La Bretagne) dont le terrain ( = une partie du territoire) est inculte, ne subsiste que par le commerce maritime, ou par celui qu’elle entretient avec les provinces voisines. L’un (le commerce maritime) EST ENTIEREMENT TOMBE …. (La Bretagne) a fourni libéralement aux besoins de l’Etat ( = la France) par des charges en grand nombre, (est) épuisée par des prêts fréquents ( = les emprunts que les Bretons ont du faire pour payer les impôts mis à sa charge), sujette à toutes les autres impositions, et est épuisée par les atteintes à sa juridiction, aussi opiniâtres qu’injustes … (A. Le Moy, Remontrances, page 5).

  Sans aucun doute, la FRANCE A SACRIFIE la prospérité que la Bretagne tirait de son commerce toilier, parce que cela contrariait ses intérêts militaires. Ceci est une certitude ABSOLUE, un crime authentique, particulièrement grave, dont les conséquences ont été générales, se répercutant sur toute l’économie de la Bretagne.

……………………

. Les obstacles créés au commerce du sel (à développer).

. Les obstacles créées à la plantation des vignes, et au commerce du vin ..

Les obstacles créés par la France à l’expansion coloniale et commerciale de la Bretagne, a constitué pour ce pays voué à un destin vraisemblablement brillant, UN VERITABLE DRAME … Sur ce point comme sur d’autres, la responsabilité de la puissance coloniale est écrasante, impardonnable, et malheureusement irréparable. La situation est irréversible : la Bretagne colonisée et exploitée à outrance, se trouve dans un état déplorable. La période faste de la Bretagne se termine avec le début du règne de Louis XIV (16.. – 1715). A la mort de ce roi, en 1715, la Bretagne est ruinée.

BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE.

CROIX Alain, l’âge d’or de la Bretagne, Rennes, 1993, pages …529 et suivantes …

DELUMEAU Jean, Histoire de Bretagne, Documents, pages 255 et suivantes.

TOUCHARD Henri, Le commerce maritime breton à la fin du moyen age, Paris 1967.

QUENIART Jean, La Bretagne au 18ème siècle, Rennes, 2004, éditions Ouest – France, pages 322 et suivantes (important).

4 – UNE AUTRE CAUSE EST LA CREATION DE FONCTIONNAIRES INUTILES, dont les postes sont VENDUS par la monarchie française, pour se procurer de l’argent extorqué aux Bretons.

L’une des plaies créées par la France, extrêmement choquante au plan des principes, très coûteuse pour les finances bretonnes, a été la création, en grand nombre, d’officiers inutiles (on dirait aujourd’hui : de fonctionnaires). Ce chapître revêt une importance particulière, comme extrêmement démonstratif de l’exploitation EHONTEE de la Bretagne par la France.

La ” vénalité des charges ” a été l’une des grandes plaies du régime monarchique français. Elle n’existait pratiquement pas sous le régime ducal. Elle a été développée sur une grande échelle par François I er, mari de la Duchesse Claude fille d’Anne et de Louis XII, roi absolu, particulièrement dépensier, aussi peu préoccupé que possible des intérêts de ses sujets, et particulièrement incompétent, également, dans la gestion des affaires de l’Etat (il reste de lui une image en trompe – l’oeil : celle de constructeur de châteaux, de protecteur des artistes, des hommes de lettres, de commanditaire d’oeuvres d’art …; celà dissimule pour beaucoup l’extrême médiocrité de ce personnage, dont la moralité fut plus que douteuse : exécrable).

La vénalité des charges désigne le système qui consiste, pour l’autorité étatique (le roi ou son gouvernement), à créer une charge publique (de juge, de procureur, de percepteur d’impôts ou de droits divers, de contrôleur …), de la vendre à un particulier, moyennant le versement d’un certaine somme d’argent, au bénéfice des finances royales. Bien entendu, le fonctionnaire titulaire de sa charge se ” rembourse ” sur ceux qu’il juge, administre ou contrôle, avec les abus qu’on imagine.

S’il est exact que la création, en quantité, d’officiers ( = on dirait aujourdh’ui : de fonctionnaires) par le gouvernement français), dans le but de les VENDRE à leurs futurs titulaires, à charge pour eux de se rembourser sur la bête ( = le Breton de base), n’est pas le mécanisme qui a permis de soutirer le plus d’argent aux contribuables bretons, elle est, de loin, la plus scandaleuse, comme permettant de voir à nu, sans détours, de quelle manière la Bretagne a été victime de BANDITISME et d’ ESCROQUERIE.

La mécanique n’est même pas ingénieuse. Elle fonctionne de la manière que je vais exposer……

Les bureaux royaux, puis ceux de Versailles, sans cesse à court d’argent, en raisons des dépenses somptuaires de la cour, des guerres incessantes, ” peaufinent ” peu à peu la technique que voici : en violation consciente,  sue, et connue par eux des dispositions de l’Edit de 1532, ils créent un nombre élevé de charges de fonctionnaires en Bretagne, à seule fin d’extorquer du pays des fonds qu’il ne doit pas, car c’est aux Etats que revient de créer les charges utiles, en aucun cas au roi de France. La mécanique est infernale, car les charges créés NE REPONDENT A AUCUN BESOIN.

Pour montrer au lecteur ignorant à quel point il s’agit d’une MACHINE INFERNALE, sont ainsi créées, notamment, les fonctions fantaisistes que voici (la lite est illimitée, nous ne faisons que citer quelques exemples) : …..

Dire que les Bretons sont furieux, est en dessous de la réalité : ils sont furibonds. En ce temps là, l’orgueil Bretons, déjà célèbre sous les Francs (cf. le poème en l’honneur de Louis le pieux),  est intact : on ne plie pas, on ne cède pas, on n’a pas encore appris à ramper : la  » révolution  » dite  » des droits de l’homme  » n’a pas encore imposé sa tyrannie bête, ni son nivellement furieux des cerveaux, sur le fondement d’une religion à base d’histoire de France falsifiée, et de principes propres à tous les Etats totalitaires (voir ci après les  témoignages des Occitans, des Niçois, … d’autres sont attendus : les Corses, les Basques ..).

Ce  » système  » de la vénalité des charges est plus que sévèrement condamné par les quelques auteurs bretons qui ont eu le courage de coucher par écrit leur jugement.

Le grand d’Argentré … (tome 5, pages 104, 235 …-

Noël du Fail, autre grand juriste Breton (tome 5, page 235).

LES REMONTRANCES DES BRETONS AU ROI DE FRANCE.

C’est le moment de citer ce que peuvent être les  » remontrances  » des Bretons aux rois de France, et que, chaque fois que l’occasion se présente, ils n’y vont pas de main morte, et appellent un chat un chat (on remarquera que, imprégné de cette morale depuis l’enfance, c’est ce que je fais dans mes chroniques). La lecture et la relecture de ces quelques extraits remettra quelques cerveaux à leur place, et permettra à tous nos lecteurs de savoir – enfin -, comment a été ressentie par les Bretons de ce temps le tyrannie française :

 Les remontrances de 1578 sont féroces :

 » Depuis que l’argent a occupé le siège de la vertu, de la science et de l’expérience, et que le magistrat est vénal, le mérite est demeuré sans reconnaissance,et la vertu mise sous le pied DE CETTE CORRUPTION. Il s’est créé un million d’offices ( = d’emplois publics de fonctionnaires), PERNICIEUX et INSUPPORTABLES, tant de judicature, de finances que d’autres, (dont les acquéreurs) n’entrent dans la place QUE POUR L’AVARICE ET L’AMBITION, et qui ne servent que de RONGER LA SUBSTANCE DU PEUPLE « .

Et les Bretons de demander, sans peur et sans crainte,  » de supprimer cette multitude effrénée d’officiers inutiles et pernicieux, de casser tous les officiers créés depuis Louis XII … et de respecter les lois du Duché, qui prohibent COMME UNE SIMONIE EXECRABLE toute vente d’office public, et de rétablir l’élection et la nomination pour les charges publiques « .

(Bonvallet, pages 145 et 146).

 Voici ce que les Etats de Bretagne écrivent au roi de France en 1587 (Planiol, tome 5, page 105, note 59) (Je traduis en français moderne, pour que le suc de ce texte n’échappe au lecteur contemporain) :

” Nous nous sommes engagés, par un contrat du mois de février 1583, à payer à votre Majesté (le roi français), chaque année, pendant cinq ans, la somme de 70000 écus, sur l’assurance et la promesse que vous avez faite DE NE PAS CREER D’IMPOTS NOUVEAUX …. Cependant, plusieurs édits …. abusant de la misère du temps, imposent la création de nouveaux offices INUTILES ET SUPERFLUS, qui sont la RUINE DU PEUPLE, rongé PAR UNE VERMINE D’INFINIS PETITS ET MENUS FONCTIONNAIRES « . (Remontrances du 1er octobre 1587; Registres des Etats).

Et encore, ces phrases tirées des remontrances du Parlement de Bretagne, beaucoup plus tardives, plus furieuses encore, à la mort de Louis XIV, en 1716 (je traduis en français moderne et abrège ce très long texte) :

 » Il est notoire que l’invention de ces offices est le fait de certains hommes qui en font commerce, lesquels, entretenant des relations avec QUELQUES SANGSUES DE COUR, invoquent pour créer ces offices, des lettres et des édits, et poursuivent (leur but) avec tant de fureur et de violence .. qu’ils tirent par ces sinistres moyens à leur profit tout l’argent et le sang  du peuple, sans qu’il en reste peu pour les finances (de l’Etat) …. le pays est en perpétuel dérèglement, les finances épuisées, le pauvre peuple est si ruiné par ces nouvelles sangsues, qu’en ces années dernières il en sera mort un grand nombre de faim .. La création MONSTRUEUSE d’une infinité d’offices sont cause du désordre et de désolation … »

 On est dans le domaine de l’extorsion de fonds, voulue, faite en connaissance de cause, aux dépens de la Bretagne.

La violence des propos tenus – parfois, pas toujours ! – par le Parlement breton est telle, le mécontentement du roi atteint un tel degré, qu’il lui arrive …. de ne pas ouvrir les lettres de remontrances, et de les retourner à l’expéditeur, toutes cachetées. Les Bretons ne se démontent pas : ils expédient des remontrances itératives, et même ….. retournent au roi ses propres lettres, non ouvertes, également cachetées ! Il a même pu se produire que l’envoyé du roi soit interdit d’entrer dans le Parlement (A. Le Moy, Les remontrances, page XL).  Quelle leçon pour le Conseil régional de Bretagne, les députés, les sénateurs actuels, qui ont OSE, récemment, sussurer le Bro gozh ma zadou ! Quel héroïsme !).

…………………… ».

(Bonvallet, pages 149 et 150; Henri Carré, pages 48 et suivantes : vénalité des charges …)

Quiconque veut en savoir davantage sur l’inflexibilité des Bretons de ce temps, est invité à faire les mêmes lectures que moi … et à passer, comme je l’ai fait, plus de trente années pour décrypter les archives.

Qui a osé dire que la coexistence de la Bretagne avec la monarchie française a été pacifique ? LES IGNARES, qui se recopient les uns les autres sans rien lire et sans rien comprendre, ou pire, étant au courant, se taisent par lâcheté. En ce temps là, LES BRETONS SAVAIENT PARLER, et usaient sans crainte de leur intelligence : voyez ce qu’il en reste : des cerveaux aplatis et lisses, avec des électro-encéphalogrammes quasi plats.  D’ou vient que le peuple capable de tenir de tels discours au roi étranger qui prétend régner en Bretagne s’exprime avec cette force admirable, soit devenu un peuple de moutons, de brebis bêlantes et rampantes ? On vous l’a dit : l’admirable révolution des droits de l’homme est passée par là, et a transformé la substance grise des bretons, en y appliquant le fer à repasser, en une sorte de bouillie, au point qu’ils ont pour la plupart perdu ce qui était leur plus belle qualité.

Qui a dit et redit que les Bretons ont supporté les exactions de la France, et qu’ils se sont fondus dans cette  » matrice  » putride , vers laquelle  » tout les attirait  » … Qu’il serait doux que les Bretons d’aujourd’hui usent d’un tel langage à l’égard de ceux qui les oppressent sans aucun droit, et qu’il serait bon QU’ AUCUN BRETON, connaissant tout cela, n’accepte plus JAMAIS qu’aucun des leurs ose figurer à Paris dans aucun gouvernement étranger !

LES CONSEQUENCES DRAMATIQUES POUR LA BRETAGNE.

Sans doute, du temps de l’indépendance bretonne, la nomination par les gouvernements bretons des Ducs souverains de leurs officiers, agents, fonctionnaires, a bien loin d’avoir toujours été inspirée par des considérations de morale et de compétence : notre histoire n’est pas un conte de fée, loin s’en faut ! …  Cependant, il existe des indices raisonnables pour penser que les abus ont été limités par une conscience naturelle de nombre de Bretons à placer leurs actes et leurs motivations sous le sceau de ce que l’on dénomme aujourd’hui les grands principes de la morale universelle, alors incarnée parles principes religieux du christianisme, quand bien même le haut clergé a compté dans ses rangs un nombre de crapules élevé.

La France, par la vénalité des charges, par la mise dans le commerce des charges destinées à servir les intérêts collectifs, par l’abus éhonté de cette pratique, a introduit en Bretagne un véritable cancer, qui a rongé le pays.

Les Bretons auraient-ils, au fil des siècles, fait mieux que les Français ? On ne peut l’affirmer avec certitude. Mais il est permis de le penser, sur la foi de notre mythologie et de la morale très élevée professée par nos héros (Arthur, le symbole de la probité ….), des témoignages des Bretons de cette époque (d’Argentré, Noël du Fail, Carré, page 49), de notre respect – non pas général, mais majoritaire -,  ……. de mon propre vécu, qui, en plein Paris et au contact des pouvoirs publics, m’a littéralement empêché pendant au moins VINGT ANS de voir les friponneries que j’avais sous les yeux, parce que mes yeux se refusaient à voir ce qui, POUR MOI, NE POUVAIT PAS EXISTER, notamment en matière de fonctionnement de la justice.

 BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE.

CARRE Henri, Essai sur le fonctionnement du Parlement de la Bretagne après le ligue, de 1598 à 1610, Genève 1978, éditions Mégariotis reprints.

 BONVALLET, Des contraventions … pages 145 à 179. Etude extrêmement fouillée, et tout à fait surprenante. Bonvallet a écrit une thèse épaisse sur les extorsions de toutes natures dont la Bretagne est victime, de 1532 à 1715. Précisons qu’il s’agit d’une thèse de doctorat en droit, non d’une thèse de doctorat en histoire, d’ou sa pertinence sur les thèmes éminemment juridiques qui y sont traités.

OLIVIER – MARTIN Fr., Histoire du droit français, pages 460 et suivantes.

PLANIOL Marcel, Histoire, …

 E – L’ACCAPAREMENT, PAR LA PUISSANCE COLONIALE, DES TALENTS ET DES FORCES HUMAINES A SON PROFIT. L’émigration forcée vers la France.

Les Bretons étaient, il est vrai,  attirés par la France, qui, de tous temps, avait drainé des immigrés de nationalités diverses. En aucun cas parce qu’ils aspiraient à devenir français : la France, à l’époque plus développée que les contrées voisines, offrait à nombre de Bretons des possibilités variées pour survivre. Mais pas davantage qu’aujourd’hui l’Angleterre, le Canada, la Suisse, les Etats Unis d’Amérique.

Une fois la Bretagne occupée, à partir de 1491, le phénomène prend une toute autre ampleur. La cour ducale de Nantes, qui était un centre économique, artistique, politique et diplomatique important, n’existe plus. Elle drainait à elle seule un tiers des prélèvements fiscaux du pays (Kerhervé, Le PAGE …), employant un grand nombre de personnes, distribuant des pensions, impulsant la vie artistique, culturelle, architecturale  du pays.

– LES NOBLES, l’armée bretonne ayant disparu, n’ont pas d’autres solutions que de s’employer dans les armées françaises, les soldats bretons sont utilisés sur les champs de bataille français, et dans les guerres de la France … Pour les nobles, dont la vocation naturelle est de servir dans les armées, la Bretagne n’offre plus aucune possibilité de carrière militaire ……… Ils apparaissent donc, dès 1494, dans les armées de Charles VIII en Italie, puis dans les armées de Louis XII, troisième mari d’Anne de Bretagne, puis en 1515, un an seulement après la mort d’Anne, aux côtés du roi de France François Ier. En particulier le Maréchal de Bretagne tuteur de la Duchesse dans sa jeunesse, et plusieurs fois traître à son Pays.

La France, puissance agressive, expansionniste, est presque tout le temps en guerre, malgré les condamnations périodiques du haut clergé (Bossuet, Fénelon …), et de quelques nobles (le duc de Saint Simon) ……

– LES MARINS BRETONS, détournés de la Bretagne au profit de la France. La France est fort peu douée sur ce plan dans la conquête de l’Empire maritime. La vie maritime de la France se concentre en des points très limités. De 1680 à 1850 environ, le nombre de matelots oscille entre 20 000 à 50 000. Mais cet effectif est représenté à hauteur D’UN TIERS par des Bretons ! Au 15 ème siècle, les registres portuaires de Hollandes démontrent que, certains années, le trafic portuaire est assuré, à hauteur de 80 pour cent par la Bretagne et sa flotte. De 1650 à 1792, les effectifs de marins proviennent, pour UN TIERS, de Bretagne !!!!! ( Jean Meyer, in Histoire de la France coloniale, Collin, collection Pocket, 1991, tome 1, page 14). Cette situation s’est perpétrée, aux dépens de la Bretagne jusqu’en 2010 ! L’incompétence, l’impéritie, la sottise de l’Etat français dans la gestion de la marine bretonne est la cause de conflits violents, ET JUSTIFIES.

– Le sacrifice des soldats bretons au service du colonisateur. Les Bretons ont été envoyés sur tous les champs de bataille français. …..

…………

C’ est au nom du nationalisme là que des millions de trouffions innocents, le sourire aux lèvres, la fleur à la boutonnière, partirent au front se faire massacrer. C’est au nom de ce nationalisme là qu’on a tué nos jeunes Bretons. Nivelle, général de l’armée française de son état, une nullité abyssale, qui avait largement dépassé le seuil de l’ incompétence, qui a sacrifié avec une inconscience ahurissante 350 000 vies humaines pour quelques arpents de terre, surnommé “le boucher” (on aurait pu ajouter : “l’imbécile”), aurait prononcé cette phrase immortelle : “Ah ! Qu’est-ce que j’ai consommé comme Bretons aujourd’hui ! ».

………………

Le fait est que la Bretagne, quant à elle, a ” tiré ” un TRES MAUVAIS numéro. Les Gallois, et surtout les Ecossais, ont été traités avec des égards infiniment plus élevés que ceux dont la France, état absolutiste puissant, mais humainement inférieur.  Si elle avait tiré UN SEUL AVANTAGE de la présence française, il serait indispensable de le dire. Ce n’est pas le cas. Il est plus impératif encore de l’écrire, et de le faire savoir.

F – LA COLONISATION DES CERVEAUX.  LE DECERVELAGE, OU NEVROSE D’ACCULTURATION. LA BRETAGNE SOUS ADMINISTRATION DU PAYS DES DROITS DE L’HOMME : UN VASTE CAMP DE REEDUCATION, ou l’on essaie de transformer des ploucs en hommes – version française.

L’étude des névroses collectives a été induite, en particulier, par les sociologues et les historiens qui se sont penchés sur les dégâts mentaux induits par l’acculturation forcée des populations Amérindiennes par les Espagnols. Cette pathologie concerne un grand nombre de nations, jadis libres.

 Sous la monarchie capétienne, jusqu’en 1789, les Bretons sont fiers de leurs origines et de leur histoire. La littérature en donne des exemples éclatants. Tout change à partir de la révolution dite ” des droits de l’homme “. Une phénoménale pression est progressivement exercée sur ce peuple, sans discontinuer, jusqu’en 1950-1960. C’est un véritable terrorisme d’Etat, une vaste entreprise disciplinaire, auxquels la nation bretonne toute entière est soumise durant cette période. La ” francisation ” de la Bretagne est à base d’une répression terrible, qui s’exerce sur les cerveaux.

Dans ce grand lessivage des cerveaux, l’école obligatoire de Jules FERRY, colonialiste bon teint, théoricien des races supérieures et des races inférieures, les secondes ayant vocation naturelle à être ” éduquées ” par les premières – dans leur intérêt, bien entendu, qui se confond avec celui de l’humanité entière, joue un rôle fondamental.

 Sous l’effet de la pression colossale qui est exercée par l’Etat colonial, l’administration mise en place par lui, l’école, les instituteurs, les professeurs, les journaux,les livres, les moyens de communication, les parents eux mêmes, tant par le non dit que par ce qui est suggéré ou explicitement exprimé, l’enfant se met à détester tout ce qui lui rappelle l’infériorité de sa condition : ce patois hideux que parlent ses parents et son entourage, ces costumes de ploucs et ces coiffes d’un autre âge, ces moeurs résolument vulgaires, les tournures bretonnisantes qui infectent le beau langage français, qu’on lui présente comme étant le modèle universel. Psychologiquement, il n’est RIEN, il le sait, il intériorise le modèle mauvais forgé de toutes pièces par le colonisateur. La névrose d’acculturation est à base de honte de soi.

 Le phénomène diffuse, et gagne tout l’entourage. Les grands parents, qui ne parlent ni ne comprennent le français – dans les campagnes en tous cas -, sont mis à l’écart, on ne leur parle pas : ce sont des ploucs, on se gausse de leur maladresse et de leur timidité, on ne voudrait certes pas leur ressembler. Un fossé culturel se crée entre les générations : les jeunes, élevés dans la civilisation qu’on croit belle du colonisateur; les vieux, qui paraissent pitoyables et arriérés. Celà peut aller très loin : on a vu,dans les lycées et collèges, des enfants avoir honte de rencontrer au parloir leur propre mère, à cause de son accent rocailleux, de sa coiffe en dentelles, de son habitus de femme plouque, et prétexter l’étude ou le travail pour ne pas montrer ce spectacle à ses camarades.

 Au niveau individuel, les dégâts sont considérables. Les Bretons de ces générations  sont à l’image de ce qu’on été les juifs pendant des millénaires, les colonisés, les esclaves :  timides, honteux d’eux mêmes, des êtres convaincus de leur infériorité native. Au niveau de la nation, c’est pire : celle-ci, jadis conquérante et glorieuse, est désormais honteuse d’elle même. Une première rupture s’était produite après les invasions de 1487 et 1491. La deuxième, créée par les malades mentaux de Paris, dans le sillage de la révolution dite ” des droits de l’homme ” est infiniment plus terrible. Convaincus de leur infériorité génétique, certains bretons vont jusqu’à collaborer – en toute bonne foi – avec l’occupant français, pour “désincruster” ce qui reste des moeurs dont on est convaincu qu’elles sont préhistoriques. La créativité s’étiole au niveau collectif, la nation ne produit plus rien : la “ploukisation” devient effective; les natifs, guère en situation de comprendre ni d’analyser ce qui leur arrive, comme les esclaves élevés dans une situation qu’on leur a appris à accepter, accompagnent ou précèdent le mouvement sans le critiquer.

Bibliographie sommaire.

BROUDIC Fanch, L’interdiction du breton en 1902, Spézet , éditions Coop Breizh, 1997. Ouvrage très important. La fureur anti-bretonne en France atteint des sommets vertigineux.

CARRER Philippe, Ethnopsychiatrie en Bretagne, Spézet, éditions Coop Breizh, 2007.

MANNONI Pierre, La psychopathologie collective, Paris, collection Que-sais-je, pages 13 et suivantes.

MELENNEC Louis, Le syndrome breton, Agence Bretagne Presse (ABP), 9 1 2009.

MEMMI Albert, Portrait d’un juif, Paris Gallimard, collection idées, 1962. Ouvrage majeur, à lire absolument.

MEMMI Albert, Portrait du colonisé,

G – LES COLLABOS BRETONS. DU BON USAGE DES MOTS ” COLLABOS ” ET ” KAPOS “.

Hélas, nous sommes logés à la même enseigne que le reste de l’humanité sur ce point. Les collabos (et les Kapos) bretons, ont été, comme ailleurs, aussi nombreux qu’aussi vils et rampants.

Les collabos actuels sont connus. Il ne servirait à rien de citer leurs noms,sauf à compromettre l’action de salubrité publique et de vérité que nous réalisons ici.

Beaucoup de gens pensent que la collaboration est un genre spécifique, apparu sous la seconde guerre mondiale, ne concernant que les Français qui ont apporté, à des degrés divers, leur concours aux autorités allemandes d’occupation.

Il n’en est rien. De même que j’ai démontré ici que les Nations existent non seulement depuis la plus haute antiquité – et même depuis que les hommes vivent en groupe antagonistes, opposés inéluctablement par des conflits et des contentieux -, de même que j’ai rappelé, en accord avec tous les spécialistes de la discipline, que l’histoire des Droits de l’homme commence avec la vie en société (les premières traces écrites se retrouvent dans le Code d’Hammourabi; voir ce terme dans Internet) – ce qui a pour effet d’exclure la France des pays autorisés à se prévaloir du moindre rôle fondateur dans cette matière -, de même les phénomènes de ” collaboration ” – non encore, certes désignés par ce terme -, se confondent avec l’histoire de l’humanité. Ce phénomène est simple : lorsque le pays envahisseur et occupant, ne détruit pas en totalité les populations locales – ce qui est la règle -, il a évidemment besoin de ” complices ” issus de cette population pour la gouverner, la maîtriser, l’exploiter…

Ceux qui ont suivi nos publications ont assisté à un transfert – pensé et voulu – du contenu du terme ” collaborateur “, d’une catégorie de personnes à une autre catégorie, bien spécifique. Pendant plus de cinquante ans, au prix d’une manipulation éhontée, les Bretons ont été désignés, DANS LEUR ENSEMBLE, comme les successeurs des quelques centaines de malheureux qui se sont tournés vers l’Allemagne, durant la dernière guerre.

D’ou ces propos imbéciles, tenus récemment par deux débiles parisiens : ” Derrière tout breton, je vois l’ombre d’un nazi “, et, au moment de la révision de l’article 2 de la constitution (française), cet infortuné de l’esprit, admirateur de l’action civilisatrice de la Chine au Tibet, pays martyre : ” je ne voterai pas la réforme proposée : LE BRETON EST LA LANGUE DE LA COLLABORATION ” (!!!!).

Aujourd’hui, le terme “collaborateurs” est en voie de terminer sa mutation : maintenant que l’histoire du pays est connue, les collaborateurs sont ceux qui rampent devant ceux à qui ils doivent leurs carrières hors de Bretagne, les autres sont devenus ce qu’ils sont : des Bretons patriotes. Le mot nationalisme a retrouvé sa vraie signification : le nationaliste breton est celui qui a conscience d’appartenir à un peuple spécifique, qui connait l’antiquité de ce peuple, qui est fier de son identité et l’assume pleinement, sans cesser d’être ouvert aux autres nations, cultures et identités, celles-ci méritant autant de respect que celui qui est dû à la Bretagne, et étant source d’enrichissement de l’humanité, non de rejet ou de dégoût. (Font exception : les cultures, sectes, religions ou autres qui prônent la destruction des autres, et, ouvertement, de les TUER).

(A écouter, réécouter : LA BRETAGNE ASSASSINEE, sur ” Lumière 101 “).

…….. (A suivre)……

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 LES EFFROYABLES RESULTATS DE LA COLONISATION DE LA BRETAGNE PAR LA FRANCE.

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J’ai rappelé, maintes fois, que Bertrand d’ARGENTRE a rapporté, dans sa célèbre histoire de Bretagne, ce que son propre père, le Sénéchal d’Argentré, témoin et acteur de l’annexion de 1532, lui a dit : que les Bretons, cette année-là, n’étaient en aucun cas dupes de la situation, que la France détestée leur mettait le couteau sous la gorge, le canon dans le dos, et que, faute pour eux d’accepter les conditions qui leur étaient faites par le roi François 1er, on les écraserait tôt ou tard, sans condition cette fois.

Les Bretons étaient parfaitement conscients de ce qui allait advenir de leur Pays, placé sous la coupe de leur ennemi millénaire (Mélennec, mémoire de DEA) :

Il y a chez d’Argentré une prescience remarquable. L’un des passages les plus singuliers, qui fut supprimé dans l’édition de 1588, par la censure royale, décrit avec lucidité ce qui arrivera à la Bretagne si elle est « réunie » à la France : l’exode des hommes et des talents ; l’appauvrissement économique ; l’octroi des fonctions civiles et importantes aux Français, les entraves mises par la France au commerce par mer, les impôts nouveaux, la violation des lois des privilèges du duché, etc… Tout cela, en effet, arriva (Louis Mélennec, mémoire de DEA, publié par Errances en Bretagne).

Tous les critères de ce que l’on nomme la COLONISATION sont présents en Bretagne, sans aucune discussion possible.

La résistance à cette appellation réside, pour ceux qui y réfléchissent, dans l’humiliation d’avouer et de reconnaître que leur pays a été envahi et soumis. Leur fierté farouche s’oppose à un tel aveu. Il est plus rassurant, pour les Bretons, de se dire que leur pays n’a jamais été vaincu, qu’il a traité en puissance souveraine avec un pays souverain, et que c’est de leur propre volonté qu’ils ont accepté leur sort. Au Maroc, j’ai souvent entendu des raisonnements analogues : ” Le Maroc n’a jamais été colonisé, il a seulement été un PROTECTORAT “.

Or, cela est FAUX : la Bretagne a été vaincue au moins à deux reprises à la fin du 15ème siècle, elle a été envahie et annexée, ELLE N’A JAMAIS ETE CONSULTEE SUR SON ANNEXION, il n’y a jamais eu de ” contrat ” entre la Bretagne et la France en 1532. De même, ce que l’on dénomme ” protectorat ” n’est qu’une forme de colonisation, rien d’autre. Ce n’est pas en niant la vérité que l’on sort d’une situation humiliante.

Quels ont été – et sont encore – les effets de cette colonisation ?

 1 – LA DISPARITION DE LA SCENE INTERNATIONALE. L’ANEANTISSEMENT DE LA BRETAGNE, PUISSANCE SOUVERAINE ET RESPECTEE.

 Le plus douloureux, sans doute, est la disparition TOTALE de la Bretagne, après 1532, de la scène internationale.

Tout prédestinait le Duché souverain, lorsque l’invasion de 1491 a été perpétrée, à devenir une vraie puissance internationale, comme les sont devenus les pays européens de même étendue, pourtant géographiquement et humainement moins favorisés, comme le Portugal, plus tard la Hollande ….. la Belgique, ces pays étant devenus de grandes puissances coloniales.

Tout au long des 14 ème et 15 ème siècles, la Bretagne est l’une des puissances européennes les plus importantes, se situant quasi immédiatement après la France (bien mal en point, d’ailleurs, menacée de disparition totale à plusieurs reprises, notamment pendant la guerre dite ” de cent ans “) et l’Angleterre (4 millions d’habitants; Bretagne 1, 5 million). Après la disparition des Etats de Bourgogne (en 1477), peut-être est-elle la troisième ou la quatrième puissance d’Europe. Pays (relativement) vaste pour l’époque – compte tenu de l’exigüité des cités, des Etats, des principautés du temps (plus de 300 dans le seul Saint Empire Romain Germanique !) -, pourvu d’un littoral maritime considérable, d’une flotte qui se situe aux tous premiers rangs, derrière l’Angleterre, elle est en droit, par le caractère évolué de ses institutions, sa situation exceptionnelle, son fort potentiel d’expansion économique, de devenir une grande puissance. L’historien Elégoët a écrit – ce que je dis aussi depuis très longtemps -, qu’elle aurait du avoir un destin international aussi brillant que le Portugal, beaucoup moins peuplé (800 000 habitants, 1,5 million pour la Bretagne), infiniment moins puissant. L’invasion française, la subordination du pays, ont empêché la Bretagne de connaître son destin MONDIAL. C’est une catastrophe incommensurable, et malheureusement irréparable.

2 – LA SUPPRESSION DE L’APPAREIL D’ETAT PAR LE COLONISATEUR. Comme Planiol et d’autres auteurs, je répète qu’au moment de son invasion, la Bretagne jouit d’un régime politique évolué pour l’époque, au même titre que l’Angleterre, et plusieurs pays du nord de l’Europe. Les Institutions sont complètes (Souverain, premier ministre, gouvernement, parlement), et fonctionnent d’une manière harmonieuse. Chaque génération apporte des progrès dans le fonctionnement de l’Etat breton, tandis, qu’au contraire, en France, à partir de Louis XI et de François I er, le régime devient de plus en plus absolu, au point que toute l’autorité souveraine réside dans les mains du monarque, avec les abus immenses que cette situation provoque. Au moment de son annexion, la Bretagne, privée de sa monarchie constitutionnelle (la constitution existe, bien entendu, mais elle est coutumière) et de son régime réprésentatif opère une REGRESSION POLITIQUE DE PLUSIEURS SIECLES. La vocation de la Bretagne, comme l’Angleterre et les monarchies nordiques, était d’évoluer lentement vers la démocratie.

3 – LA SOUMISSION DU PERSONNEL POLITIQUE, PAR CLIENTELISATION. LA PRESENCE DE GOUVERNEURS ETRANGERS EN BRETAGNE.

En 2010, le pays reste une colonie : les ” parlementaires ” sont pré-désignés par les états-majors des grands partis français, et leur sont entièrement soumis, leur sort en dépendant ENTIEREMENT; l’institution dénommée ” conseil régional ” ne possède aucun pouvoir effectif, aucun budget digne de ce nom, et ne mène aucune politique réellement bretonne, son rôle étant purement figuratif..

Les préfets (de Nantes, de Vannes, de quimper, de Rennes, de Saint-Brieuc), ont remplacé les gouverneurs (civils, c’est à dire les ” Intendants “); TOUS SONT FRANCAIS; aucun ne parle breton, tous sont impliqués dans la politique d’éradication de notre principale langue nationale : ce sont d’authentiques GAULEITERS; les Bretons, selon la république coloniale, seraient trop dangereux dans ces fonctions. Le monde ” politique ” breton se tait : petit doigt sur la couture du pantalon, telle est sa devise (la même que celle du capitaine Haddock : ” BOTUS ET MOUCHE COUSUE “). D’où ce mépris général et colossal à l’égard de cette classe politique étroitement contrôlée, les populations n’étant pas dupes, malgré leur réputation de naïveté. La démocratie n’est même pas en vue, dans l’état actuel de la colonie bretonne.

En 2010, la Bretagne n’est toujours à peu près rien, si l’on considère le potentiel humain, maritime, économique, qui est le sien, et qu’un gouvernement confié à des hommes intelligents, dévoués à la cause nationale. Sait-on que la Suisse, qui a une superficie équivalente, qui n’a aucun littoral maritime, aucune flotte, des capacités créatives moindres, gère PEUT-ETRE LA MOITIE DES ACTIFS FINANCIERS DE LA PLANETE ? Rien n’empêche la Bretagne, entre autres activités, de recentrer son énergie sur la finance internationale, la gestion des fortunes, l’informatique …. Fournissant près d’un quart de la production agricole de l’ ” hexagone “, il n’est pas absurde – à condition d’être gouvernée par des gens capables, éduqués à ne plus se vomir dessus et à s’arracher leurs multiples chignons, pourquoi pas les grands créateurs d’emplois et de richesses que sont les Bolloré, les Pinault, les Rocher, si faible que soit la sympathie qu’ils inspirent -, qu’elle devienne une sorte de ” Silicon Valley ” de l’Europe…. ?

 Aucune fonction importante n’est confiée à quiconque en Bretagne, à moins d’appartenir à ce système bien huilé, parfaitement contrôlé depuis Paris. La Bretagne n’est pas même dirigée par une caste : il y a bien une caste bretonne; mais elle ne joue que le rôle d’une courroie de transmission, aussi peu glorieux que possible. Tout est verrouillé du dehors. Le tout sous couvert d’une ” religion nationale ” française simpliste, à base de principes creux, dépourvus d’effets, au rang desquels la prétendue égalité des citoyens devant la loi et devant les charges publiques….

Il n’y a pas de débat politique en Bretagne, mais DES JEUX DU CIRQUE, se déroulant périodiquement devant la galerie, avec une régularité pendulaire, aboutissant au partage à peu près égal dans le temps, des privilèges attachés à l’exercice des fonctions dites publiques, dans lesquelles les ” élus “, de droite ou de gauche,  jouent, tout au plus, le rôle de pantins.

Certes, on n’écrit pas l’histoire avec des ” si ” et des ” mais “, pas plus qu’on ne peut remonter le cours du temps. Mais dans le cas présent, les arguments sont si concordants, si explicites, qu’ils s’ajoutent les uns aux autres, et qu’on peut dire, sur le fondement de quasi certitudes, que c’est bien l’asservissement de la Bretagne par la France, qui l’a peu à peu transformée en pays pauvre et improductif, après 1789 surtout, jusqu’à en faire un pays désolé, ce qu’il était encore dans ma petite enfance, après 1940. ………..

4 – LA DISPARITION DE LA LANGUE, planifiée par le colonisateur.

La langue, cela est prouvé avec certitude, est menacée de MORT par l’effet des persécutions très volontaristes exercées par le colonisateur depuis 1789 (voir notre article, intitulé ………. et notre émission diffusée sur lumière 101, intitulée : ” l’assassinat de la langue bretonne “). Les britophones sont au nombre de 2 millions en 1896, de 1,2 million en 1928, de 600000 en 1952, de 200000 en 2010 (ces chiffres sont approximatifs). La complicité passive ou active des hommes politiques ” bretons “, dans cette situation, est désastreuse. La langue bretonne n’avait pas vocation à disparaître (pas davantage que l’alsacien, le corse, le basque, le béarnais …); les bretons, comme les autres petits peuples, auraient, par nécessité, parlé volontairement l’anglais et le français. Les exemples de la Flandre et de la Catalogne sont  très démonstratifs. Les persécutions exercées en Bretagne ont été un immense et scandaleux gâchis. Avec la meilleure volonté des meilleurs d’entre nous, celà ne sera JAMAIS EFFACE DES CONSCIENCES BRETONNES.

Le rôle des politiques bretons dans le massacre de la langue de leurs ancêtres est terrifiant. (Sur la toile : Marylise Lebranchu, portrait d’une héroïne bretonne).

5 – LA NEANTISATION DE LA BRETAGNE DANS TOUS LES DOMAINES. COMMENT, SIECLE APRES SIECLE, LA BRETAGNE, DE PAYS PROSPERE ET RESPECTE, A ETE REDUITE A RIEN, OU PRESQUE RIEN. COMMENT LA SANGSUE, AU FIL DU TEMPS, A EPUISE LA BÊTE, AU POINT QU’ELLE A FAILLI EN MOURIR.

On doit à Marcel TEXIER, ex-président des Bretons de l’extérieur, une belle formule :  » La Bretagne, du temps de son indépendance, a été prospère, puissante et respectée; elle était, par son prestige, le passage obligé de la diplomatie européenne; l’acharnement de la France a réussi à la transformer en un cul-de-sac « .

Je suis bien plus sévère. Parce que mieux informé. La France, par ses actes, a transformé la Bretagne du 19 ème siècle en ploukistan occidental du pays des lumières et des droits de l’homme. Pire : elle a réussi, par son génie, à transformer la Bretagne en TROU DU CUL DE L’EUROPE.

……………………………..

6 – LES ENORMES PERTES HUMAINES PAR LE FAIT DE L’IMPERIALISME FRANCAIS.

………………………..

Un pays, est comme une terre, comme une ferme, comme l’eau d’un puits ou d’une rivière, comme un nappe phréatique ….

A force d’y puiser les forces vives, la matière elle-même s’épuise, et devient improductive.

Le fait est que la France, ayant conquis par les armes, à la fin du 15ème sièsle, un pays prospère et influent,  a sucé, siècle après siècle, la substance vive de la Bretagne, pour en faire, au 19ème et durant toute la première partie du 20ème siècle, un pays pauvre, retardataire, et même si cela nous blesse de le dire, arriéré.

C’est cette considération – et nulle autre – qui explique la ruine progressive de la Bretagne, sous l’emprise écrasante et maléfique de la France, qui a agi comme une corde que l’on serre progressivement autour du cou du pendu …

Toutes les colonisations ne sont pas destructrices. Certaines ont apporté aux pays colonisés des avantages indiscutables …

Mais la Bretagne fait partie des nombreux pays ruinés par une puissance colonisatrice agressive, impérialiste …

Il est stupéfiant, lorsque le hasard fait que l’on aborde ce sujet avec des Français, de constater leur suffisance et leur incapacité absolue à rien comprendre au problème breton. A les en croire, la Bretagne ne survit que par l’inondation continue des subventions déversées sur la Bretagne par la France … (Phrase stupide, entendue dans la bouche d’un Français :  » Vous voulez l’indépendance ? Prenez-la : bon débarras, ON VOUS LA DONNE ! De quoi allez vous vivre ? Vous ne survivez que par les subventions que la France vous donne …, etc.). Je me suis laissé dire – sans avoir pu encore vérifier la chose -, que la balance fiscale brito-française est déficitaire, non aux dépens de la France, mais de la Bretagne : en d’autres termes, ce que la France prend en Bretagne est plus important que ce que la France nous donne. Messieurs les universitaires bretons, voila un beau sujet de recherches à mettre en chantier ……..

QU’AURAIT ETE LA BRETAGNE, aujourd’hui, si les français étaient restés chez eux, ou nous aspirons à les refouler ?

L’histoire n’est pas une science, mais se doit d’être aussi rigoureuse que possible. Mais ceux qui la transcrivent sont des hommes. Rien ne leur interdit …

(ARTICLE NON TERMINE, en cours d’élaboration).

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L’OEUVRE CIVILISATRICE DE LA FRANCE, VUE PAR LES OCCITANS.

Il est intéressant de citer ici quelques extraits émanant d’une étude publiée sur la toile par un occitan.

” (…) Le premier travail de l’instituteur fut d’apprendre aux jeunes Occitans, Bretons, Basques et Corses que la langue qu’ils parlaient était un vulgaire patois (…) que pour réussir il fallait parler le français et oublier sa langue maternelle (…) Les vieux s’en souviennent (du senhal). Le fond de leur aliénation fut atteint à l’école, où on leur inculqua la honte de leur langue, de leur accent, les obligeant à rejeter consciemment leurs attaches, leur façon d’être, à renier leur univers culturel et leur personalité de peuple.

” (…) Nous sommes treize millions d’Occitans spoliés de leur culture par l’école de Jules Ferry, école qui a tenu les jeunes dans l’ignorance totale de la culture de leurs parents, brisant le lien des générations. L’idéologie de l’école bourgeoise était de tuer les minorités, de les écraser dès l’école pour mieux les broyer dans la machine sociale. L’enseignement primaire était un désert culturel : niaiserie des leçons de morale (!), morceaux choisis – trop bien choisis – de littérature, histoire de France mensongère et tronquée comme il n’est pas permis (…) “.

(Nombreux articles sur les persécutions subies par les occitans sur la toile. Voir, par exemple : L’occitan, une langue, la scolarisation).

LE CONCOURS APPORTE AUX BRETONS PAR LES NICOIS, EUX AUSSI COLONISES PAR LA FRANCE, PERSECUTES ET ACCULTURES COMME LES BRETONS.

Extrait de l’excellent article :  » LA TARE ORIGINELLE DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE « , par Bob Lenissart.

 » Nous avons subi des persécutions dans notre comté de Nice, à l’occasion des guerres que la France n’a cessé de nous livrer tout au long de notre histoire, et que l’on n’enseigne pas dans l’histoire de France, celle qui est racontée aux petits écoliers Nissarts,  suivant une scolarité obligatoire dans les écoles de la prétendue « république française ». L’épopée des « Barbets », nos résistants Nissarts, n’a pu être mise sous l’éteignoir par l’impérialisme culturel français, leurs faits d’armes sont parvenus jusqu’à notre époque: ils ont souvent payé de leur vie,ainsi que leur proches, la défense de leur terre .

Mais, le comportement actuel de la « république française » à l’égard des peuples qui sont placés sous son administration (les Basques,  les Bretons, les Catalans, les Corses, les Savoisiens et autres Nissarts), cette volonté de décider pour eux et de gérer leur vie au travers du tamis de la culture francilienne, ce jacobinisme exacerbé, cette négation systématique de l’identité des « Patries Charnelles » ne datent pas d’aujourd’hui; ils étaient présents dès l’avènement de cette « république », dont l’idéologie originelle est fondamentalement TOTALITAIRE.

Nous avons reçu, de la part de nos amis et frères Bretons, un texte effrayant, qui traite du génocide perpétré par la France dite ” des droits de l’homme ” en Bretagne et en Vendée, tiré du blog de Louis Mélennec, fort intéressant, qui relate les crimes commis par la jeune « république française » et qui sont, en fait, les actes fondateurs de celle-ci. Cette tare originelle, ce refus de la différence, ce mépris pour les autres cultures, a été transmise de génération en génération aux dirigeants DU PAYS OCCUPANT. »

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LA FRANCE AUTEUR DE GENOCIDE EN BRETAGNE ET EN VENDEE :  voir dans Google : Mélennec, les crimes contre l’humanité et de génocide commis par la France … CETTE LECTURE EST STRICTEMENR INDISPENSABLE, pour connaître l’impensable manipulation mentale perpétrée par le  » pays des droits de l’homme « .

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L’OEUVRE CIVILISATRICE DE LA FRANCE VUE PAR LES CAMEROUNAIS : D’UN GENOCIDE A L’AUTRE.

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Les usagers français de la route, qui croisent un chemin de fer, sont charitablement avertis par une pancarte : ” Attention, UN TRAIN PEUT EN CACHER UN AUTRE “. En France aussi, UN GENOCIDE PEUT EN CACHER PLUSIEURS AUTRES.

On sait maintenant que le génocide brito-vendéen n’a pas été isolé.

AU CAMEROUN, si on en croit les journaux Le Monde, Le canard enchainé, l’Express, un véritable génocide a été perpétré par la France, peu avant l’indépendance. Bilan : 100 000 morts.

Ce n’est pas tout, bien sûr. Selon certains auteurs, LA COLONISATION DE l’ALGERIE se serait soldée par la “disparition” d’un tiers de sa population de 1830 (David EL KENZ, Le massacre, objet d’histoire, page 267, Gallimard 2005, collection folio histoire). Je n’ai aucune donnée précise sur la véracité de ce chiffre. Mais des chercheurs y travaillent. Si ce que l’on dit est vrai, la Turquie a envisagé ces dernières semaines de se servir de ces données. Elle a quelque peu calmé son ardeur : le territoire qui s’appellera plus tard l’Algérie a été conquis – en partie au moins – par les Turcs. On possède des témoignages sanglants de la manière dont cela s’est réalisé, et sur les actes commis par les Turcs qui ont maintenu sous le joug les zones contrôlées par eux jusqu’en 1830. De même, les conquêtes turques ont été d’une cruauté rare. Il y a apparence, ce jour, que les horreurs commises par la France et par la Turquie se neutralisent mutuellement : LA FRANCE N’A AUCUNE LEçON A DONNER A LA TURQUIE. On revient à la case départ : si les Bretons n’agissent pas par eux mêmes, PERSONNE D’AUTRE N’AGIRA A LEUR PLACE. Et s’il n’agissent pas, CE SERA BIEN FAIT POUR EUX.

Un certain nombre d’ouvrages sur l’Algérie d’avant la conquête de 1830 se trouvent sur la toile, et sont téléchargeables gratuitement. Je recommande, en guise d’introduction, le livre de LAUGIER de TASSY, sur l’Histoire du royaume d’Alger, très honnête, et passionnant.

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LE MONDE 23.06.08
Comment le Cameroun est passé de la colonisation à la dictature
[…] La France choisit le futur président Ahidjo, non sans avoir tout fait pour écraser le principal parti d’indépendance, l’UPC (Union des populations du Cameroun).[…]La répression contre l’UPC est d’une extrême violence : torture, assassinats, exposition des têtes coupées des victimes, bombardements.[…] Epaulées par l’armée française, les forces camerounaises appliquent ses méthodes. Dix années de terreur et des centaines de milliers de morts seront nécessaires pour venir à bout de l’opposition. Aujourd’hui, Paul Biya, héritier du régime Ahidjo, conserve le soutien de la France.[…]

 

 

 

 

 

 

 

 

LE CANARD ENCHAINE 27 avril 2011, page 3
Une guerre française au Cameroun cachée pendant quarante ans Récemment diffusée sur la chaîne Public Sénat, l’enquête “Foccart, l’homme qui dirigeait l’Afrique” éclaire un passé militaire méconnu de la France. Avec l’appui des gouvernements de la IVème République puis de Degaulle et de Foccart, son conseiller Afrique, Paris a mené des guerres secrètes sur ce continent.Exemple, la répression menée au Cameroun, entre 1956 et 1962, dont le bilan dépasse sans doute 100.000 morts. Tandis que s’installait un régime de terreur et de torture.
Telle est aussi la conclusion d’un récent ouvrage, “Kamerun!” (éditions La Découverte), fruit d’une enquête très documentée des journalistes Thomas Delttombe et Marcel Domergue et de l’historien Jacob Tatsitsa.Tout commence avec la création de l’Union des populations du Cameroun (UPC), un parti pacifique qui, en 1948, a l’audace de réclamer l’indépendance. Avant de passer à la lutte armée (attentats, assassinats), huit ans plus tard, en 1956. Le haut-commissaire de cette colonie française se nomme Pierre Mesmmer (futur Premier ministre, de 1972 à 1974). Avec l’accord du gouvernement, il déclenche la répression. “Puisqu’ils n’acceptent pas le jeu démocratique (sic), je les … élimine“. Commentera-t-il, à la télé, des années plus tard. […]
Nombre de coloniaux gouvernent par le racisme et la diabolisation de certains ethnies, par exemple les Bamilékés, vivier de l’UPC, victimes d’effroyables pogroms.Références nazies
A l’approche de l’indépendance promise en 1960 par de Gaulle, la France met en place une administration néocoloniale. On installe ainsi le président Amadou Ahidjo, et l’on dote le pays d’une Constitution sur mesure, assortie d’accords secrets d’assistance militaire. Les conseillers du Président sont nommés par les Français. Au nombre desquels Samuel Kamé, qui avoue son admiration pour les régimes fascistes et cite volontiers Hitler et Goebbels. C’est avec ces alliés que Paris prépare son ultime opération avant de retirer le gros de ses troupes : la liquidation de l’UPC, qui persiste ) combattre pour une authentique indépendance.
Camps à l’allemande
Depuis la fin 1959, les opérations antiguérilla se sont intensifiées. La torture n’a plus pour seul but de faire parler les chefs maquisards, elle devient systématique à l’égard des opposants. Gégène, baignoire, balançoire, importées d’”Indo” ou d’Algérie, sont pratiquées dans tous les postes de police. Des prisonniers sont jetés vivants dans les chutes d’eau de la rivière Metchié. L’un deux, en tombant entraînera d’ailleurs dans la mort un gendarme français.
Des camps de concentrations sont édifiés. Ancien haut-commissaire (il sera plus tard ambassadeur, puis maire de Cannes), Maurice Delaunay évoque, dans ses Mémoires, celui de Bangou : “J’avais été prisonnier en Allemagne, je savais comment ça se passait ! J’avais fait un camp avec des barbelés, des miradors“.
Il abrite 700 à 800 détenus, gardés par des gendarmes français et camerounais.
L’année 1960 est terrible. “Je décide d’entreprendre une véritable reconquête”, écrit le Premier ministre, Michel Debré. Une note secrète (mars 1960) de l’état-major, dirigé par le général Max Briand, recommande d’”annihiler les groupes terroristes…et leurs sympathisants”, ce qui autorise les massacres de masse. Briand a rapporté cette riche idée : exposer les têtes coupées des rebelles sur la place publique. L’ouest du pays est bombardé. Des centaines de milliers de personnes sont déplacées dans “des villages de regroupement“.
En octobre, le SDECE (future DGSE) repère le chef de l’UPC, Felix Moumié, à Genève et le fait assassiner (empoisonnement) par son agent William Bechtel…

LE MONDE 04.10.11
La guerre coloniale du Cameroun a bien eu lieu

 A moins d’un improbable coup de théâtre, Paul Biya, 78 ans, président du Cameroun depuis 1982, sera “réélu” pour un nouveau septennat le 9 octobre prochain. Malgré les fraudes électorales, les journalistes emprisonnés, les opposants menacés et une corruption omniprésente, il aura droit aux félicitations de Paris, comme cela a toujours été le cas depuis trente ans. Paul Biya est arrivé au pouvoir sans jamais avoir été élu, ni s’être jamais présenté à la moindre élection. Il a simplement été désigné par son prédécesseur Ahmadou Ahidjo, qui gouverna lui aussi son pays d’une main de fer. A l’origine de ce demi-siècle de dictature, on trouve une guerre. Une terrible guerre coloniale menée par l’armée française, une guerre cachée et encore taboue aujourd’hui, qu’il nous appartient à nous, Camerounais comme Français, de regarder en face.[…] La Ve République du général de Gaulle a poursuivi la même politique de répression après l’”indépendance” confiée au candidat choisi par Paris, le président Ahmadou Ahidjo. En accentuant encore la guerre à l’ouest du pays à l’aide de bombardements intensifs, qui mirent à feu et à sang toute la région “bamiléké”. Combien de morts ce terrible conflit a-t-il provoquées ? De 61 000 à 76 000, comme l’estimait l’ambassade du Royaume-Uni en 1964 ? 120 000, comme le rapportait deux ans plus tôt André Blanchet, alors journaliste au Monde ? Davantage, comme l’affirment certains commentateurs ? Dénoncée depuis des décennies et aujourd’hui largement documentée, cette guerre reste un tabou français. On retrouve cette négation, officiellement exprimée, dans la bouche de François Fillon en mai 2009. Interrogé sur ces “événements” et, notamment, sur l’“assassinat par l’armée française de certains nationalistes camerounais”, le premier ministre osa dire que “tout cela” relevait “de la pure invention”. L’armée française a pourtant, d’après ses propres archives, assassiné Ruben Um Nyobé, secrétaire général et leader charismatique de l’UPC, en septembre 1958. Ses services secrets ont, comme l’ont avoué plusieurs de leurs responsables, fait empoisonner à Genève Félix-Roland Moumié, président de l’UPC, en octobre 1960. L’aviation française a, toujours d’après les archives françaises, tiré à l’ouest du Cameroun des centaines de milliers de cartouches entre décembre 1959 et septembre 1960… Que M. Fillon aille vérifier par lui-mêm

( A suivre )…………..

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BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE.

L’histoire de la colonisation n’a de sens que si on la ramène à ses véritables dimensions : celles de l’humanité, et celle de la planète. La colonisation et l’histoire de la Bretagne ne se comprennent qu’à partir de ces considérations. Il faut y ajouter les histoires des sociétés humaines, des Institutions, du droit en général, du droit international en particulier, des guerres, des traités, bien d’autres disciplines encore.

FERRO Marc, Histoire des colonisations, Le Seuil, Paris 1994. Je cite cet auteur parce que son livre, bien qu’inspiré par la volonté évidente de faire porter TOUT le chapeau de la colonisation aux pays occidentaux, comme si les colonisations africaines, de l’antiquité, des Chinois, des arabes, etc., n’avaient pas précédé celles de l’occident, contient malgré tout une masse de renseignements intéressants, quoique les connaissances de l’auteur soient limitées (oh combien !), aux seules périodes qu’il a investiguées. Ce qui, à défaut d’avoir situé le phénomène dans son contexte de l’histoire mondiale de l’humanité,  conduit à une erreur globale d’interprétation désastreuse. A rapprocher de cet historien (honoraire) breton, qui fait remonter l’origine des nations après le 16 ème siècle – ce qui exclut, lestement, la Bretagne du nombre des nations, puisqu’elle a été engloutie par la France à la fin du 15 ème siècle !!! Le bonhomme n’a rien lu sur les nations de l’Antiquité (Mésopotamie, Egypte, Israël, Grèce, Inde, Chine, etc.). Ce n’est pourtant pas la matière qui manque !

FERRO Marc, Le livre noir du colonialisme, Pluriel, Paris, 2003. Cet ouvrage, bien documenté quant à la période étudiée,  véhicule une idéologie : faire admettre que les pays européens ont inventé le colonialisme, qu’ils n’ont commis que des atrocités, et rien apporté de positif aux pays colonisés. Il est navrant qu’un historien ( un ” hystorien ” ?) se livre à ce genre d’exercice, sans RIEN CONNAÎTRE DE L’ANTIQUITE. Quelques lectures supplémentaires lui auraient fait au moins deviner que le colonialisme, l’esclavage, la domination des plus faibles par les plus forts se confondent avec l’histoire de l’humanité. Le sous-titre : ” 16 ème siècle au 21 ème siècle : de l’extermination à la repentance “. Le premier chapitre : ” La destruction des Indiens de l’aire caraïbe “. Tout le reste est à l’avenant. Rien sur les colonisations asiatiques, arabes, scandinaves ….. Surtout, scotomisation TOTALE des colonisations arabes et turques, qui ont été particulièrement atroces, et qui se sont prolongées (la colonisation turque, surtout), bien au delà du 16 ème siècle. L’ignorance (volontaire ici, très probablement) s’ajoutant à l’idéologie, ont abouti à la culpabilisation extrême de l’Occident, LA OU LE MONDE ENTIER EST CONCERNE, depuis les origines. Il y a des livres qu’on n’aimerait pas avoir écrits, des responsabilités qu’on n’ aimerait pas assumer. Ferro est vilipendé dans les blogs, à juste titre, en raison de sa partialité.

Cette bibliographie est destinée aux historiens bretons ” émérites ” , ou ” honoraires “, qui disposent – enfin – des loisirs de compléter leur formation, étant maintenant à la retraite, et l’idéologie qui les a inspirés souvent (celle des 100 millions de morts), étant plus que moribonde. QU’ON RETIENNE BIEN CECI : le phénomène colonial ne peut être compris, qu’à partir de ses origines, en aucun cas en le faisant commencer au 16 ème siècle.

– Monde antique : Claude MOSSE, Une histoire du monde antique, Larousse, Paris 2008. INDISPENSABLE, particulièrement pour les historiens universitaires, restés prisonniers de leur thèse, et qui ne peuvent même imaginer qu’il existe des Etats très organisés dans la haute antiquité, des nations, bien entendu, ainsi qu’un droit international (coutumier ou rarement écrit), puisqu’il est nécessaire que les groupes humains disposent de règles pour traiter leurs contentieux.

ROUX Georges, La Mésopotamie, Points Histoire, Paris, 1995.

GRANPIERRE Véronique, Histoire de la Mésopotamie.

LA BORDERIE (Arthur LEMOYNE de), …

PLANIOL Marcel,

SOURDEL Dominique, Histoire des Arabes, PUF, Que sias-je, Paris 1985. La colonisation arabo-musulmane précède largement celle de l’Occident. Elle est l’une des plus cruelles de l’humanité. Les Arabes sont parmi ceux qui ont le moins le droit de se plaindre de la colonisation. Ils ont, dès la 7 ème siècle, colonisé tout le pourtour méditerranéen. Leur propre colonisation par les pays occidentaux, aujourd’hui terminée, avait été un juste retour des choses : il avaient envahi, conquis, l’Egypte, la Lybie, l’Afrique du nord, la péninsule ibérique, la vallée du Rhône, causant sur leur passage des destructions et saccages inouïs. Ils ont été repoussés en Afrique, ce qui  était justice. Ce que l’on dénomme ” l’intelligentsia française,” n’est pas au courant de cette histoire : pour ces insuffisants de l’esprit, il ne reste que l’invasion coloniale de l’Afrique par les Européens. Tout le reste est scotomisé, débilement ” gommé “.

Bernard LUGAN, Histoire de l’Afrique, des origines à nos jours, Paris, 2009.

Bernard LUGAN, Afrique, bilan de la décolonisation, Vérités et légendes, Perrin, Paris. Ouvrage capital, notamment en raison du fait que l’auteur ne fait pas partie de la France bien-pensante, celle du prêt-à-penser, des idées convenues et fausses. B. Lugan a fait l’objet de persécutions insensées, qui ont eu raison de ses fonctions universitaires. En quoi son sort rejoint celui de Reynald SECHER.

BALANDIER Georges, Le royaume de Kongo du 16 ème au 18 ème siècle, Pluriel, Paris, 1965.

LAUGIER de TASSY, Histoire du royaume d’Alger, Amsterdam, 1725. Indispensable pour savoir ce qu’est l’Algérois avant les Français.

RIVET Daniel, Le Maghreb à l’épreuve de la colonisation, Pluriel, Paris, 2002.

– Russie impériale : Nicolas V. RITASANOVSKY, Collections Bouquins, Paris 1994.

– République de Venise : Frédéric C. LANE : Venise, une république maritime, Champs Flammarion, Paris, 1985.

DIEHL Charles, La République de Venise, Paris, 1967.

Bartolomé BENNASSAR, Histoire des Espagnols, Collection Bouqins, Paris, 1992.

MELENNEC Louis : quelques articles sur la névrose bretonne et la névrose d’acculturation; plusieurs vidéos et émissions radiophoniques, dont ” La Bretagne assassinée “, sur Lumière 101. Charte pour la Bretagne, publiée par l’Association Bretonne de Culture (page 44), le site de Yann Fouéré actualités, le site du Musée Paul Gauguin, la revue War Raok …… et, dit-on, l’HUMANITE, sans tarder.

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